Guy-Olivier Ducamp, directeur général de la marque Motrio, invité spécial sur Equip Auto Alger

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Désireux de découvrir la dynamique actuelle de Motrio Algérie, Guy-Olivier Ducamp, Directeur général de la marque au niveau mondial, a tenu à assister au dispositif salon mis en place par le patron de l’Aftermarket en Algérie, Idris Saci, en présence du directeur général de Renault Algérie, Hichem Nacer Bey. Guy-Olivier Ducamp s’est ensuite livré au jeu des questions réponses des journalistes, sans fard et avec bonhommie. Algérie Rechange était à l’écoute !

Il s’avère assez rare de voir le « big boss » d’une marque de constructeur se présenter sans tambours ni trompettes sur un salon et accepter de répondre aux questions des journalistes, aux confidences des équipes et aux suggestions des partenaires. Il faut s’en féliciter, tous ayant besoin de voir plus loin dans cette période particulièrement troublée par les mutations en cascade de l’automobile, et l’adoption de réglementations dans tous les pays y compris l’Algérie, ce pays n’étant pas le dernier en ce domaine. « Guy-Olivier Ducamp a tenu à venir découvrir la dynamique actuelle de Motrio, soutenir notre activité, et voir les mécanismes du commerce et de l’après-vente dans notre pays » a déclaré Idris Saci, Directeur de l’Après-Vente chez Renault Algérie, avant de reprendre : « Le directeur de la marque Motrio a, au préalable, rendu visite à nos équipes, visité l’un de nos centres Motrio et rencontré nombre de partenaires, fournisseurs algériens de Motrio dont nous commercialisons déjà les produits et quelques autres … » sans dévoiler les secrets des négociations ayant pu s’engager, bien que l’on puisse se douter de quelques avancées à l’aune des commentaires de Guy-Olivier Ducamp. Mais revenons au début… et à la présentation par son directeur du renouveau de la marque : « Le Groupe a dédié, il y a quatre ans, une entité spécifique dont le développement s’appuie sur quatre piliers, la fabrication des pièces, l’affirmation du réseau Motrio comme fer de lance de l’activité, la digitalisation et le parcours client facilité et professionnalisé par les data. Nous observons que certains pays avancent très vite et que les évolutions tiennent compte de nombreux aléas. Depuis 4 ans, nous recensons les pays et nous relevons les contraintes de chacun d’entre eux afin de déterminer quelles solutions adopter. » Bien sûr, les journalistes ont voulu sonder Guy-Olivier Ducamp sur l’Algérie …

« Je voulais venir »

Non sans humour, le directeur de la marque annonce « qu’il a voulu venir l’an dernier mais qu’il n’a pas pu faute de visa obtenu à temps » … Il voulait venir parce qu’il avait des messages importants sur Motrio à faire passer. On se souvient que, l’an dernier, Motrio faisait le buzz en annonçant une réorganisation majeure de l’activité et une renaissance d’un réseau en pleine ébullition, boosté également par l’intégration de produits fabriqués en Algérie, dans l’offre Motrio. Une première qui a marqué les esprits et continue de les interpeller …dans le bon sens.

Reprenant anaphoriquement, le « Je voulais être là », Guy-Olivier Ducamp en a décliné les items : « Je voulais être là car, en nombre de magasins, Motrio affiche ici une croissance à deux chiffres et devient le 4 e pays sur les 21 pays que compte le Groupe en termes de centres Motrio ! Cela est d’autant plus admirable qu’on ne peut pas faire Motrio Algérie comme Motrio France parce qu’il y a, par exemple, des réglementations différentes comme Algex et des habitudes comportementales clients différentes. Certes, les équipes « Groupe » travaillent pour tout le monde, mais on ne déroule pas un concept dans un pays sans tenir compte des spécificités pays. C’est pourquoi la proposition d’Idris Saci de constituer une offre différente en termes de produits – avec zéro compromis sur la qualité – avait de quoi séduire et posait la question : « Comment peut-on faire la même chose en Algérie qu’en France, où le sourcing envisagé de manière globale est bien plus aisé ? Il s’agit tout simplement d’une autre démarche s’appuyant sur le choix de partenaires locaux, fabriquant localement, selon des critères de qualité bien définis. Pour nous, au niveau du Groupe, cela nous a perturbés, car nous n’étions pas habitués à travailler ainsi. Mais nous nous sommes adaptés grâce aux équipes locales comme nous nous adaptons aux conditions réglementaires d’approvisionnement des pièces. Nos efforts ont été récompensés car nos partenaires algériens nous ont remerciés, parce que nous avons tenu compte des spécificités de l’Algérie, « vous avez compris notre cahier des charges » nous ont-ils confié. En ce qui concerne les pays délivrant les pièces Motrio, nous en comptons aujourd’hui 43 » !

« Je voulais être là » II

Réitérant son leitmotiv, Guy-Olivier Ducamp a tenu à mettre en avant les équipes : « Je voulais être là pour remercier les équipes qui ont été primées à deux reprises cette année. Nous sommes conscients qu’il nous faut trouver des solutions proches des pays, qu’on comprenne comment on fonctionne ici pour s’appuyer davantage encore sur les équipes locales. La preuve, s’il en était besoin, est illustrée par des magasins ici qui n’ont rien à envier à ceux qu’on voit en France, et qui sont tout aussi respectueux des cahiers des charges. Nous nous dirigeons en Algérie vers un réseau d’une très grande qualité avec l’aide de l’Académie Renault et avec la qualité des candidats que l’on a reçus. »

Parallèlement, le directeur de la marque a rappelé l’accompagnement que le Groupe pouvait effectuer auprès des membres du réseau, en distinguant Renault et Motrio. En effet, Si Renault dispose de ses propres acquis, ce n’est pas la même chose pour Motrio. « D’où le challenge qui nous est posé et que nous relevons de former et d’informer nos partenaires des centres Motrio en leur apportant, en plus, des outils adaptés à leur fonctionnement, a-t-il précisé avant de poursuivre : « Le réseau Motrio est très demandeur des outils de diagnostic multimarques et des formations que l’on propose. Il n’y a aucune organisation en Afrique qui peut se prévaloir d’un tel accompagnement. Avec l’Académie Renault, nous avons pu, ainsi, bénéficier de trois formations techniques distinctes en arabe. La formation doit être effectuée dans la langue la plus parlée du pays ».

Une offre pièces en forte ascension

« Il y a quelques années, Motrio comptait entre 5 et 6 000 références, aujourd’hui, nous en recensons plus de 20 000 avec l’objectif de pouvoir couvrir 80 % du parc circulant du pays grâce à l’ajout de la deuxième et troisième monte. L’offre Motrio est une offre OEM (Original Equipment manufacturer) et se construit également sur l’approvisionnement de pièces de qualité d’origine certifiées conformes à l’origine. Le process qualité est contrôlé pour que les centres soient en totale confiance quant aux pièces commercialisées pour la marque Motrio. L’appartenance à Renault ne laisse aucune place aux produits de mauvaise qualité, c’est de notre responsabilité. D’ailleurs, nos pièces sont garanties et comme tout est normé, normalisé, cela concourt à respecter l’image du constructeur qui doit être sans taches. Nous sommes à 80 % des composantes du produit initial, pas à 100 % mais pas à 70 % non plus, cela nous permet de pouvoir proposer des tarifs plus attractifs ».

Guy-Olivier Ducamp en a profité pour revenir sur la fabrication locale dans le détail en commençant par un constat : « J’ai découvert que le tissu industriel s’est bien développé en Algérie » et il nous montre, pour illustrer ses propos, des pièces plastique de FTB, qu’il a prélevées sur le stand de cet importateur de pièces désormais équipementier : « Cette pièce donne toutes les apparences de la qualité et elle est fabriquée localement, il nous faudra cependant la ramener pour effectuer les contrôles obligatoires répondant aux exigences du constructeur, mais rien ne semble empêcher que ces pièces entrent chez nous. Par ailleurs, il faut reconnaître que nous ne sommes pas habitués – ni habilités – à effectuer des commandes de pièces, ce sont les équipes adéquates au siège qui s’en occupent sur la demande du manager pays ».

« 5 ou six partenaires fournisseurs »

Forts de ces propos, les journalistes présents se sont enquis du nombre potentiel de fournisseurs algériens et de l’étendue possible des offres produits en dehors de l’Algérie. Des questions justifiées qui poussent Guy-Olivier Ducamp à donner encore plus de précisions rappelant que « Nous sommes petits et que nous envisageons d’avoir 5 ou 6 partenaires. Nous aidons et accompagnons les gens avec lesquels nous travaillons, ce qui représente beaucoup de travail et de temps, et ne nous permet pas de référencer des dizaines de fournisseurs. Par ailleurs, Il faut savoir que les marchés émergents dans lesquels nous sommes sont beaucoup plus compliqués que les marchés européens, parce qu’il est plus difficile d’y trouver des fournisseurs locaux. Il n’en demeure pas moins qu’on arrive à nos fins comme avec IRIS par exemple que nous avons été les premiers à homologuer et que nous commercialisons déjà dans le réseau Renault et que nous aurons également chez Motrio. Bien évidemment, si l’usine Renault repart, cela nous offrira d’autres opportunités. Motrio, est dédiée à l’après-vente, mais nous avons des partenaires communs comme Total ou des produits communs, comme le liquide de refroidissement, homologué aussi bien en première monte qu’en après-vente. Nous sommes aussi très satisfaits de notre fournisseur de batteries qui pourrait bien fournir le Groupe en première monte puisque Renault l’a déjà contacté de Turquie… Tous nos fournisseurs de première monte sont d’ailleurs des équipementiers première monte sur certains modèles. Comme les exigences de la première monte ne sont pas les mêmes, cela justifie les écarts de prix qui profitent à la gamme Motrio. Pour autant, la performance pour un véhicule de 7 ans est la même. Et c’est globalement ce qui nous permet d’offrir les meilleurs tarifs pour nos prestations. Ici, en Algérie, sur les forfaits vidange, nous arrivons à être moins chers que Naftal ! En liquide de refroidissement ou de lave-glaces, nous avons les meilleurs prix en Afrique.

En allant plus loin…

En allant plus loin, les fournisseurs de Motrio Algérie pourraient -ils être des fournisseurs de Motrio global ? Pour ce faire, il faudrait que les volumes soient au rendez-vous en termes de production aussi bien qu’en termes logistiques. Une étape qu’il sera assez difficile à franchir « mais les industriels algériens sont en bonne voie. Si en Amérique Latine, on arrive au niveau de volume nécessaire ou bientôt en Turquie (le tissu industriel y est très développé), en Algérie, les règles locales pourraient nous inciter à aller dans ce sens » commente Guy-Olivier Ducamp, et nous sommes décidés à aider les fournisseurs locaux. »

Hervé Daigueperce

Hervé Daigueperce
Hervé Daiguepercehttps://www.algerie-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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