Laissant l’opérationnel à ses fils le temps de nous recevoir, Said Mansour a observé la dernière édition d’Equip Auto Alger avec acuité et nous a confié ses réflexions, en pointant l’urgence de la situation. Exposant, malgré les contraintes de l’importation actuelles, il s’appuie avec force sur les capacités des uns et des autres à faire preuve de suffisamment d’imagination et d’analyse pour sortir grandis d’une période délicate. Echos.
En échangeant avec Said Mansour, le président d’E.M.S.G. et aussi du Club Economique Algérien, nous avions l’impression de visiter le salon une nouvelle fois avec des yeux nouveaux et plus affûtés. On l’écoute : « Cette édition du salon est très différente des autres, elle présente de très nombreux exposants asiatiques ou turcs et des fabricants alors que les importateurs ne sont pas venus en masse de même que les équipementiers internationaux. Cela nous amène à quelques points de réflexion : « Où va-t-on ? Quel est l’avenir de la pièce d’origine en Algérie ? Il me semble que l’avenir doit conduire les fournisseurs à regarder le marché algérien autrement » et Said Mansour d’appeler à plus de partage : « Il faut que nous soyons partenaires, que nous partagions une vision sur la manière dont nous devons approvisionner le marché algérien, dont l’importance est manifeste. Nous comptons, ne l’oublions pas, plus de 7 millions de véhicules dans le parc circulant dont la moitié a plus de 15 ans. C’est un marché qui, par définition, demande de la maintenance et des réparations, un marché qui est encore majoritairement composé de véhicules européens. »
Quelques ébauches de solutions…
« Nous devons réfléchir avec nos fournisseurs, poursuit-il, où et comment fabriquer des pièces pour le marché de la maintenance en commençant par des productions locales de pièces « faciles » puis aller progressivement vers la première monte. Ce qui suppose qu’on continue d’importer ce que nous ne fabriquons pas, des produits qui ne sont pas disponibles ou de haute technologie, qui ne sont pas à notre portée dans un premier temps. En clair, nous avons besoin d’investisseurs qui disposent de la technologie pour fabriquer ici. C’est absolument nécessaire pour garder le marché et conserver les bonnes relations avec le distributeur qui joue un rôle essentiel dans la distribution et la promotion de la pièce de rechange. Le fabricant ne sait pas distribuer ses pièces, c’est pourquoi il confie cette tâche au distributeur qui ne se contente de cette fonction puisqu’il endosse aussi la garantie ne serait-ce que par la confiance que lui portent ses clients. Le distributeur connaît bien la pièce et assure la pièce et la maintenance. La crédibilité naît de la notoriété de la société et du prix ».
Et d’assener : « Il ne faut pas laisser le maché vide, sinon nous allons nous heurter de plein fouet au retour de la contrefaçon car, si l’automobiliste ne trouve pas les pièces qui lui sont nécessaires chez les opérateurs de qualité, il cherchera ailleurs et tombera sur des pièces de mauvaise qualité ou contrefaites. Il faut absolument réagir ensemble avec nos fournisseurs pour prendre conscience de la nouvelle donne en Algérie et des opportunités de production locales qui s’ouvrent à nous ».
Hervé Daigueperce




