La protection des garagistes passe par les fournisseurs de rang 1 !

La protection des garagistes passe par les fournisseurs de rang 1 !

Sur Automechanika Dubaï, Alex Mungiuri, le Vice-Président MEA et Turquie de Schaeffler, ne ménageait pas sa peine pour s’entretenir avec de très nombreux professionnels de l’après-vente automobile, en quête de réponses sur l’avenir de la rechange automobile. Fort d’une position enviable sur cette grande région du monde et représentant un des plus grands groupes mondiaux de l’équipement et des systèmes automobiles, Alex Mungiuri a, ainsi, rassuré nombre de ses clients et partenaires. Nous avons tendu l’oreille…

Évoquant la pandémie qui a appelé les professionnels à revoir leur manière de travailler et de communiquer ensemble, Alex Mungiuri a rappelé que dans le Maghreb, les importateurs, distributeurs, revendeurs, et réparateurs avaient investi dans les outils de la digitalisation et qu’il fallait penser déjà à une plus grande utilisation de ceux-ci, même si le patron de Schaeffler privilégie les relations sur le terrain, comme il l’a toujours montré. Néanmoins, commente-t-il « Les jeunes ont pris la main sur le digital dans l’entreprise parce qu’ils sont plus à l’aise que leurs aînés, tout simplement parce qu’ils ont vécu dans cet environnement depuis leur enfance. C’est une très grande opportunité pour les chefs d’entreprise de la distribution indépendante, de la pièce de rechange qu’il ne faut pas laisser passer. Même s’ils poussent fort, les jeunes doivent avoir l’assentiment des aînés pour aller plus loin encore et prendre part plus rapidement dans le monde des affaires en exploitant profondément les outils digitaux ». Alex Mungiuri, parallèlement, nous dévoile que, de leur côté, les équipes de Schaeffler travaillaient déjà sur l’intelligence artificielle ou sur la réalité augmentée. 

En intelligence artificielle, il s’agit, par exemple, « d’utiliser ces méthodes pour faire l’analyse des requêtes par RepExpert et ainsi proposer beaucoup plus rapidement des solutions, presqu’immédiatement, même si le réparateur est à l’autre bout du monde ». Du côté de la réalité augmentée, l’une des options choisies consiste à accompagner le réparateur dans sa réparation : Lorsqu’un mécanicien a un problème de montage, de l’autre côté, un spécialiste de Schaeffler le guide directement en s’immisçant dans la réparation sur son smartphone dans le cadre de la réalité augmentée. « Nous devons apporter de plus en plus de services à valeur ajoutée, précise Alex Mungiuri, parce que l’avenir se dessine maintenant. Certes, le véhicule électrique ne circulera que dans dix ans dans le Maghreb mais il faudra qu’à ce moment-là les mécaniciens dans chaque pays puissent intervenir. Il y aura de moins en moins de pièces mécaniques et de plus en plus de systèmes. Nous devons garantir que nous pourrons donner aux mécaniciens, aux garagistes les moyens de faire les réparations. Nous sommes partenaires de toute la chaîne de valeur du distributeur au garagiste et nous devons les accompagner face à l’évolution technologique. Et nous en avons les moyens parce que nous sommes présents en première monte auprès des constructeurs automobiles. Il en sera de même pour les data ». 

Les data, nerf de la guerre !

« Nous devons être un partenaire technologique pour la rechange et transmettre tout le savoir-faire autour de la pièce à nos partenaires et à leurs clients ; cela concerne aussi les data », commente Alex Mungiuri avant de poursuivre : « Cela passe aussi par les associations comme Tec Alliance ou le Clepa dans lesquelles nous nous investissons afin de ne pas laisser le monopole des data aux seuls constructeurs. Nos actions doivent prendre d’ailleurs une autre ampleur, parce que les data ne doivent pas être la propriété de nous seuls au sein de notre groupe ou la propriété du seul systémier à côté de nous et encore d’un autre un peu plus loin. Au contraire, il nous faut travailler ensemble sur des ouvertures entre les fournisseurs. Ce que nous souhaitons faire avec les data, l’ensemble des fournisseurs le veulent également, tout le monde souhaite travailler avec plus de data et pouvoir aller au-delà de leurs propres contenus, car les équipementiers aujourd’hui n’ont accès qu’à leurs datas et leurs systèmes. Si l’on arrive à ouvrir à tous, ce sera positif pour tout le monde car le futur sera aux mains des flottes, et tout le monde ira vers les « allmakes ». Il faut que échanges de data soient disponibles pour toutes les marques, afin que tout le monde puisse bénéficier d’un service ouvert à tous ». 

Et Alex Mungiuri de revenir sur la période de la Covid-19 : « Pendant la période de la Covid, nous avons effectué beaucoup de formations en digital. C’est bien, mais nous pouvons faire mieux. Ce que nous avons appris avec le digital, c’est que nous pouvons toucher beaucoup plus de monde à la fois dans le cadre de la formation, mais il ne faut pas s’en contenter et considérer que les formations en digital sont un complément précieux, certes, mais un complément. Nous devons poursuivre, d’une part, nos efforts sur les formations comme sur la réalité augmentée, et donner plus de services, tout en ne négligeant pas les formations sur site. Même si celles-ci utilisent des outils de la digitalisation. Nous avons encore beaucoup de voies à suivre pour assurer notre mission d’accompagnement du distributeur et du réparateur ».

Hervé Daigueperce

Réagir

Your email address will not be published.