Entre vieillissement du parc automobile, électrification des véhicules, nouvelles exigences environnementales et arrivée de nouveaux concurrents internationaux, le marché du freinage connaît une transformation profonde. Si les fondamentaux demeurent solides, les industriels comme les distributeurs doivent désormais composer avec une équation plus complexe, où innovation technologique, compétitivité et conformité réglementaire deviennent indissociables.
Le freinage fait partie de ces familles de produits qui traversent les cycles économiques avec une remarquable résilience. Indispensables à la sécurité, les plaquettes, disques, étriers ou encore composants hydrauliques restent des opérations d’entretien incontournables, indépendamment des arbitrages budgétaires des automobilistes. Dans un contexte où le parc roulant continue de vieillir – notamment en Europe avec un âge moyen désormais supérieur à douze ans dans plusieurs pays, dont la France – les besoins en maintenance demeurent soutenus et alimentent un marché de la rechange particulièrement dynamique. Pour autant, cette apparente stabilité masque une profonde évolution. Car le freinage n’est plus seulement un marché de renouvellement. Il devient aujourd’hui un concentré des grandes mutations qui traversent l’industrie automobile : électrification des motorisations, montée en puissance des systèmes électroniques, évolution des matériaux de friction, exigences environnementales renforcées et intensification de la concurrence mondiale. « Un marché mature mais en pleine transformation structurelle » synthétise un représentant d’Aisin. « Celui-ci reste dynamique, porté par l’évolution continue du secteur de la mobilité, confirme Jean-Claude Dal Grande, VP Aftermarket EMEA Sales de Brembo. Si les segments traditionnels conservent leur importance, de nouvelles opportunités émergent. » « Si la production de véhicules neufs a connu des fluctuations ces dernières années, sous l’effet des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des tensions géopolitiques, le marché de la rechange des composants de freinage est resté solide. La sécurité demeure une exigence non négociable pour les automobilistes, ce qui fait de l’entretien des freins une priorité sur tous les segments de véhicules, » complète Thomas Gorkow, Global Director Product Management – Mechanical Parts de Hella. Les professionnels de la distribution comme les réparateurs doivent ainsi composer avec une offre de plus en plus large, des technologies qui se diversifient rapidement et des attentes croissantes de leurs clients en matière de qualité, de disponibilité et de prix.
Un marché porté par des fondamentaux solides
Le marché de l’après-vente continue de bénéficier de plusieurs facteurs structurels favorables. Le premier est naturellement l’allongement de la durée de vie des véhicules. Les automobilistes conservent leur voiture plus longtemps qu’auparavant, conséquence directe du coût d’achat des véhicules neufs, des tensions sur le pouvoir d’achat mais aussi d’une fiabilité globale en progression. Cette évolution profite directement aux organes d’usure, dont le freinage constitue l’un des principaux représentants. Les opérations de remplacement de plaquettes interviennent généralement tous les 30 000 à 50 000 kilomètres selon les usages, tandis que les disques nécessitent le plus souvent un renouvellement tous les deux jeux de plaquettes. « Sur les marchés émergents, comme l’Amérique du Sud et l’Afrique, le nombre de véhicules en circulation ne cesse d’augmenter, générant une demande supplémentaire en pièces de freinage de remplacement. Dans le même temps, l’allongement de la durée de vie des véhicules élargit les perspectives pour l’aftermarket » confirme Thomas Gorkow. Ces cycles relativement courts assurent un flux régulier d’activité pour les ateliers. À cela s’ajoute un autre phénomène : le poids croissant des SUV. Plus lourds que les berlines qu’ils remplacent progressivement, ils sollicitent davantage les systèmes de freinage. Cette augmentation des masses, encore accentuée par les batteries des véhicules électriques, entraîne une montée des contraintes thermiques et mécaniques sur les disques comme sur les garnitures de friction. Les équipementiers constatent ainsi une progression de la valeur moyenne des interventions. Les dimensions des disques augmentent, les matériaux évoluent, les traitements anticorrosion se généralisent et les systèmes deviennent plus sophistiqués. Le marché gagne donc davantage en valeur qu’en volume. Cette tendance est renforcée par la complexification des références. Là où quelques dizaines de modèles suffisaient autrefois à couvrir une large part du parc, les catalogues comptent désormais plusieurs milliers de références afin d’accompagner la multiplication des plateformes, des motorisations et des configurations de freinage.
Une électrification qui redistribue les cartes
Longtemps présenté comme une menace pour le marché du freinage, le développement des véhicules hybrides et électriques apparaît finalement beaucoup plus nuancé. Le freinage régénératif réduit effectivement l’usure des plaquettes en utilisant le moteur électrique pour ralentir le véhicule. « Les exigences sont différentes d’un modèle thermique » juge Jean-Claude Dal Grande. Sur certains modèles, les garnitures peuvent ainsi parcourir plus de 100 000 kilomètres avant leur remplacement. Mais cette baisse d’usure s’accompagne d’effets secondaires parfois inattendus. Les disques sont davantage exposés à la corrosion puisqu’ils sont moins sollicités. Les ateliers observent ainsi des remplacements motivés non plus par l’usure des matériaux de friction, mais par la dégradation de l’état de surface des disques. « Le freinage est moins sollicité en usage quotidien, mais doit être parfaitement fiable lorsqu’il est activé », va dans ce sens le représentant d’Aisin. Des développements spécifiques sont donc nécessaires. « Par exemple, des plaquettes de frein adaptées permettent d’optimiser le nettoyage des disques, qui sont moins sollicités en raison du freinage régénératif. Cette approche contribue à maintenir une performance de freinage stable dans le temps malgré une utilisation différente du système. » « Chez Delphi, cette évolution s’est traduite par le développement de gammes dédiées aux véhicules électriques intégrant des revêtements haute technologie, des solutions anticorrosion renforcées, des technologies anti-bruit ainsi que des matériaux de friction écologiques sans cuivre ni métaux lourds, conçus pour limiter les émissions de poussière et répondre aux futures exigences environnementales » explique l’équipementier. Par ailleurs, les véhicules électrifiés affichent souvent une masse supérieure de plusieurs centaines de kilogrammes à celle de leurs équivalents thermiques. Cette surcharge impose des systèmes de freinage plus performants, capables d’encaisser des efforts plus importants lors des freinages d’urgence ou lorsque la batterie est pleinement chargée et limite temporairement la récupération d’énergie. En définitive, l’électrification ne réduit pas le rôle du freinage. Elle en modifie les caractéristiques techniques et contribue à faire monter en gamme les produits proposés sur le marché. Ainsi, l’impact des véhicules électriques ne se traduit pas par une contraction du marché du freinage, mais par une montée en technicité et en valeur des produits proposés.
La bataille de la valeur s’intensifie
Si les perspectives du marché demeurent favorables, l’environnement concurrentiel n’a jamais été aussi dense. Les grands équipementiers historiques restent solidement implantés, mais ils doivent désormais faire face à une double pression : celle des marques à bas coût, de plus en plus nombreuses, et celle de fabricants chinois dont les ambitions dépassent désormais le simple positionnement « premier prix ». Pendant longtemps, le marché du freinage s’est structuré autour d’un nombre limité d’acteurs internationaux, souvent issus de la première monte. Brembo, ZF avec TRW, Bosch, Continental, TMD Friction (Textar, Pagid, Mintex), ATE ou encore Nisshinbo continuent de bénéficier d’une forte légitimité auprès des réparateurs. Leur principal atout réside dans leur proximité avec les constructeurs automobiles. Les technologies développées pour la première monte trouvent ensuite leur place sur le marché de la rechange, avec des exigences identiques en matière de performance, de sécurité et de durabilité. Mais le paysage évolue rapidement. Ces dernières années, les industriels chinois ont considérablement investi dans leurs capacités de production, leurs laboratoires d’essais et leurs certifications internationales. Leur objectif n’est plus seulement d’exporter des produits compétitifs sur le plan tarifaire, mais de s’imposer comme des fournisseurs crédibles capables de répondre aux standards européens. Cette montée en puissance intervient dans un contexte favorable. La Chine est devenue le premier producteur mondial de composants automobiles et bénéficie d’une intégration industrielle exceptionnelle. Matières premières, fonderies, usinage, traitements de surface et logistique sont réunis au sein d’un même écosystème, permettant des économies d’échelle difficilement égalables par les industriels européens. Pour les distributeurs indépendants, cette évolution ouvre de nouvelles opportunités de sourcing, mais elle impose également une vigilance accrue. Le freinage demeure un organe de sécurité. Derrière des produits qui peuvent sembler visuellement identiques se cachent des différences parfois importantes en matière de composition des matériaux, de comportement thermique, de niveau sonore ou encore de résistance à l’usure. Le prix ne constitue donc jamais le seul critère de choix.
Le premium mise sur l’innovation
Face à cette pression tarifaire, les équipementiers historiques ont clairement choisi de défendre leurs positions par la technologie plutôt que par les prix. « Nous ne raisonnons pas en termes de « lutte » contre une région ou un pays particulier, corrige Jean-Claude Dal Grande. Notre priorité est de continuer à créer de la valeur grâce à l’innovation. Les investissements continus dans la recherche et développement, la numérisation, la durabilité et l’excellence industrielle constituent selon nous la meilleure réponse dans un marché en constante évolution. Pour Brembo, l’objectif est de rester à l’avant-garde de la technologie tout en offrant à ses clients des solutions performantes, fiables et durables. » Les investissements en recherche et développement se concentrent sur plusieurs axes. Les formulations des matériaux de friction évoluent afin de réduire le bruit, les vibrations et les émissions de particules tout en conservant un niveau de performance constant. Les traitements anticorrosion gagnent également en efficacité afin de répondre aux spécificités des véhicules électrifiés, dont les disques sont moins fréquemment sollicités. Les industriels travaillent aussi sur la réduction des masses, l’amélioration de la dissipation thermique et l’allongement de la durée de vie des composants. Certains développent déjà des solutions intégrant davantage d’électronique, en prévision de la généralisation progressive des architectures de type « brake-by-wire », où les commandes électriques remplacent progressivement certaines liaisons hydrauliques traditionnelles. Cette montée en gamme répond également aux attentes des ateliers. Les réparateurs recherchent des pièces faciles à monter, parfaitement compatibles avec les systèmes d’aide à la conduite, livrées avec l’ensemble des accessoires nécessaires et bénéficiant d’une documentation technique complète. La qualité du service devient presque aussi importante que celle du produit lui-même.
Une distribution appelée à créer davantage de valeur
Pour les réseaux de distribution, le marché du freinage reste l’une des familles les plus stratégiques. Son taux de rotation demeure élevé, les références sont nombreuses et la disponibilité immédiate constitue un facteur décisif. Cette complexification des gammes pousse les plateformes logistiques à étoffer leurs stocks tout en améliorant leurs outils de pilotage. Les catalogues électroniques se perfectionnent, les bases de données véhicules gagnent en précision et les solutions de commande connectée réduisent les risques d’erreur. Parallèlement, les distributeurs développent des offres à plusieurs niveaux. Une gamme premium répond aux attentes des ateliers recherchant les performances de la première monte, tandis qu’une offre plus économique permet de couvrir les véhicules les plus anciens ou les clients particulièrement sensibles au prix. Cette segmentation est appelée à se renforcer dans les prochaines années, tant les écarts de pouvoir d’achat influencent désormais les décisions d’entretien. Pour autant, la valeur ne se joue plus uniquement sur le produit. « Les ateliers et les distributeurs recherchent de plus en plus des partenaires fiables, capables de proposer non seulement des produits, mais aussi une assistance technique, de la formation et une logistique efficace, abonde Thomas Gorkow. Cela crée des opportunités pour Hella, car nous allions la qualité de nos produits à un service client solide et à une expertise reconnue. » La rapidité de livraison, l’assistance technique, les formations proposées aux réparateurs et la capacité à accompagner les nouvelles technologies deviennent des éléments de différenciation majeurs. Dans un marché où les références se multiplient et où les systèmes se sophistiquent, le conseil redevient un avantage concurrentiel à part entière. L’évolution du parc automobile conforte cette tendance. Les véhicules embarquent davantage d’électronique, les interfaces avec les aides à la conduite se multiplient et les procédures de maintenance deviennent plus exigeantes. Pour les distributeurs comme pour les équipementiers, la proximité avec les ateliers constitue donc un levier de fidélisation au moins aussi important que le niveau de prix.
Des matériaux appelés à évoluer
Dans ce contexte, une question se pose : aussi stratégique soit-il, comment le freinage peut-il écrire son avenir alors que la pression environnementale se fait de plus en plus forte ? Pour devancer les problématiques futures, les équipementiers accélèrent leurs programmes de recherche. L’objectif est complexe : réduire les émissions de particules tout en maintenant les performances indispensables à la sécurité. « Le marché est déjà engagé dans cette direction, mais reste en transition, note-t-on chez Aisin. Des solutions existent, mais leur généralisation demande un équilibre entre performance, coût et applicabilité. » « Le secteur a déjà réalisé des progrès significatifs. Il existe aujourd’hui des solutions permettant de réduire l’impact environnemental. Il reste toutefois un fort potentiel d’innovation, et nous pensons que la performance environnementale deviendra un facteur de différenciation de plus en plus important dans les années à venir », complète le représentant de Brembo. La formulation des plaquettes constitue naturellement l’un des principaux axes d’innovation. Les fabricants travaillent sur de nouveaux mélanges de matériaux capables de limiter l’abrasion, tout en conservant un coefficient de friction stable dans toutes les conditions d’utilisation. Les anciennes formulations contenant certains composants controversés ont progressivement laissé place à des solutions plus respectueuses de l’environnement. Les disques font également l’objet d’importants développements. Les traitements de surface, les revêtements spécifiques et l’utilisation de nouveaux alliages permettent d’améliorer leur résistance à la corrosion et de réduire leur usure. Pour les véhicules électriques, cette problématique est particulièrement stratégique : un disque peu sollicité par le freinage régénératif doit néanmoins rester performant lorsque le conducteur a besoin de toute la capacité de freinage mécanique. Certains constructeurs et équipementiers explorent également des solutions plus radicales, comme les disques en matériaux composites ou les systèmes permettant de récupérer davantage de particules avant leur dispersion dans l’environnement. Ces technologies restent toutefois principalement réservées aux véhicules haut de gamme en raison de leur coût. « L’arrivée d’Euro 7 (voir encadré) va toutefois encore accélérer l’adoption de ces technologies sur l’ensemble du marché », croit fermement le représentant de Delphi.
Vers un marché du freinage plus technique
Quoi qu’il en soit, l’émergence progressive de ces nouvelles exigences confirme une tendance de fond : le freinage devient un domaine de plus en plus technologique. La période où une plaquette pouvait être considérée comme un simple consommable standard appartient progressivement au passé. Pour les professionnels de la rechange automobile, cette évolution représente à la fois une contrainte et une opportunité. Une contrainte, car elle nécessite de maintenir les compétences techniques des équipes, de suivre l’évolution des catalogues et de sélectionner des fournisseurs capables de garantir la conformité des produits. Une opportunité, car la sophistication croissante des pièces renforce la valeur du conseil et limite la banalisation par le seul critère du prix. Les ateliers indépendants auront un rôle essentiel à jouer dans cette transition. À l’horizon des prochaines années, le marché du freinage devrait donc rester l’un des piliers de la rechange automobile. Sa croissance ne reposera probablement pas sur une explosion des volumes, mais davantage sur une augmentation de la valeur technique des produits. Les produits à bas coût continueront d’exister et répondront à certains besoins du marché, mais la pression réglementaire et la complexité croissante des véhicules devraient progressivement valoriser les solutions capables d’apporter davantage de garanties. Dans cet environnement, les acteurs qui réussiront seront ceux capables de conjuguer trois dimensions : une maîtrise industrielle solide, une capacité d’innovation permanente et une proximité réelle avec les professionnels de la réparation. « Je pense que les clients reconnaissent de plus en plus que la valeur d’une offre ne se limite pas à son seul prix d’achat. La fiabilité à long terme, le support technique et la réputation de la marque restent des critères de décision essentiels », résume Thomas Gorkow. Plus qu’une simple famille de pièces d’usure, le freinage est devenu un révélateur des grandes transformations de l’automobile. Sécurité, électrification, environnement et mondialisation se retrouvent aujourd’hui concentrés dans un même composant. Un constat qui explique pourquoi ce marché, loin d’être arrivé à maturité, reste au cœur des enjeux stratégiques de la rechange automobile.
« Un marché mature mais en pleine transformation structurelle »
« La sécurité demeure une exigence non négociable pour les automobilistes, ce qui fait de l’entretien des freins une priorité »
« Sur un véhicule électrique, le freinage est moins sollicité en usage quotidien, mais doit être parfaitement fiable lorsqu’il est activé »
« La performance environnementale deviendra un facteur de différenciation de plus en plus important dans les années à venir »
Euro 7 place le freinage face au défi environnemental
Si pendant longtemps les émissions automobiles ont été associées presque exclusivement aux gaz d’échappement, la progression des motorisations électrifiées et les nouvelles réglementations européennes ont profondément changé la perspective. Désormais, les émissions liées à l’usure des composants deviennent un sujet majeur, et le freinage se retrouve au premier plan. C’est tout l’enjeu de la future norme Euro 7 sur les émissions, dont l’application doit renforcer les exigences environnementales imposées aux véhicules neufs en Europe. Parmi les principales nouveautés figure la prise en compte des particules issues de l’abrasion des plaquettes et des disques de frein. Une évolution importante pour l’ensemble de la filière, car elle concerne un phénomène indépendant du type de motorisation : véhicules thermiques, hybrides et électriques sont tous concernés. « Euro 7 constitue un tournant majeur pour le secteur du freinage », estime un porte-parole du groupe Delphi. Cette évolution réglementaire constitue en effet un véritable changement de paradigme pour les fabricants de composants de freinage. Jusqu’à présent, la priorité était essentiellement donnée à la sécurité, à la puissance de décélération, au confort acoustique et à la durée de vie. Désormais, la capacité à limiter l’empreinte environnementale devient un critère de conception à part entière. « Cette évolution accélérera le développement de plaquettes sans cuivre, de matériaux à faible usure et de solutions limitant les émissions de poussières » ajoute-t-on chez Delphi. Les études menées par les industriels montrent que l’usure des freins représente une part significative des particules non liées à l’échappement. Dans certaines conditions d’utilisation, notamment en circulation urbaine avec des freinages fréquents, ces émissions peuvent devenir un enjeu environnemental comparable à celui généré par d’autres sources d’abrasion routière comme les pneumatiques.
Des zones d’ombre à éclaircir
« Aujourd’hui, l’impact réel d’Euro 7 concerne principalement la première monte (OE), où les exigences sont déjà en phase de déploiement. Pour l’aftermarket, les modalités d’application restent encore en discussion, notamment sur la manière dont ces exigences pourront être transposées et contrôlées », nuance toutefois le représentant d’Aisin. D’autant qu’à cela s’ajoutent plusieurs inconnues. « Comme pour toute évolution réglementaire majeure, il est essentiel que les modalités d’application et les délais soient clairement définis pour l’ensemble de l’industrie », pointe Jean-Claude Dal Grande, VP Aftermarket EMEA Sales de Brembo. « Le principal enjeu concerne la complexité des tests et de la validation, ainsi que les questions liées aux contrôles et à leur mise en œuvre concrète sur le marché de la rechange », estime-t-on côté Aisin. Ainsi, les bancs de test capables de mesurer les émissions de particules liées au freinage restent peu nombreux, tandis que certaines procédures de conformité de la production ne sont pas encore clairement définies. Sans remettre en cause les ambitions environnementales d’Euro 7, les spécialistes du freinage demeurent donc attentifs.
« Euro 7 constitue un tournant majeur pour le secteur du freinage »
Véritable tournant pour l’univers du freinage, la future norme Euro 7 dès 2027 sur le sol européen. ©TRW
Rendez-vous est pris pour Automechanika
Brembo affiche ses ambitions
À l’occasion d’Automechanika Frankfurt, le groupe italien entend réaffirmer son positionnement sur le marché mondial de l’après-vente automobile. Brembo profitera de ce rendez-vous incontournable pour rencontrer clients, distributeurs, partenaires et médias internationaux, tout en dévoilant ses dernières innovations. Son ambition est de démontrer son évolution, d’un fournisseur de composants à un fournisseur de solutions globales pour la mobilité. L’entreprise mettra en avant l’étendue de son offre aftermarket, son engagement en faveur de l’innovation et de la durabilité, ainsi que sa capacité à accompagner les évolutions du marché. Sur le stand A61, hall 3, Brembo exposera une gamme complète de solutions destinées aux voitures particulières, deux-roues, véhicules utilitaires, vélos et véhicules électrifiés, illustrant une approche intégrée où performance, innovation et durabilité vont de pair.
Hella se concentre sur l’innovation
Rendez-vous incontournable pour les acteurs de l’après-vente automobile, Automechanika Frankfurt sera pour Hella l’occasion de dévoiler ses dernières avancées et de renforcer ses échanges avec son réseau international. L’équipementier y présentera notamment son retour sur le marché de la gestion thermique avec l’approche « Back to Cool », sa première offre de pièces de freinage pour véhicules industriels, ainsi que son programme de filtration récemment lancé. Au-delà de la présentation de produits, Hella entend profiter du salon pour consolider ses partenariats, identifier de nouvelles opportunités et partager les évolutions du marché. Installée dans le hall 9, stand A80, aux côtés de Hella Gutmann, l’entreprise mettra en scène son approche « Perfect Match », combinant expertise en première monte, solutions de diagnostic, données techniques, formation et accompagnement des professionnels de l’atelier.
Phinia accompagne les professionnels
Face à un marché automobile en pleine transformation, Phinia profitera d’Automechanika Frankfurt pour mettre en avant son expertise et ses solutions dédiées aux distributeurs et aux ateliers. Réunissant les marques Delphi, Delco Remy et Hartridge, le groupe présentera une offre destinée à aider les professionnels à s’adapter à l’évolution des technologies et à la diversification du parc roulant. Sur le stand D51 du hall 4.0, les visiteurs pourront découvrir des nouveautés produits, des solutions de diagnostic et d’atelier, ainsi que les services d’accompagnement technique proposés par Phinia. Le salon sera également l’occasion de renforcer les échanges avec les partenaires du secteur et de partager sa vision de l’avenir de l’après-vente automobile. En complément, le Delphi Technical Van proposera dans l’Experience Park des démonstrations pratiques pour accompagner les ateliers dans leurs défis quotidiens.
Aisin mise sur la valeur ajoutée
Le freinage ne se résume plus à une succession de composants : c’est le message qu’Aisin souhaite porter à Automechanika Frankfurt 2026 à travers son offre Advics. Le groupe profitera du rendez-vous international de l’aftermarket pour mettre en avant son expertise issue de la première monte et démontrer la valeur d’une approche globale du freinage. Présent dans le hall 4.0, stand B62, Aisin exposera une gamme complète réunissant disques, plaquettes, étriers, systèmes EPB, composants hydrauliques et fluides. Avec une couverture du parc supérieure à 90 % en Europe, l’entreprise entend accompagner ses partenaires vers une logique de solution, plutôt que de simple fourniture de pièces. Cette présence illustrera l’ambition du fabricant : renforcer son positionnement sur le marché en apportant aux distributeurs et ateliers des solutions alliant sécurité, performance et fiabilité.
Les spécialistes du freinage se retrouveront à Francfort, du 8 au 12 septembre 2026, à l’occasion du prochain salon Automechanika. ©Messe Frankfurt Exhibition GmbH_Jens Liebchen









