Mon Véhicule : L’avenir appartient aux vrais professionnels

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Dès l’entrée du salon, le stand de Mon Véhicule attirait l’œil par son ampleur et sa clarté. Puis par le nombre de visiteurs. Entre deux visites, Nassim et Kamel Hadj-Abderrahmane, les co-gérants de Mon Véhicule, ont accepté d’accueillir Algérie Rechange pour évoquer la situation en Algérie, son marché et ses opportunités. Etat des lieux.

« Pour voir nos clients et ceux qui souhaitent le devenir et gonfler notre liste de partenaires, il nous fallait être là, sur le salon Equip Auto Alger. La foire a vraiment des côtés positifs importants, et il est capital pour les acteurs de la profession d’être présents pour la clientèle, pour rencontrer nos fournisseurs et découvrir de nouvelles offres. Cela va dans les deux sens » commente Nassim Hadj-Abderrahmane avant de préciser ce que la situation actuelle a permis de résoudre ou de faire ressortir : « Nous avons sélectionné et filtré nos fournisseurs face aux exigences d’Algex qui régule, par défaut, notre politique achats. En effet, la durée des réponses aux dossiers d’importations étant incertaine, il nous faut des fournisseurs qui soient vraiment des partenaires et nous soutiennent. C’est ainsi que nous déposons en priorité des dossiers pour des fournisseurs qui nous aident le plus et dont les avantages apparaissent plus importants. Algex a filtré le marché en limitant le nombre de fournisseurs peu intéressants ou plus exactement nous a incités à faire le tri. Ce qui a obligé les professionnels à se montrer plus professionnels encore au regard de la difficulté de la démarche administrative mise en place. Si l’on n’est pas professionnel, il devient très difficile de se positionner comme importateur car on ne sait pas comment élaborer des pro forma avec les fournisseurs en mentionnant les pièces souhaitées avec les bonnes références, les options etc. C’est un vrai casse-tête qui a éloigné du secteur ceux qui importaient n’importe quoi ! Il faut être méticuleux en déposant les factures comprenant toutes les caractéristiques demandées. L’Etat fait appliquer la loi à 100 % et on doit être aux petits soins ! »

Chinois, français et allemands…

Lorsqu’on évoque la concurrence et les contraintes liées aux pays exportateurs, Nassim Hadj-Abderrahmanem se montre très à l’aise : « Nous ne sommes pas vraiment touchés par les problèmes liés à la situation entre l’Algérie et la France parce que nous sommes axés sur les véhicules allemands depuis toujours, et nos fournisseurs sont pour la plupart allemands. Comme les fabricants allemands font tout ou presque et que nous sommes spécialistes de la gamme allemande, nous travaillons en sérénité. Quant au parc circulant encore majoritairement français, il tend à s’inverser doucement et c’est FIAT qui nous intéresse plus particulièrement ! » Peut-on dire alors que la concurrence chinoise inquiète les professionnels notamment suite aux accords donnés aux constructeurs chinois de venir sur le territoire national ? Nassim Hadj-Abderrahmanem se révèle pragmatique : Pour l’heure, c’est FIAT qui fait entrer des véhicules dans le parc algérien, ce sont donc les pièces pour ces véhicules qui attirent toute notre attention. En 2024, il y a eu quelque 90 000 véhicules Fiat commercialisés, si je ne me trompe pas et ce sont eux qui nous intéressent. Lorsqu’on verra les véhicules chinois arriver sur le marché de manière significative, nous mettrons tous nos efforts à nous procurer les pièces pour ces automobiles. En attendant, nous choisissons de répondre aux besoins de marché. On peut considérer que les véhicules importés sont de l’ordre de 200 000 unités par an, ce qui est déjà bien, même si le marché a besoin de 600 000 à 700 000 unités. Il faut savoir que pour l’Algérien, l’automobile n’est pas un luxe, c’est un besoin. Tout est en train de se démultiplier à commencer par les routes.  L’algérien veut sa propre voiture, c’est un bien intime, c’est une relation intime qu’il entretient avec elle et il faudrait qu’on puisse satisfaire cette demande forte et culturelle. »

Vers la fabrication ?

Alors que sur le salon, tout le monde évoquait le nombre de 27 exposants fabricants algériens, chacun se fendait de son avis que la question : aller ou non dans la production ? Aujourd’hui ou dans quelques années ? Alors, forcément on a posé la question à Kamel Hadj-Abderrahmane qui nous répond en demi-teinte : « Comme beaucoup de professionnels, nous avons envisagé de nous lancer dans la production et c’est un sujet de discussions important chez nous. Ce qui nous retient repose sur une impression de manque de visibilité réelle, impression qui compte beaucoup au regard des investissements nécessaires. Nous voyons beaucoup de professionnels changer d’activité et passer de la distribution à la production, d’acteurs qui tentent leur chance dans un contexte qui semble propice, compte tenu de la politique du gouvernement. Pourquoi pas. Cependant, nous attendons encore plus d’engagements de la part de l’Etat pour prendre la décision parce que nous ne souhaitons pas, comme beaucoup l’ont fait, opter pour de la fabrication à petit niveau de manière à déjouer les contraintes de l’importation. Il ne fait pas partie de notre histoire d’amorcer une activité pour un période donnée et abandonner ensuite.

Ce que l’on désire créer, c’est une activité pérenne, destinée à durer des années, à croître, à se développer tout en se diversifiant etc. En fait, ce que l’on attend c’est un signal du gouvernement qui dirait, nous vous accompagnons pendant 20 ans ou 25 ans en prenant des engagements en matière d’importation de manière à protéger les professionnels algériens si précisément qu’ils n’hésitent pas à investir lourdement sur du long terme. Il nous est indispensable de disposer d’un socle législatif nous garantissant une pérennité, c’est-à-dire une protection nous permettant d’envisager dès le départ un écoulement de la production à hauteur de 90 % sur le marché national. En clair, il nous faut une locomotive qui assure 75 % pour l’usine, et 15 % pour l’Aftermarket avant de construire l’usine et de faire les investissements en matériel et en équipements. Si le marché national couvre les frais, on se tournera alors vers l’export et on continuera les investissements pour être plus forts etc. Mais pour cela, nous avons besoin de plus d’informations sur le chemin que va prendre la politique d’Etat sur la régulation de l’importation et la protection des producteurs nationaux. Un système de quotas serait une bonne solution ? En tous les cas, c’est une voie qui nous intéresse au plus haut point. »

Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.algerie-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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