Retromobile 2022 : les constructeurs exposent

Retromobile 2022 : les constructeurs exposent

Le salon Rétromobile est un incontournable pour les acteurs du secteur automobile, notamment pour les constructeurs, et cette 46ème édition ne dérogera pas à la règle. Entre voitures d’exception et célébrations, le rendez-vous international le plus attendu des amateurs d’anciennes promet encore bien des surprises !

Renault, la R5 souffle sa 50ème bougie

Dix ans après la 4L, la marque au Losange continue d’accompagner l’évolution de la société en lançant la R5, une citadine élégante et polyvalente. 

Lorsqu’elle apparaît au début de l’année 1972, la Renault 5 fait entrer l’automobile dans la modernité. Sur fond de musique yé-yé, de la mode des pantalons pattes d’éph et du mobilier en plastique, la citadine de l’ex-Régie éclaire les rues de ses teintes acidulées : jaune, orange, vert pomme, bleu layette. Dix ans après la R4, le constructeur boulonnais, décidément visionnaire, a inventé une nouvelle voiture à vivre. La R5 accompagne les mutations de la société marquée notamment par l’émergence d’une classe moyenne, l’émancipation de la femme, l’apparition des villes nouvelles et l’allongement des trajets en zone urbaine. La nouvelle citadine du Losange est une réponse pertinente aux besoins de mobilité découlant de ces évolutions. Douée de polyvalence, cette berline de 3,50 mètres au style carré, deux portes à hayon, se prête à une multitude d’usages. Les citadines d’aujourd’hui lui doivent beaucoup : la R5 est aussi à l’aise en ville que sur la route. Elle rompt avec les canons de l’époque, s’affirmant comme une bulle de fraîcheur avec ses boucliers en plastique et sa planche de bord recouverte d’un capitonnage en skaï noir. Le toit ouvrant en vinyle noir, les grandes portes sans poignées et les banquettes tendues d’un vinyle orange finissent de dresser le portrait d’une citadine décidément décomplexée. Renault ne le sait pas encore mais ce modèle populaire arrive à point nommé pour affronter les années de crise. 

Citroën, une certaine idée du voyage L

Le stand de l’Aventure Citroën témoigne de la longue tradition de la marque aux chevrons en matière de grandes routières. De la fameuse Rosalie qui célèbre ses 90 ans à la dernière C5 X mixant les influences du break et de la berline, Citroën peut se prévaloir d’une longue tradition de grandes routières. Leurs performances font des envieux. Dès ses débuts, la Rosalie fait parler d’elle. Grâce à l’engagement des huiles Yacco, Citroën multiplie les records sur l’autodrome de Linas-Montlhéry. Equipée d’une carrosserie profilée, la Rosalie II parcourt 100 000 km à la vitesse moyenne de 108 km/h au cours du printemps 1932, glanant soixante records internationaux et trente records mondiaux dans la catégorie 2 à 3 litres. Avec la Traction Avant lancée en 1934, la marque du quai de Javel impose une autre performance. Novatrice à plus d’un titre, cette berline imaginée par André Lefebvre établit de nouvelles références en matière d’expérience de voyage. La Traction Avant connaît son apogée en 1938 avec la 15 à moteur six cylindres. Ce modèle gagne le qualificatif justifié de reine de la route. Au début des années 1970, Citroën renouvelle le genre avec la CX. Sa suspension hydropneumatique contribue à ses excellentes prestations routières. L’avant-gardisme de la marque aux chevrons se manifeste encore sur le stand avec la présence d’une 2 CV Sahara, un modèle à quatre roues motrices et deux moteurs. 

DS, le prestige à la française

Avec les modèles de la marque française de luxe de Stellantis, c’est tout le roman de l’histoire de la Ve République et une certaine idée de l’élégance qui défilent. En tournant les pages de l’album de la Ve République, on découvre que les DS sont les véhicules préférés de la présidence de la République. Mais pas seulement. Dans les années 1960 et 1970, les fameuses DS 21 et 23 Pallas à moteur à injection électronique sont souvent plébiscitées par les chefs d’entreprise. Aujourd’hui encore, DS continue d’occuper les premiers rôles dans les garages de l’Elysée. Le constructeur vient ainsi de livrer une DS7 Crossback blindée et rallongée de 200 mm au niveau des places arrière. De la DS des années 1960 à la dernière DS9, c’est une certaine idée du prestige qui s’exprime. L’élégance le dispute au confort. Sur le stand de l’Aventure DS Automobiles, une DS21 ie et une DS 23 de finition Pallas nous rappellent qu’un soin particulier avait présidé à leur conception. À bord de ces reines de la route, les voyages avaient une saveur particulière. DS, c’est aussi le symbole du grand tourisme français. En 1972, Chapron, le carrossier attitré de Citroën décide de servir de l’outillage des landaulets SM réalisés pour l’Elysée et du cabriolet Mylord pour développer une SM 4 portes. Ce sera le modèle Opéra présenté au salon de Paris. Son prix élevé, le premier choc pétrolier et le rachat de Citroën par Peugeot auront raison de sa carrière. Seulement huit exemplaires seront produits.

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