A l’occasion d’Equip Auto Algeria, Motrio a, une nouvelle fois, montré sa capacité à se déployer en dehors des sentiers battus ou convenus, en proposant de nouveaux produits, et un réseau encore plus performant. Détails avec un observateur enthousiaste, Guy-Olivier Ducamp, le patron de Motrio monde, himself !
Bien que le marché algérien ne soit pas le plus important pour la marque, il semble qu’il soit celui qui décoiffe le plus, en attestent ses spécificités, sa croissance et la venue annuelle du directeur général de la marque, Guy-Olivier Ducamp. Soyons précis, et parlons plutôt de l’évolution de Motrio dans un marché algérien de l’après-vente rendu compliqué par des règles d’importation drastiques des pièces de rechange. Ne boudons pas notre plaisir et laissons les premiers mots de Guy-Olivier Ducamp fuser en tout début d’entretien : « Je trouve que l’Algérie est surprenante, l’adoption se fait si vite ! Nous sommes partis de zéro, il y a trois ans, et nous voyons des points de vente se créer très rapidement, dotés de vraies compétences et une réactivité hors pair. Et nous comptons 153 centres opérationnels dont il n’est pas sûr que les services soient tous homogènes, car il est très compliqué d’obtenir un 100 % de compétences dans la globalité des centres, mais l’offre est vraiment impressionnante ! Quelques exemples méritent d’être cités : nous avons rendu visite à un centre Motrio, ce matin, pour lui parler des opportunités qu’offre la géométrie. L’après-midi, le patron du centre était sur le salon et achetait une machine. C’est ce qui est extraordinaire ici, cette capacité à prendre des décisions immédiatement et à s’y tenir. Dans le même esprit, j’ai appris qu’un centre qui s’était établi dans un local en location et qui a vu le montant de son loyer être démultiplié, avait déménagé illico vers un autre site qui se révèle mieux adapté et plus opérationnel ! Il a préféré investir tout de suite et proposer plus de services à sa clientèle, profitant de ce qui se présentait comme un coup dur ! Cette capacité à prendre des décisions rapides et efficaces, on la retrouve chez la plupart des responsables de centres et cela explique pourquoi le maillage s’est fait aussi vite en Algérie. Nous avons affaire à de belles structures que les gérants n’hésitent pas à transformer, à adapter ou à déménager s’il le faut pour gagner en performance. Le marché des VN reste difficile et le parc évolue très vite, de plus en plus gagné par les marques chinoises, ce qui rend prioritaire la souplesse. Parallèlement, il faut aussi ajouter que les automobilistes gardent leurs voitures très longtemps, ce qui nous oblige à gérer des gammes importantes, mais c’est aussi là que repose notre force. »
Une amplification de gammes « Made in Algeria » étonnante
Sous l’impulsion d’Idris Saci, le directeur de Motrio Algérie et d’après-vente et qualité de Renault Group Algérie, la marque s’est étoffée de plusieurs centaines de références fabriquées localement. Il y a cinq ans, qui aurait pu croire à une telle montée en puissance de l’offre en pièces de rechange dans le pays ! Et pourtant… Comme le rappelle Guy-Olivier Ducamp, non sans admiration : « Nous sommes passés des consommables aux vases d’expansion, aux embrayages, aux disques de frein en deux ans ! Nous avons commencé par les pièces les plus faciles et nous sommes prêts à mettre sous la marque Motrio des embrayages et des disques de frein produits en Algérie, c’est tout à fait extraordinaire. Pourtant, au début, je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’intégrer des pièces localement, car c’était contraire aux économies d’échelle de la marque au niveau mondial et surtout cela nécessitait des investissements pour homologuer de nouveaux produits ; car la qualité quel que soit le marché doit être au rendez-vous et conforme aux exigences qualité du constructeur, de Renault. Pourtant, les sites de production se sont structurés à vive allure, l’offre produits ne cesse de croître et la qualité est au rendez-vous. Voilà pourquoi, nous continuons d’inclure de nouvelles pièces, y compris des produits bien plus complexes que les consommables. J’admire la façon dont l’industrialisation avance. »
« De la même façon, nous allons aussi beaucoup plus loin dans les compétences des centres. C’est ainsi que nous avons introduit les DMS et les outils de diagnostic dont la géométrie avec Texa. Cela a pris du temps, non pas dans l’adhésion des centres mais, administrativement, pour faire venir les outils et commencer les formations. En effet, il n’était pas question pour nous de mettre des outils de diagnostic à disposition des centres sans accompagnement et sans formation. Et d’ailleurs, notre fournisseur, Texa, l’avait dès le départ intégré dans son offre. Pendant le salon, les formateurs de Texa étaient à pied d’œuvre dans les centres et sur le salon lui-même, ce qui renforce la confiance des professionnels. Il faut ajouter que les professionnels « Motrio » portent également la notoriété de Renault et Renault a pour réputation d’être un excellent formateur, « l’école de la profession ». Pour nous c’est un prérequis pour toute nouvelle prestation, être formé avant de pratiquer. »
Les responsables de centres ont bien compris que même si la prestation est commercialisée beaucoup moins chère qu’en Europe et que l’appareil est au même prix partout, le retour sur investissement est très bon ! Pourtant, il n’y a que sur le plan de la main d’œuvre que les coûts sont moins élevés qu’en Europe. Et encore, dès que les mécaniciens sont formés, ils représentent un coût plus important, ce qui est normal. Lorsque j’ai visité les centres avec un conseiller technique, je n’ai pas ressenti de différence avec le fonctionnement d’un atelier européen. Et ce n’est pas tout, les professionnels qui ne se sentent pas prêts à aborder la géométrie, investissent dans les machines d’huile de boîtes. En clair, nous avons affaire à de véritables entrepreneurs qui n’hésitent pas à se professionnaliser, à vendre des prestations complexes et à les garantir en s’appuyant sur une main d’œuvre qualifiée. Outil de diagnostic, huile de boîte, géométrie se sont invités dans les centres en peu de temps et nous poursuivons le déploiement d’offres nouvelles ».
Le « Made in Algeria » à l’épreuve
Sur Equip Auto Algeria, siège du « Made in Algeria », cette année plus que jamais, il n’était question que de l’avancée des fabricants algériens sur le marché de l’après-vente, soit en direct, soit en fournisseur des après-vente constructeur. Et des exigences desdits constructeurs. Guy-Olivier Ducamp nous éclaire sur ce sujet : « Comme je l’évoquais, nous avons pu référencer les produits de plusieurs équipementiers algériens qui sont commercialisés sous la marque Motrio. Il est essentiel de rappeler que ces fabricants doivent respecter les cahiers des charges exigeants du constructeur. S’il n’est pas certifié, tracé, le produit ne peut pas être commercialisé. C’est-à-dire que chaque site de production est audité et doit se conformer à nos normes qui sont des normes internationales, y compris en termes de RSE (c’est indispensable surtout lorsque nous traitons des contrats avec des flottes). C’est pourquoi, nous pouvons garantir les pièces des producteurs algériens comme les autres et les mettre en vente sur le marché national. Nous devons préciser que le nombre de pièces produites localement ne cesse de croître dans notre portfolio ici en Algérie. Bien évidemment, nous sommes obligés d’importer des produits qui ne se fabriquent pas ici pour faire fonctionner les centres et répondre aux attentes des clients. Cependant, nous nous interdisons d’importer des pièces, des consommables qui sont fabriqués en Algérie. Nous n’importons que les produits complémentaires et cela se passe plutôt bien, il n’y a pas de cannibalisation. Rappelons qu’aujourd’hui, au catalogue, nous proposons 13 000 références ! » Guy-Olivier Ducamp nous a quand même confié que d’autres pays avaient également toute son admiration comme l’Italie ou l’Espagne dont les croissances sont « phénoménales ». Mais gardons à l’esprit que l’estime du patron de Motrio se porte sur l’Algérie, une belle reconnaissance du travail des équipes en place dans ce pays !
Hervé Daigueperce






