Amir-Aissa Badaoui, artiste dans l’âme, scientifique dans l’acte !

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Passionné, passionnant, le patron d’UTA EQUIPEMENTS laisse son imagination s’envoler à son gré, et bien lui en prend, tant les réalisations qui en découlent le sauvent de la morosité d’un marché contraint. Amir-Aissa Badaoui ne cesse de chercher des solutions aux nouvelles directions de la réglementation et des marchés, sa « quête l’obligeant à être encore plus créatif. Son nouveau siège administratif et commercial en est un témoignage vibrant.

Entrer dans le nouveau siège d’UTA Equipements après avoir franchi le show-room, s’apparente à un vernissage d’une exposition d’art consacré à la peinture, la sculpture, le mobilier… que des pièces qui attirent l’œil et le retiennent, saisi par l’admiration. On imagine des fortunes consacrées à la création de la collection comme dans les grands groupes de luxe, alors que la beauté du site ne tient qu’à l’instinct du maître de maison. La passion qui l’anime se porte sur des objets chinés à droite à gauche qu’il transforme en objets d’art, confessant en passant l’un de ses secrets ou modes de fonctionnement. En effet, c’est en associant l’image à l’idée qu’il sait comment transformer un objet ancien et délaissé en superbe pièce de galerie. Il en est de même au quotidien pour la gestion de son entreprise, marquée par l’imagination que les contraintes avivent. Si la lutte contre la contrefaçon et la régulation du marché de l’après-vente automobile modifient l’environnement de l’importation, Amir-Aissa Badaoui poursuit sa diversification, continue de travailler d’autres secteurs, vers le poids lourd, le contrôle technique, la soudure, l’industrie, la fabrication… avec comme mot d’ordre la qualité : « J’essaie à chaque fois d’élever le niveau de qualité. Je suis très exigeant pour moi-même, les fournisseurs ou les équipes. Ce n’est pas la voie la plus simple mais c’est la seule qui vaille qu’on se mette au travail tous les jours », nous confie-t-il avant de nous présenter son nouveau site.

Un nouveau site, une autre voie

Au sens propre comme au sens figuré, physique ou numérique, l’expression nouveau site s’applique à tout ce qui concerne l’actualité d’UTA Equipements. Désireux de bénéficier d’une plus grande proximité entre les activités de son entreprise, comme l’administratif, le commercial, le technique ou encore le digital, Amir-Aissa Badaoui a voulu un espace plus spacieux et pratique, qui plus est sur l’autre axe d’entrée dans Alger, comme il nous l’explique : « Je voulais que les clients et les prospects puissent arriver dans la capitale en passant par nos showrooms, plus exactement en voyant nos magasins ou les publicités que j’ai installées sur le trajet. Ainsi, on peut nous rendre visite en venant par les deux principales rocades d’Alger, par les entrées naturelles d’Alger. J’ai pris des panneaux publicitaires pour attirer les clients et les conduire vers nos sites qui sont ouverts car l’une de mes préoccupations c’est la transparence. Je veux que les clients puissent échanger avec les commerciaux et voir ce qu’on propose, échanger avec les techniciens qui expliquent pourquoi tel ou tel outil, équipement, diagnostic lui convient le mieux. Il peut aussi avoir accès à l’administratif et obtenir des précisions sur ses achats, ses commandes. Le service technique est aussi ouvert et on peut tout voir, de l’équipement à la pièce de rechange, des outils de diagnostic ou de carrosserie etc. On met tout en vitrine pour que les clients se rendent vraiment compte de ce qu’ils achètent, d’où le produit vient, comment il a été fabriqué et les fonctions qu’il a. Il peut ainsi facilement mesurer la qualité et la traçabilité ».

Le digital, une seconde nature !

Pour rebondir sur ce qu’on a exposé plus haut, lorsqu’on parle de nouveau site, il faut aussi évoquer le site Internet et les améliorations permanentes qu’il offre aux clients. Car on ne parle pas, là, d’un site qui fait joli mais bien, d’un outil performant de commande offrant plus de 30 000 références intégrées. Afin de faciliter le « parcours client » plusieurs entrées ont été aménagées par type d’outillage et d’équipement, et aussi par métier. On peut s’y retrouver par marque également à la manière des sites de ventes de grande distribution de produits culturels ou d’électroménager. Simple, efficace et terriblement complet, le site vous garantit de belles surprises notamment avec la présentation des marques et des produits, qui fait quoi, comment, où cela, et bien sûr comment s’en servir. Pour ce dernier point, Amir-Aissa Badaoui a sorti une botte secrète en signant un partenariat avec l’influenceuse Sayatora, bien connue des professionnels pour ses compétences techniques. Dans le cadre de « la minute culte », Sayatora présente un outil, un équipement, un scan, et explique ses fonctionnalités, ses plus produits, pourquoi il a été conçu de telle ou telle manière. Elle l’utilise réellement et chaque internaute peut suivre la démonstration pratique. Cette « minute culte » recueille beaucoup de suivis de la part des professionnels qui n’ont plus qu’à suivre en temps réel la présentation du produit. Après, tout aussi facilement, il peut en faire la commande en toute connaissance de cause. Encore un exemple de la transparence prônée par le directeur d’UTA Equipements. A noter que les personnes chargées du digital sont aussi présentes dans le nouveau siège ou comment rapprocher les services pour obtenir de meilleurs résultats et offrir un meilleur service ! En attendant une approche statisticienne dont nous reparlerons une autre fois…

Leader en équipements de centres de contrôle technique

On ne peut pas parler d’UTA Equipements sans parler des centres de contrôle technique ! Là comme ailleurs, le marché ne se définit pas comme débordant d’enthousiasme. Avec Amir-Aissa Badaoui, nous avions commencé par évoquer le ralentissement des approvisionnements en pièces de rechange surtout et d’équipements – un peu plus souples – liés à la nouvelle régulation du marché organisé par l’Etat en vue de protéger le consommateur final. Pour le contrôle technique, la question se révèle plus complexe. En effet, pour Amir-Aissa Badaoui, ce marché souffre de problèmes conjoncturels et structurels. Il nous explique : « Sur le plan conjoncturel, il faut noter deux facteurs, l’un lié à la délivrance par l’Ennacta de beaucoup plus d’agréments, donc d’agences. Pour le client, c’est un véritable avantage parce qu’il a une agence plus près de chez lui, mais pour les centres, cela crée moins de clientèle, mécaniquement, puisque le chiffre est dilué davantage. L’autre facteur réside dans une maintenance moins rigoureuse qu’auparavant, parce que les pièces de rechange ont augmenté du fait de la raréfaction de certains produits sur le marché. Du coup, les automobilistes craignent la facture de remise en état et repoussent de 2 à 3 mois leur passage au contrôle technique par rapport à l’expiration de la date limite. Et plus généralement, les algériens n’ont pas la culture du contrôle technique et cela les rebute. Cependant, le phénomène le plus ennuyeux, paradoxalement, est structurel. En effet, à mon sens, le tarif du contrôle technique n’est pas assez élevé et laisse penser que les actions des centres ne sont pas de qualité, ne sont pas si bien faites que cela. La méfiance des automobilistes face aux centres de contrôle technique est manifeste et ne sera levée que lorsque l’on pratiquera un prix plus élevé, plus en rapport avec l’idée de ce que le client estime être de qualité. Pour illustrer ce propos, il suffit de mettre en parallèle le tarif du mécanicien et celui du contrôleur : c’est le même pour une seule tâche du mécanicien et pour plusieurs tâches chez le contrôleur. C’est donc, pensent les clients, que c’est moins bien chez le contrôleur ! Comme le contrôle technique est une activité étatique, il faudrait qu’elle soit réévaluée, non seulement pour redonner confiance aux algériens et aussi pour générer plus de chiffres d’affaires au professionnel qui pourra, alors, investir dans des équipements de qualité, souhaitables pour un meilleur contrôle et une meilleure performance, donc plus de productivité. En outre, et là je reviens sur une autre question conjoncturelle, cette fois-ci liée à la commercialisation des véhicules. A chaque vente, il faut faire un contrôle technique et il y a moins de ventes actuellement. Donc, l’automobiliste a peur d’y aller.  Nous avons équipé plus de 135 agences de contrôle technique et quelque 8 agences sur 10 à Alger. Nous connaissons bien les problèmes qu’elles rencontrent et nous avons pu regarder ce que faisaient nos voisins étrangers qui pratiquent des tarifs plus élevés avec pour conséquences une meilleure vision de la tâche effectuée et une meilleure appréciation du véhicule à vendre. Parallèlement, en Algérie, par rapport au parc, il nous faudrait encore plus d’agences de contrôle technique, et si l’on considère l’importation des véhicules qui a repris, il faudra en tenir compte pour anticiper le nombre de contrôles et revaloriser le contrôle. Le marché est bien là ! »

De la soudure à la fabrication en passant par le Diag PL

Lorsqu’on évoquait la capacité de diversification d’Amir-Aissa Badaoui, nous n’avons pas encore évoqué la soudure ! Cela a l’air très simple comme cela, mais aller sur l’activité de soudure s’apparente à appréhender un nouveau marché, disons un nouveau secteur, qui complète l’activité carrosserie d’UTA (initié avec Spanesi par exemple) : « C’est une nouvelle famille de produits pour nos clients et il s’avère que l’on compte beaucoup de sociétés qui ont besoin de ce type d’équipements. De ceux qui peuvent également servir de produits d’appel. En outre le soudage intervient dans plusieurs activités industrielles et pas seulement automobiles. Pour l’heure, UTA Equipements attend le feu vert de l’administration pour l’importation des appareils et tente de répondre à la demande en outils de diagnostic poids lourd. En effet, le scan PL s’avère très demandé, d’autant qu’UTA distribue la marque JALTEST, la meilleure dans le domaine selon lui. Il a vendu tout ce qu’il avait reçu et espère en avoir d’autres, tant l’attente est forte de la part des professionnels du poids lourd. Et pendant ce temps, son imagination poursuit sur sa lancée qui le mène à la fabrication. De quels outils, de quels équipements ? Curieusement, Amir-Aissa Badaoui reste de marbre pour ne pas nous dévoiler ce qu’il a l’intention de produire. « Nous avons l’intention de fabriquer quelques produits en Algérie, sans doute en partenariat avec des spécialistes japonais, parce que nous avons conscience du besoin de l’Algérie d’exporter et voulons apporter notre pierre à l’édifice. Mais, comme tout, cela se prépare et nous ne voulons pas annoncer tout de suite ce que nous comptons faire, avant d’avoir les autorisations nécessaires et l’assurance de nos partenaires de nous soutenir. C’est pourquoi, je préfère attendre le début de 2026 pour communiquer sur ce nouveau projet qui va nécessiter de construire un bâtiment, de se procurer des machines, etc. En fait, je crois que c’est en période de crise, de pression sur les marchés qu’on est le plus imaginatif, qu’on trouve plus de choses à faire et la fabrication relève de cet état d’esprit. Reste à la mettre en œuvre. » Scientifiquement, nous vous l’avions dit !

Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.algerie-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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