Plongée dans l’univers de la batterie depuis les années 60, la famille Boucetta en a vécu toutes les étapes jusqu’à la fabrication. Un nouveau rôle que les managers jouent à la perfection !
Persévérants et boostés semble-t-il à l’énergie renouvelable, les « Boucetta » ne lâchent rien quand ils ont une idée dans la tête. Habitués à commenter leur parcours et leurs projets par un « Les choses qu’on dit, on doit les faire », souvent suivi par un « Nous sommes uniques et l’on croit ce qu’on dit », les managers de Matador s’appuient sur la fidélité de leurs clients et fournisseurs, ce qui apparaît comme le plus important. Et il est vrai que chez Algérie Rechange, qui suit les fabricants algériens, Matador Energy (leur société de distribution) nous avait annoncé qu’il se mettaient à la production. Voilà qui est fait, et qui se montre encourageant, puisqu’à la suite de Remax, on voit apparaître la marque Matador, forte de trois modèles, Dynamic, Silver et Premium. L’enthousiasme est bien, là depuis le début mais il a fallu un déclic comme nous l’explique Mohamed Boucetta, le directeur général de Matador : « Nous vivons dans la batterie depuis toujours et nous nous sommes beaucoup fait connaître sur le marché comme distributeur, puis comme importateur distributeur à partir de 2015. Déjà à cette période, nous nous intéressions à la production de batteries, mais nous hésitions à nous lancer tant la mise de fonds est importante pour démarrer. Ce qui nous a fait passer le cap, ce sont les décisions du gouvernement en faveur de la production nationale et surtout de la protection des producteurs locaux. En effet, en restreignant l’importation des batteries que l’on pouvait se procurer auprès des fabricants algériens, l’Etat a donné un coup de fouet à la production algérienne. Pour nous, c’était l’assurance d’un retour sur investissement qui n’était pas garanti, si l’importation était ouverte à tous. On sait bien comment les chinois arrivent à pénétrer un marché et à faire des tarifs que personne ne peut concurrencer. Or produire des batteries signifie des investissements lourds que nous n’étions pas en mesure de perdre. Grâce à ces mesures, nous avons été rassurés et nous nous sommes mis au travail, en construisant le bâtiment et en commençant la production ».
Extension, croissance et capacité de production
La suite, nous la connaissons (ou presque) grâce au succès de leur première année de production dont les résultats de vente ont dépassé les espérances : « Après une année de production, nous avons dépassé les ventes et nous avons commencé à nous agrandir et à mettre en route d’autres projets et d’autres produits. Nous avons pour ambition de doubler notre capacité de production dès 2025 » commente Mohamed Boucetta avant de poursuivre sur le thème de la production en Algérie : « Nous savons, bien sûr, que nous sommes désormais 13 fabricants de batteries mais nous sommes très peu à disposer d’une capacité de production comme la nôtre. Nous avons atteint les 500 000 batteries produites et nous serons sur un trend de 750 000 batteries prochainement en VL, PL et pour les véhicules asiatiques également. Dès début 2026, nos démarrerons l’exportation ». Sur ce dernier point, le directeur général ne nous donne pas tous les éléments … On l’apprendra bien assez vite. Ce qui est déjà, semble-t-il, un constat, c’est que l’entreprise s’emploie à doubler sa capacité de production cette année, une ambition non négligeable !
Face à la concurrence : l’expérience !
Face à la concurrence asiatique, Matador se montre très confiant, toujours selon Mohamed Boucetta : « Notre positionnement prix se trouve entre les chinois – les moins chers et les premiums importés, forcément plus chers que nous. Comme le gouvernement bloque les importations des batteries importées que l’on peut trouver sur le marché intérieur, nous sommes à l’abri de la concurrence chinoise. Ce qui explique sans doute le démarrage intense de notre activité de vente dès la première année. Par ailleurs, dans la mesure où l’offre en batteries AGM n’est pas pertinente en Algérie, que les importateurs continuent de les importer, cela ne nous gêne pas. Nous ne souhaitons pas nous lancer sur un marché qui reste trop étroit pour que l’on obtienne un retour sur investissement dans un délai raisonnable. Pour les groupes internationaux qui servent les marchés européens, américains, cela a du sens, alors que pour nous, ce n’est pas encore le cas. Aussi, au lieu de nous focaliser sur des batteries spécifiques aux volumes très limitées, nous préférons investir sur les produits que réclame le marché en nous fixant comme objectif de fabriquer tous les produits qui sont demandés, ainsi que les produits de leur environnement. C’est ainsi que nous envisageons à terme de nous lancer dans le recyclage pour gagner en autonomie, d’une part, et d’autre part, pour choisir les qualités de plomb et éviter les fluctuations du cours du plomb qui mettent à mal les prix de revient. »
« Il faut ajouter que notre historique de la batterie, notre réseau de distribution, et notre expérence de la batterie, nous ont fait gagner environ deux ans sur ceux qui ont démarré sans connaissances particulières. Nous affirmons notre savoir-faire et nous engageons auprès de notre clientèle sur la qualité de nos produits. C’est cela qui est important ! »
Hervé Daigueperce




