Cinq ans après son départ, le groupe automobile sud-coréen est sur le point de revenir en Algérie. Hyundai compte investir 400 millions de dollars pour bâtir une usine destinée à produire notamment à des véhicules à prix abordable. Les premiers modèles sont attendus pour la fin 2026.
Bonne nouvelle pour l’industrie algérienne. Deux ans après que Fiat (groupe Stellantis) a démarré la production de sa nouvelle usine près d’Oran, un autre géant de l’automobile mondial est sur le point de faire pareil. Le sud-coréen Hyundai a ainsi annoncé sa volonté d’investir au total 400 millions de dollars pour la construction d’un site de production dernier cri. En octobre 2024, le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali, s’était rendu au siège de Hyundai, dans le cadre d’une visite officielle. Lors d’une rencontre avec les responsables du constructeur automobile, le dirigeant politique avait fait état de « préparatifs du groupe pour implanter une usine en Algérie en 2025 ». Dévoilé par le quotidien gouvernemental El Moudjahid, l’information a été confirmée par le géant automobile. La réalisation de ce grand projet a été confiée au groupe omanais Saud Bahwan. L’emplacement n’a pas été précisé mais s’avèrera stratégique pour Hyundai qui compte en faire un point d’ancrage pour se rapprocher de nouveaux marchés et établir un lien solide entre trois continents que sont l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Saud Bahwan a affirmé que plusieurs milliers d’emplois directs et indirects seraient créés. Si les travaux se déroulent dans les prochains mois sans accroc, Hyundai espère voir ses premiers véhicules « made in Algéria » sortir de chaîne fin 2026.
De l’électrique, des SUV, des citadines…
Comme l’écrit El Moudjahid, cette usine visera à « répondre à une demande croissante de véhicules à prix abordable et marque un tournant stratégique pour le constructeur sud-coréen, qui ambitionne de renforcer sa présence sur le marché africain ». Après avoir largement remanié son catalogue depuis trois ans, le groupe entend non pas changer de stratégie mais bien compléter celle-ci. La « premiumisation » et l’électrification de son portefeuille vont ainsi se conjuguer avec un développement fort sur les modèles d’entrée de gamme. Ainsi, toujours selon nos confrères, un accent particulier sera mis sur « l’accessibilité financière des produits » pour conquérir au plus vite des parts de marchés significatives localement et dans toute la région. Hyundai International a choisi l’Algérie pour implanter son usine en raison de « plusieurs critères stratégiques ». Interrogés par le quotidien gouvernemental, des porte-paroles du constructeur évoquent la stabilité du marché, les réformes économiques entreprises et les incitations à l’investissement, la proximité avec les marchés africain et européen, et le souci de « contourner les difficultés liées aux importations ». L’investissement consenti en Algérie symbolisera précisément cette évolution stratégique puisque le futur site de production sera amené à fabriquer plusieurs modèles très différents : des véhicules électriques ainsi qu’un SUV low-cost et un utilitaire dès l’ouverture fin 2026 ; une berline low-cost et un autre utilitaire en 2027 ; puis enfin une petite citadine en 2028.
Hyundai et l’Algérie renouent avec leur histoire
Des choix forts, signe de la confiance de Hyundai envers l’Algérie et de la pertinence de la stratégie défendue. Pour les autorités gouvernementales, cette annonce est une très bonne nouvelle. Elle vient confirmer l’ambition d’ouvrir l’économie locale à l’exportation avec l’appui de groupes internationaux. Elle vient aussi renouer le fil d’une histoire interrompue brutalement entre le pays et le groupe sud-coréen. Ce dernier a fait partie pendant quelques années des acteurs incontournable de l’industrie automobile algérienne. Entre 2017 et 2020, Hyundai exploitait un site de production à Tiaret, dans le nord-ouest, d’une capacité de 100 000 unités annuelles. Mais il y a cinq ans, dans le cadre d’une vaste campagne anti-corruption, ce site avait dû fermer ses portes dans la foulée des poursuites judiciaires engagées contre le groupe Tahkout qui défendait ses intérêts dans le pays.





