Filiale Automotive de Technocast Group fondé par Mustapha Bouabdellah, Technomotiv s’affirme comme une entreprise réunissant jeunes talents et experts chevronnés pour se faire une place sur le marché algérien des pièces de direction et de suspension. Sur Equip Auto Alger, le groupe faisait sensation.
Deux ans ! la société n’a que deux ans et déploie déjà un beau catalogue de produits tout en affichant des ambitions très importantes pour l’avenir. Le secret ? Une belle alliance entre jeunes diplômés et professionnels reconnus du secteur, à laquelle il faut ajouter une particularité assez rare, à savoir un fondateur dont l’expérience en métallurgie, et gestion de production a présidé à la création du Groupe. Mustapha Bouabdellah a, en effet, effectué toutes ses études en Allemagne où il a acquis, également, une solide expérience. Aujourd’hui, son groupe comprend six filiales et devrait en voir éclore deux ou trois autres en 2026. Né dans le secteur pétrolier, le groupe était plutôt tourné dans le domaine des services à l’industrie plutôt qu’à la production. Un positionnement stratégique qui a pris un tour nouveau suite à la politique étatique de réduire l’importation au profit de la production locale, comme en attestent ces propos de Zinedine Izri, Senior Account Manager de Technocast : « Tecnocast comprend de multiples actionnaires, qui investissent dans les secteurs dont le marché est particulièrement demandeur. Si la volonté des uns et des autres les attirait plus vers le service, les orientations du gouvernement vers la production les a poussés vers la production automobile qui nécessite une industrialisation capitale. En réalité, ces investisseurs ont visé plusieurs secteurs avant de jeter leur dévolu vers l’industrie automobile et il se peut que le groupe se déploie dans d’autres industries en fonction des opportunités qui peuvent se présenter. »
Les complémentarités comme vecteur de croissance
Tandis que l’on apprenait quel type de production Technomobile effectuait, nous nous sommes rendu compte de l’énergie qui émanait de cette entreprise, où tout semble possible du moment qu’on laisse à la porte ses préjugés. Ainsi, Zinedine Izri qui nous répond est un jeune homme malgré les responsabilités dont on l’a pourvu. Voici ce qu’il en dit : « Nous sommes une équipe de jeunes, et je ne suis pas le plus jeune, j’étais déjà diplômé depuis 5 ans lorsque je suis arrivé ici, mais c’est dans l’ADN de la maison de s’entourer de jeunes diplômés, issus de l’université. 80 % des effectifs y sont recrutés. Cependant, la direction mise beaucoup sur l’expérience de nos cadres et de nos partenaires fabricants. Allier l’expérience des professionnels de la production avec des jeunes sortis de l’école et affichant de solides connaissances dans les nouvelles technologies fait de Technomobile une entreprise solide dont les produits sont de qualité reconnue ». Et il ajoute : « Technocast a fait appel à deux consultants techniques qui ont transmis aux équipes leur savoir-faire et comment on procédait également en Reverse Engineering notamment en ce qui concerne les embouts de crémaillère et les biellettes. Maintenant, nous volons de nos propres ailes et les jeunes qui sont aux « manettes » nous offrent leurs compétences en tant qu’ingénieurs en génie mécanique, en construction mécanique, en métallurgie, en génie industriel par planification, etc. Compétences qui s’ajoutent à celles des professionnels plus expérimentés en interne. Et lorsqu’on demande à Zinedine Izri quel peut bien être le positionnement de Technocast en Algérie, c’est tout naturellement qu’il nous répond : « Très clairement, nos concurrents sont les chinois ! Cependant, quoique nous fassions, nous ne pouvons pas être moins chers qu’eux, car ils fabriquent des millions de pièces quand nous en produisons des milliers ! Ce à quoi nous répondons par une qualité nettement meilleure que la leur. Notre objectif sur le marché national est double, et se définit par la prise de parts de marché sur le marché algérien, tout en visant la première monte et en travaillant pour être référencés par les constructeurs automobiles. C’est pourquoi nos standards sont très élevés, se traduisant par un objectif difficile, celui d’obtenir la certification IATF. Nous sommes en train de nous rapprocher de ces normes-là, que je connais bien pour avoir travaillé dessus avant de venir chez Technocast. Autant le management et les process sont à notre portée, autant les critères techniques pour obtenir la certification vont nous prendre un peu plus de temps, car il s’agit d’atteindre la maîtrise totale de la production mais nous poursuivrons nos efforts jusqu’à l’obtention du certificat ! »
Capacité de production en croissance exponentielle
Malgré leur récente création, les équipes de Technomobile ont déjà passé plusieurs étapes. En capacité de production, par exemple, ils ont triplé leur production l’an dernier, alors qu’ils n’ont que deux ans d’existence, et sortent 100 000 pièces par mois, des PSD et des disques de frein. Les biellettes stabilisatrices et les embouts de crémaillères sont fabriqués à 100 % localement. Et les investissements continuent ! Ces six derniers mois, Technomobile a doublé les machines d’usinage et ajouté une ligne d’assemblage automatisé. Amortisseurs, disques de frein et bientôt Silentblock et différentes pièces de l’environnement de l’amortisseur constituent le portfolio. Un développement qui s’accompagne aussi d’efforts importants sur le marketing comme l’atteste la création d’une seconde marque « Motrix ». Ainsi que l’exprime Zinedine Izri « La société mère – une SPA – née en Algérie en 2008, était plus axée sur les services. 80 % du chiffre d’affaires concernaient le secteur pétrolier. Notre ambition consiste à atteindre bientôt les 50/50, entre, d’une part, produits pétroliers plus dédiés vente et services et, d’autre part, les produits de nos fabrications industrielles ».
La distribution en ligne de mire
S’il est un point qui n’est pas encore totalement ficelé, c’est la structure de la distribution : « Il n’est pas facile de trouver des distributeurs ex nihilo ou plus exactement, nous n’avons pas encore trouvé le bon partenaire. De la même façon que nous sommes exigeants avec nos partenaires fournisseurs pour obtenir les meilleures matières premières, nous souhaitions nous entourer de distributeurs qui partagent nos valeurs et nos ambitions. Ils seront trois ou quatre ou alors nous assurerons notre propre distribution dans un premier temps, car nous ne voulons pas démultiplier les distributeurs afin d’obtenir, au final, un partenariat qui ne nous satisfasse pas complètement. C’est beaucoup plus important qu’on ne le soupçonne, car c’est avec les distributeurs que nous apprenons ce qui est demandé par le marché et c’est grâce à cela que nous adaptons notre production. En Algérie, nous n’avons pas vraiment de data utilisables et nous appelons nombre de professionnels pour obtenir des données. Au fur et à mesure des contacts, nous commençons déjà à cerner des tendances, des spécificités, etc. Lorsque nous aurons un réseau constitué, nous aurons une meilleure visibilité et nous serons encore plus performants ! »
Hervé Daigueperce









