« On veut tous devenir des industriels »

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Evoqué comme le slogan planant sur les allées du salon, le « On veut tous devenir des industriels » décrit par Tayeb Siad – non sans humour – se pourrait bien être le maître mot du salon Equip Auto Algeria 2026. Et aussi la source de bien des interrogations vers un avenir meilleur…

Alors qu’on venait lui demander comment se portait le Groupe Siad, vaisseau amiral de cette manifestation depuis 2006, et que nous réclamions son avis sur cette édition, Tayeb Siad, le directeur général du Groupe Siad rassemble ces questions en un commentaire plus large : « C’est indiscutablement une bonne édition et qui montre à quel point le marché est en train de changer. La tendance du moment et qui semble s’installer se traduit par l’expression « On veut tous devenir des industriels », s’accompagne de la nécessité de créer un écosystème et de renforcer le tissu industriel du pays. » Il poursuit : « Nous sommes ravis de participer à ce challenge, d’être acteur de cet écosystème qui nous interpelle. En plus de notre rôle d’importateur distributeur, nous ressentons le besoin de nous inscrire dans ce challenge industriel. Ce qui implique de convaincre de bons partenaires de venir avec nous, maintenant que nous avons désormais de meilleurs atouts, depuis que l’Algérie a fourni tout ce dont on avait besoin pour convaincre. L’Etat aide, c’est un fait qui ne s’exonère pas d’une démarche commune. Il faut qu’on commence à construire, étage par étage cet édifice de l’industrialisation nationale. A savoir qu’il ne faut pas attendre que la construction automobile atteigne le million d’unités produites pour que les équipementiers européens commencent à se mobiliser et à penser à installer des sites de production en Algérie. Sinon, il n’y aura plus que des usines chinoises. Or, il me semble qu’il serait plus logique et plus facilitateur pour les opérateurs algériens de tisser des partenariats industriels avec des équipementiers européens en face de chez eux, parfois leurs fournisseurs et pour un parc majoritairement européen, plutôt qu’avec des équipementiers asiatiques. C’est du moins ce que nous pensons dans le groupe mais qui face à manque pourrait nous inciter à aller voir du côté des chinois ».

« On ne rattrape pas un retard, on se met à niveau »

Poursuivant une rhétorique implacable, Tayeb Siad, rappelle que maintenant que la démarche a été entreprise par l’Etat, il devient urgent pour les Européens d’adhérer au process : « L’Etat a mis en place le mécanisme et, désormais, il faut le tester, et bien sûr l’améliorer. C’est en cours, il prend le chemin de l’amélioration et attend que l’on s’en saisisse. En 2022, la décision a été prise, en 2023, une première mise en place a vu le jour, en 2024, des organismes se sont constitués et une organisation a vu le jour en 2025. Aujourd’hui, cela fonctionne. En clair, les mécanismes existent, il convient de participer d’autant que les professionnels algériens sont prêts à investir et à s’investir dans ce processus. Il me semble que les Européens perdent du temps et ne considèrent que le retard de l’Algérie. Certes, nous avons pris du retard dans l’industrie et nous ne le rattraperons pas, en revanche, nous sommes prêts à être remis à niveau par des partenaires européens. Il est temps de de mettre à niveau pour aller dans le sens d’une dynamique plus juste et plus constructive. Je milite pour qu’on passe à l’étape d’après et qu’on ne resasse pas sur nos retards. Je me permets une comparaison assez simpliste mais parlante, je crois : il est inutile qu’on nous apprenne comment fonctionne une carte de crédit, ou comment on la conçoit. Ce qui est nécessaire, c’est qu’on nous confie la carte et qu’on nous dise comment nous en servir et nous nous comprendrons et nous pourrons travailler ensemble. Il faut qu’on se donne des moyens cohérents et légaux. Notre rôle aujourd’hui, c’est d’être un bon opérateur, qui doit apporter de la valeur ajoutée à la distribution et à la fabrication, donc à s’entourer de bons partenaires, les plus près possibles de chez nous, puis de penser dès le départ au marché africain qui se présente comme le plus gros marché à venir ». CQFD.

Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.algerie-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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