Fort de nouveaux produits de qualité lancés à l’occasion d’EQUIP AUTO Alger, le groupe algérien producteur d’huiles moteur, d’huiles industrielles et de graisses se réjouissait de rencontrer les professionnels sur un salon de professionnels pour assener cette vérité : on peut fabriquer de la qualité en Algérie, Petroser en est une illustration désormais reconnue ! Tour d’horizon avec Nabil Taibi, directeur du développement et du markéting.
Les allées d’Equip Auto n’en finissaient pas de laisser filtrer des commentaires sur les lubrifiants, alors que le gouvernement en avait limité l’importation pour diverses raisons, dont la protection du consommateur faisait évidemment partie. Une décision que ne conteste pas Nabil Taibi, fervent défenseur de la qualité auprès d’une population algérienne en pleine réflexion, ainsi qu’il nous l’explique : « Les algériens ne se préoccupaient pas vraiment de la qualité des huiles dont le moteur de leurs véhicules avait besoin. Ou plutôt, ils en laissaient le soin aux mécaniciens qui, eux-mêmes, choisissaient souvent ce qui était préconisé par le constructeur. Cela a fait le bonheur des marques référencées mais aussi, il faut le reconnaître, d’acteurs peu scrupuleux. Le lubrifiant est un produit hautement technique et il ne faut pas jouer avec, c’est aussi vrai pour les fabricants algériens dont certains ne se sont pas souciés de cahiers de charges précis ou de normes déterminées. Cependant, avec l’ouverture du marché, beaucoup de marques se sont introduites en Algérie, tandis que le consommateur, confronté au choix, commençait à se renseigner, et à exiger des produits de qualité. Le travail de pédagogie ne fait que commencer et nous continuerons à le professer ».
Responsable et acteur de renommée
« Petroser a su se frayer un chemin dans la profusion des marques disponibles en misant sur la qualité et en ne faisant aucune concession sur les matières premières. L’entreprise commande ses additifs auprès de trois fournisseurs internationaux irréprochables, à savoir Chevron, Lubrezol et Afton. Quant à l’huile vierge, elle provient de la Sonatrach et je suis fier de pouvoir dire qu’elle n’est pas régénérée ! Une information qui ne parle pas d’emblée, peut-être, aux particuliers, mais qui a son importance ainsi qu’on lui explique lors de nos tournées sur les foires grand public. Autant j’apprécie de participer à des salons professionnels comme celui-ci, dont les attentes sont très précises et documentées – des distributeurs de lubrifiants comme des distributeurs de pièces – autant l’utilité de la pédagogie auprès du grand-public est essentielle. Nous sommes, en Algérie, quatre grands fabricants sur lesquels les consommateurs peuvent se reposer en toute sécurité. Ce qui signifie qu’il y a également beaucoup d’opérateurs qui profitent les limitations d’importation pour se mettre à la production, sans maîtriser toutes les finesses de ce métier. Pour illustrer mon propos, je n’hésite pas à mentionner que nous avons recruté, il y a 13 ans, un expert qui avait déjà 40 ans d’expérience acquise chez Sonatrach. C’est lui qui assure également le relais des savoir-faire et s’il n’est pas là aujourd’hui, c’est parce qu’il est en Grande Bretagne pour de nouvelles informations et formations. C’est là que repose notre force, parce que nous possédons la technologie et que nous continuons à approfondir nos compétences avec l’aide de nos partenaires fournisseurs comme à nos débuts avec BP. Par ailleurs, Petroser a mis en place des formations en continu pour favoriser l’impulsion et l’épanouissement de ses employés. Et en plus de se montrer ouverte, empathique et proche de nos collaborateurs, Petroser sait que grâce à des modules de formation adaptés, ils gagneront aussi en expertise et en productivité. »
« Aujourd’hui, bien des acteurs pensent créer des sociétés de blending en profitant de la restriction d’importation des lubrifiants et également du manque de structuration du marché des lubrifiants. L’Algérie commence juste à vouloir structurer cette activité et à contrôler les différents niveaux de la filière. Chez Petroser, nous assurons notre propre blending depuis des années à l’aide d’un blender totalement automatisé et notre expert s’occupe des formulations. Les clients peuvent donc être tranquilles et c’est pourquoi également, nous pouvons aligner aujourd’hui quelque 85 références sur le marché ».
Des nouveautés de poids !
Avant d’aborder les innovations du groupe, Nabil Taibi a tenu à revenir sur l’aspect impératif d’information du consommateur : « Notre idée consiste à orienter le consommateur vers le produit local afin qu’il puisse le tester, le juger. On a besoin qu’il le teste afin qu’il ne reste pas sur sa méfiance vis-à-vis de nos produits, que l’importation de grandes marques internationales à forte notoriété rendait peu attractifs. Nous avons des produits pour les moteurs des véhicules les plus récents, et les constructeurs les plus exigeants et pourtant la réticence résiste… Le consommateur commence à venir vers nous mais nous devons poursuivre nos actions vers les automobilistes algériens d’autant que nous avons les produits qu’il demande comme la 5W30 ou la 10W40 que nous mettons en avant sur le salon. Parallèlement, nous lançons sur Equip Auto, une graisse multiusage. Et en autre nouveauté qui compte beaucoup pour nous, parce qu’elle est aussi significative de notre capacité à diversifier l’activité vers de nouvelles applications, nous lançons l’huile synthétique pour les compresseurs. C’est une première ! On a déjà fait entrer l’huile de base ! » Et quand on lui demande si les contraintes de l’importation ne gênent pas ces commandes de matières premières, Nabil Taibi nous répond : « Nous sommes producteurs et nous avons les équipements pour le blending, donc nous pouvons importer sans problème nos matières premières, d’autant que nous nous approvisionnons auprès des plus grands acteurs du secteur. Et pour aller plus loin, nous pouvons dire qu’il n’y a pas eu de réelle rupture d’approvisionnements dans les huiles, parce que Naftal a pu importer des produits chez des fournisseurs internationaux et organiser leur distribution via des distributeurs et surtout via les stations-service. Et puis, il faut ajouter que nous sommes quelques-uns à fournir le plus gros des produits demandés par le parc automobile en produits de qualité. On fournit le 5 w 30 et le 5 w 40, les mêmes produits qui étaient importés jusque-là. Des produits qui sont protégés désormais et que nous pouvons distribuer sans problème.
C’est en ce sens que nous travaillons beaucoup sur le marketing en utilisant tous les canaux de communication, les réseaux sociaux afin de mettre en avant notre marque. Pendant les foires « grand-public », nous venons avec nos chimistes qui font « leurs devoirs » devant les consommateurs tout en donnant le plus d’informations possibles et en répondant aux questions. Pour les boîtes de vitesse, nous sommes allés jusqu’à offrir des formations pour ceux qui achetaient nos produits. Nous croyons en nos produits et nous savons qu’il y a encore beaucoup de communication à effectuer pour que le client lambda ne se pose plus la question de la qualité en achetant nos produits. Et afin que les professionnels de proximité disposent des bonnes informations ».
Hervé Daigueperce





