Fabricant d’amortisseurs aux environs de Tunis, LTM s’impose comme l’un des acteurs majeurs du marché au Maghreb. Son prochain défi : élever à 1 million d’unités sa capacité de production. En attendant, Mourad Chaffai, son directeur commercial, dessine les contours d’un marché porteur et en plein progression.
Mourad Chaffai, directeur commercial de LTM
Quelle est votre vision du marché des amortisseurs au Maghreb ?
Le marché des amortisseurs au Maghreb suit de près, avec quelques années de décalage, celui de l’automobile en général. Au Maghreb, ce marché a vu de profondes mutations ces 10 dernières années, avec l’arrivée en force de marques asiatiques (coréennes et japonaises principalement) venues concurrencer les marques françaises traditionnellement bien implantées dans les pays du Maghreb. Depuis peu, l’arrivée de véhicules chinois vient, de nouveau, bouleverser le paysage automobile maghrébin, mais cela n’a pas encore d’incidence sur le marché des amortisseurs.
La gamme commercialisée dans les pays du Maghreb devient donc de plus en plus variée, mais conserve une part importante d’applications européennes. Quant à la taille de ce marché en termes de volume, elle connaît une croissance continue depuis plusieurs années, liée à l’augmentation du nombre de voitures, à leur âge moyen nettement plus élevé que celui du parc français, et bien évidemment à l’état des infrastructures routières.
Quelles y sont les opérations les plus courantes sur cette pièce en particulier ?
Alors que le remplacement des amortisseurs se faisait par paire il y a encore quelques années, il ne concerne plus que la pièce défectueuse depuis peu. Cela est principalement dû aux nouvelles contraintes imposées par les compagnies d’assurance. La réparation d’un amortisseur défectueux, même si elle persiste dans certaines zones reculées, n’est plus une pratique courante dans les pays du Maghreb.
Le marché nécessite-t-il la vente d’amortisseurs plus résistants, spécifiques au Maghreb, eu égard à l’état général des infrastructures routières ?
L’état des routes, les conditions climatiques et les conditions d’utilisation au Maghreb, la surcharge notamment, nécessitent : de renforcer les amortisseurs (les lois d’amortissement),
d’utiliser des matériaux spécifiques pour résister au climat chaud par rapport à l’Europe, et d’utiliser une huile avec un indice de viscosité élevé, pour assurer le minimum de variation de viscosité à différentes températures. Compte tenu de ces données, LTM a mis en place une gamme spécifique renforcée qu’elle commercialise avec succès dans les pays du Maghreb, et en Afrique de manière plus générale.
L’amortisseur est-il au Maghreb comme en France, un marché du « remplacement par paire » ?
Oui. Malgré la prise en charge par les assureurs du côté défectueux uniquement en cas d’accident, la vente se fait en majorité par paires. Car les contrôles techniques sur les véhicules âgés rejettent les cas des amortisseurs déséquilibrés, à juste titre.
En revanche, tous les accessoires vendus en même temps que l’amortisseur lors de son remplacement, est un phénomène moins vrai au Maghreb qu’en France, pour des raisons principalement budgétaires.
Quels discours les professionnels locaux de la réparation tiennent-ils auprès des automobilistes ?
On note encore un manque de communication des professionnels auprès de leurs clients automobilistes. Et cela pour deux raisons. D’abord par manque de moyens de contrôle (bancs d’essai mobiles), même si ce type d’appareils commence à être installé dans les garages les plus modernes. Ensuite par manque de formation des professionnels.
De quelle manière les professionnels tels que vous militent-ils afin que les contrôles techniques locaux sur l’amortisseur soient plus efficaces ?
Les professionnels de notre secteur ne sont pas organisés en corporations ou en clubs pouvant avoir une influence sur les pouvoirs publics. Chaque entreprise agit d’elle-même, sans concertation avec ses confrères. A notre niveau, nous militons de manière continue auprès des centres de contrôle technique et de l’organisme national qui les régit. Cela se traduit par des visites de sensibilisation régulières.
Propos recueillis par Ambre Delage








