Uta Equipements mise sur le particulier

Uta Equipements mise sur le particulier

Directeur général de UTA Equipements, Amir Aissa Badaoui montre un bon sens et un pragmatisme hors du commun, dictés par l’obsession de servir ses clients au mieux. Eclairage.

On pourrait parler de chance mais ce serait très injuste. Si aujourd’hui, UTA Equipements a du stock et réussit à fournir les outils et les équipements dont ses clients ont besoin, c’est parce qu’il connaît bien son pays et qu’il sait anticiper. Ainsi, peu avant les nouvelles réglementations d’automne – qui génèrent toujours du temps d’adaptation pour se mettre aux normes – Amir Aissa Badaoui a préféré investir dans les stocks et a fait venir plus de matériels qu’à l’ordinaire de peur de devoir annoncer à ses clients, ici des ruptures ou là des délais d’attente trop importants. Il a ainsi établi sa liste de réapprovisionnements, sa domiciliation et a pu effectuer son dédouanement dans les règles avant le changement de process. Certes, le scénario qu’offrent les nouvelles réglementions, il faut être honnête, il ne l’avait prévu, mais il n’est pas mécontent d’avoir des produits à mettre dans son show-room au niveau du Parc des Expositions de la Safex. Parce que rappelons-le, les nouvelles lois autorisent trois codes d’activité du registre du commerce ou familles de produits pour l’importation, mais ceux-ci, souvent, n’englobent pas toute l’activité d’un importateur de pièces et d’équipements. Les produits n’entrant pas dans la nomenclature sont placés dans la rubrique « Autre » qui en bloque l’importation. Beaucoup d’efforts sont pratiqués par le ministère et les douanes pour faciliter l’identification des « Autres » mais cela prend du temps : Il serait aussi très difficile de procéder à la signature du certificat de respect avons-nous compris dans nos rencontres avec les différents acteurs de l’importation de pièces et d’équipements automobiles. Pour Amir Aissa Badaoui, son inquiétude porte surtout sur le prochain salon Equip Auto Alger dans lequel il comptait installer un stand de 300 m ² (l’équipement de garage prend de la place !), parce qu’il ne sait pas encore s’il va pouvoir importer et surtout recevoir ses produits d’exposition à temps. Certes, le salon est début mars, mais les formalités sont longues, et il faut parfois prévoir six mois pour arriver au bout du processus. 

La mutation inéluctable du marché 

Espérant qu’il pourra mener à bien son activité, Amir Aissa Badaoui se focalise pour l’instant sur sa capacité à servir ses clients, des clients qui ont changé… « En effet, nous n’avons plus de commandes des concessionnaires, parce que cela fait plus de cinq ans, maintenant, qu’il n’y a plus d’importation de véhicules donc, par ricochets, beaucoup moins de besoins de changer les équipements ou d’adapter de nouveaux modèles. C’étaient nos acheteurs réguliers et il a bien fallu se tourner vers d’autres clients pour poursuivre l’activité. Chez UTA Equipements, nous avons toujours attaché beaucoup d’importance à la clientèle du particulier, qui s’avère plus difficile à travailler, mais dont les paiements sont immédiats, à l’inverse de tous les contrats liés aux appels d’offres. Les paiements soumis à validation prennent beaucoup de temps et comme nous sommes tenus d’immobiliser les fonds pendant 30 jours à la banque pour toute commande, cela complique la gestion de la trésorerie. Le particulier nous aide par l’immédiateté du paiement. Par ailleurs, les appels d’offre sont beaucoup plus négociés et les prix ont atteint des niveaux vraiment bas. Entre une faible marge et une immobilisation financière importante, il s’avère difficile pour un indépendant comme moi de tenir comptablement. » 

Fidèle aux particuliers, Amir Aissa Badaoui sait aussi comment les toucher ! Adepte des réseaux sociaux avec 15 000 abonnés sur Facebook, par exemple, en plus de son site Internet, le patron de UTA Equipements n’hésite pas à manier tous les outils de communication, comme le sponsoring, les spots publicitaires, les réseaux sociaux, et cela sans compter le travail de ses commerciaux qui sillonnent l’Algérie et sa centaine de centres de contrôle technique. « Nous sommes installés sur Alger depuis longtemps et nous avons bonne réputation. Le bouche à oreille est encore le meilleur mode de communication pour nous ! » souligne Amir Aissa Badaoui avant d’ajouter : « Le particulier est très sensible aux recommandations et n’a jamais totalement arrêté de travailler en 2020, contrairement aux grands cahiers de charge qui n’ont rien pu faire l’année dernière. Nous avons bien travaillé, d’ailleurs, en 2020, mais nous payons malgré tout, cette année, le blocage de l’an passé. On répare moins cette année par rapport à l’année dernière. »

Les centres de contrôle techniques risquent la saturation

Entretenant une centaine de centres de contrôle techniques, Amir Aissa Badaoui note que le nombre d’agréments va en décroissance naturelle du fait du non renouvellement du parc en raison de l’interdiction des importations de véhicules neufs par les concessionnaires. Actuellement, on serait proche des 500 centres de contrôle technique opérant sur le territoire national, un nombre suffisant voire déjà trop élevé pour les besoins. « En outre, confirme Amir Aissa Badaoui, l’absence de visibilité n’encourage pas les professionnels à investir, tant au niveau du nombre de véhicules à venir, que des conséquences de la Covid-19. Comme le montage des véhicules a été déserté des investisseurs suite aux problèmes qui se sont déroulés, tout le monde se replie sur l’importation, sans risque, sinon de ruptures momentanées. Aussi, actuellement, tant que les cahiers des charges ne sont pas encore totalement finis, les investisseurs resteront frileux ». 

Une politique fournisseurs fondée sur le respect mutuel

« En ce qui concerne nos fournisseurs, nous faisons en sorte de ne jamais les mettre en concurrence, c’est notre politique qui comprend aussi l’obligation que nous nous sommes faite de ne prendre que des marques premium, que du haut de gamme. C’est ainsi que pour proposer une alternative plus attractive, nous avons pris le parti de choisir parmi nos fournisseurs. Nous distribuons ainsi la marque « Brillant Tools », la seconde marque de KS Tools, beaucoup moins chère mais provenant de notre fournisseur en place, garant de sa qualité. Certes, nos clients préfèrent le KS comme d’autres aiment le Facom parce qu’ils apprécient ces gammes de très haut niveau, mais la clientèle des garagistes, par exemple, va plutôt se reporter sur le « Brillant Tools » et des outillages moins chers, parce que leur niveau de chiffre d’affaires s’avère beaucoup plus faible, que celui que réalisaient les concessionnaires. » La fidélité de UTA Equipements se porte également sur les outils de diagnostic, sur Mahle pour les véhicules légers et sur Jaltest (Cojaly) pour les scanners Poids lourds, remorques, bus etc. Cojaly qui est aussi un fournisseur de pièces de rechange pour poids lourds. En climatisation, Amir Aissa Badaoui a choisi Brain Bee et Mahle et se félicite d’avoir, parallèlement, introduit une nouvelle machine de vidange des boîtes de vitesse automatiques, signée Mahle. En carrosserie, UTA propose M&M et pour le contrôle technique VAMAG qui est aussi le nom de leur autre magasin. Puis, on pourrait citer Seim, Werther ou encore Virax. Ce dernier fournisseur mérite qu’on s’y arrête : « En prenant Virax, spécialisé dans le secteur de la plomberie, le chauffage et le sanitaire, j’ai choisi délibérément de diversifier mon activité vers l’industrie. Lorsque j’ai senti la baisse en automobile, je me suis employé à développer le secteur industriel et agrandi les locaux pour recevoir ces nouveaux outils et équipements. Un secteur qui représente environ 25 % de mon chiffre d’affaires, tout dépend si l’on prend les outils communs aux deux secteurs. En revanche, je ne peux pas importer les cabines de peinture comme j’en avais l’intention parce qu’elles relèvent d’un autre code ». 

Malgré toutes les vicissitudes du métier et de la pandémie, Amir Aissa Badaoui garde le moral : « Je suis toujours optimiste et le serais toujours. J’ai fait mes études ici en Algérie et ai monté mon entreprise en Algérie, parce que je veux depuis toujours faire quelque chose en Algérie. J’ai ainsi fait cinq ans de gestion économique dans la meilleure école de commerce d’Alger, pour être bien préparé à développer des affaires ici. Nous sommes là pour apporter un plus à ce pays, pour pouvoir y vivre bien, pour que tout le monde y vive comme il faut dans un état prospère  ». Dont acte !

Hervé Daigueperce 

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