FABCOM se diversifie et accroît ses capacités de production

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Producteur de batteries national à la croissance soutenue, Fabcom annonçait dans notre dernier numéro une extension très importante de ses équipements de production. Sur Equip Auto Alger, son Président, Aissam Attia lançait Liquatti, sa marque de liquide de refroidissement, révélait que ses batteries étaient référencées par Motrio sur le sol Algérien, et ne niait pas que la diversification pouvait prendre d’autres formes à l’avenir… Parallèlement, avec Ali Samai, le directeur général adjoint de Fabcom, il regrettait la fuite du plomb algérien à l’export, condition sine qua non, pourtant, de la compétitivité des producteurs nationaux.

Sur chaque Equip Auto Algeria, Fabcom crée l’événement en présentant une nouvelle marque, une nouvelle usine, une nouvelle gamme… Cette fois-ci, il nous surprend en allant là où on ne l’attendait pas, en lançant une nouvelle famille de produits, le liquide de refroidissement, pour laquelle, comme à son habitude, il n’a pas fait les choses à moitié.

D’abord, en choisissant la marque, LIQUATTI, comme Liquides et Attia, du nom de son fondateur et P-dg Aissam Attia. La référence au mot liquides voudrait-il dire que nous devons nous attendre à la production d’autres liquides que le liquide de refroidissement ? Rien ne le laisse entendre ni infirme cette hypothèse de travail, Aissam Attia aimant une certaine discrétion dans ses projets. Toujours est-il que le liquide de refroidissement dont nous ne savions rien jusqu’au salon vient s’inviter dans la production du groupe, correspondant à une certaine logique comme nous l’apprenons d’Aissam Attia et d’Ali Samai : « Notre réseau de distributeurs commercialise les huiles, et le liquide de refroidissement en plus des batteries. Cela nous a donné l’idée de cette diversification, d’autant que nous sommes fabricants de bacs en propylène pour les batteries, et le contenant des liquides est le bidon dans une matière similaire. Il suffisait d’ajouter le soufflage. Quant au liquide lui-même, nous avons mis en place des lignes de remplissage pour le liquide de refroidissement, l’AdBlue, la mousse de nettoyage etc. J’évoquais la diversification, en fait il s’agit plus de complémentarité. L’autre point commun réside dans le choix du premium comme pour nos batteries ».

Et la suite, vous la voyez comment ? a-t-on demandé. Bien sûr, nous le saurons au moment du lancement…

Référencés par Motrio, une belle reconnaissance

« En termes de sous-traitance, nous souhaitions être référencés et quand je dis référencés, c’est être référencés pour la qualité et non pour la quantité. Ce partenariat élève le niveau et notre notoriété. Nous visons également la fourniture en batteries de la première monte, une ambition qu’Idris Saci (directeur après-vente de Renault Algérie, ndlr) nous laisse cultiver. Motrio pourrait devenir un tremplin pour livrer Renaut en première monte en Algérie, puisque nous pouvons livrer 100 000 batteries si le constructeur en a besoin et beaucoup plus si nécessaire. La référence première monte nous intéresse particulièrement d’autant que nous avons engagé des investissements importants pour disposer de toutes les normes nécessaires. A ce propos, nous militons pour qu’une norme algérienne soit promulguée pour pouvoir contrôler l’importation des batteries. Il ne s’agit pas d’aller contre l’importation des batteries des groupes Premium que nous connaissons et qui sont connus pour la qualité de leurs produits, mais pour stopper l’entrée de batteries de mauvaise qualité dans notre pays. Des normes de certification existent, il faudrait qu’elles soient validées par les laboratoires algériens, ce qui faciliterait la tâche des douanes qui pourraient se fier à ces normes. Nombre de pays utilisent des laboratoires indépendants pour se prémunir contre l’entrée sur le territoire de produits délictueux, ce pourrait être une piste pour nous » a commenté Aissam Attia avant de revenir sur un autre problème qui a vu le jour récemment, l’export du plomb algérien qui nuit à la productivité des fabricants locaux. Explications.

Le plomb algérien doit rester en Algérie

Après avoir rappelé que Fabcom investissait lourdement pour pouvoir disposer de l’avance technologique nécessaire, afin de prétendre rivaliser avec les concurrents internationaux, Aissam Attia s’est insurgé contre la vente du plomb algérien à l’export : « Nous avons bataillé pour obtenir les 90 % d’intégration locale dans la production de batteries (en espérant faire encore mieux), cela signifie investir dans le recyclage des batteries en équipements, en bâtiments, en savoir-faire et en ressources humaines. Parallèlement, cela implique de pouvoir acheter les matières premières disponibles en Algérie, dont le plomb qui représente le plus gros montant d’une batterie. Or, depuis quelque temps, le tarif du plomb en Algérie s’envole parce qu’il s’exporte bien, tous les pays essayant d’éviter au maximum les effets de la hausse des coûts des matières premières mondiale et en particulier le plomb. La conséquence des ventes à l’export s’énonce cependant ainsi : la productivité et la compétitivité des producteurs de batteries en Algérie sont menacées par l’exportation du plomb et ce que le pays gagne d’un côté en devises immédiates, il le perd à terme en exportation des produits algériens. En clair, si le plomb continue de s’évader de la sorte et les prix augmenter en Algérie – en très peu de temps, il a vu son tarif prendre 30 % de plus), nous ne pourrons plus être compétitifs et contrer l’importation sauvage de batteries asiatiques ou autres. Comme je l’ai déjà dit, nous constituons une solution de qualité en batteries qui lutte contre la mauvaise qualité en garantissant des tarifs attractifs pour notre population. Si les grands acteurs Premium internationaux de la batterie présentent des prix qui témoignent des investissements qu’ils font en R&D, en innovations et en ressources humaines, ce n’est pas le cas de nombre d’acteurs qui fabriquent à bas coûts en ne respectant pas les normes internationales. C’est pourquoi, nous comptons sur les pouvoirs publics pour empêcher la catastrophe qui ne manquera pas d’arriver pour nos entreprises. Rappelons que nous faisons travailler 450 employés et que ce seul enjeu nécessite une intervention de nos instances nationales. » Une bataille que mènent également les autres producteurs car il n’y a pas de règlementation de la collecte des batteries usagées – sauf erreur de notre part – et les collecteurs peuvent vendre à n’importe quelle entreprise. Cette liberté se retourne en fait désormais contre l’intérêt des entreprises algériennes.

Hervé Daigueperce

Hervé Daigueperce
Hervé Daiguepercehttps://www.algerie-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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