Restrictions à l’importation, montée en puissance des véhicules chinois, ambitions industrielles de l’Algérie… Pour Saad Aribi, le marché de la pièce de rechange est entré dans une nouvelle phase. L’heure n’est plus à attendre un retour à la normale, mais à adapter son entreprise, diversifier ses activités et préparer les prochaines étapes, jusqu’à envisager la fabrication locale.
Le métier d’importateur-distributeur en Algérie n’est plus celui qu’il était il y a quelques années. Les nouvelles règles encadrant les importations, l’évolution du parc roulant et les ambitions industrielles affichées par les pouvoirs publics obligent les opérateurs à revoir leurs priorités. Pour certains, cette période est synonyme d’incertitudes. Chez Aribi Import, installée à M’Sila et spécialisée dans la pièce de rechange automobile et poids lourd, elle constitue avant tout un nouveau cycle auquel il faut savoir s’adapter.
« Malgré les défis imposés par les nouvelles réglementations, nous avons réussi à nous adapter et nous poursuivons nos activités avec stabilité », résume Saad Aribi.
Une stabilité qui ne repose pas sur l’immobilisme. Bien au contraire. Depuis deux ans, l’entreprise a engagé plusieurs évolutions destinées à accompagner les nouvelles attentes du marché. Son offre de produits s’est élargie, tandis que son développement territorial s’est poursuivi avec l’ouverture d’une nouvelle agence à Alger, complétée par un bureau d’affaires destiné à renforcer sa proximité avec les opérateurs économiques.
Cette dynamique passe également par la transformation numérique. L’entreprise poursuit le développement de ses activités commerciales et s’appuie progressivement sur les outils d’intelligence artificielle afin d’améliorer ses services et de renforcer sa présence sur le marché. Sans détailler les applications utilisées, Saad Aribi considère déjà ces nouvelles technologies comme un levier d’évolution de l’entreprise.
Le parc chinois change déjà les règles du jeu
Pour le dirigeant, l’évolution du marché de la rechange est aujourd’hui largement portée par un phénomène : l’arrivée de nouveaux constructeurs chinois sur le marché algérien.
À mesure que ces véhicules gagnent du terrain, leurs besoins en entretien et en réparation feront inévitablement progresser la demande en pièces de rechange. Une évolution qu’Aribi Import suit avec attention.
« Nous prévoyons une hausse de la demande en pièces destinées aux véhicules chinois dans les prochaines années », explique-t-il.
L’entreprise adapte progressivement son catalogue afin d’accompagner cette mutation du parc roulant et poursuit une veille permanente sur les évolutions du marché. L’objectif est de proposer des références correspondant aux besoins réels des réparateurs et distributeurs locaux, au rythme de l’arrivée de ces nouveaux modèles.
Pour de nombreux opérateurs, cette évolution représente déjà l’un des principaux chantiers des prochaines années. Identifier rapidement les références, sécuriser les approvisionnements et accompagner la montée en puissance des nouvelles marques deviendra un facteur de différenciation sur le marché de la rechange.
Vers une complémentarité entre importation et fabrication
L’autre transformation majeure concerne le développement d’une industrie locale de la pièce de rechange. Là encore, Saad Aribi affiche une vision pragmatique.
Il considère la création de nouveaux sites de production en Algérie comme une évolution positive pour l’économie nationale. Mais cette industrialisation ne signifie pas, selon lui, la disparition du métier d’importateur-distributeur.
« L’importation conservera son rôle essentiel en venant compléter la production locale et en assurant la disponibilité des produits dont le marché a besoin ».
Cette complémentarité apparaît d’autant plus évidente que le parc automobile algérien nécessite des dizaines de milliers de références différentes, difficilement couvertes à court terme par une production exclusivement nationale.
Aribi Import entend d’ailleurs prendre part à cette évolution. L’entreprise prépare un projet de fabrication et d’assemblage de pièces de rechange et espère franchir une nouvelle étape à l’occasion du salon de 2027, où elle prévoit de présenter cette nouvelle orientation.
À travers cette stratégie, Saad Aribi résume finalement l’évolution d’une partie des distributeurs algériens. Continuer à importer lorsque cela reste indispensable, accompagner la montée en puissance de l’industrie nationale lorsque les conditions sont réunies, intégrer progressivement les nouveaux outils numériques et préparer les mutations du parc roulant. Pour lui, l’avenir de la rechange ne se construira pas dans l’opposition entre importation et fabrication, mais dans leur complémentarité. C’est sur cet équilibre que l’entreprise entend bâtir la prochaine étape de son développement.
Abdellah Khalil









