Fabcom fait le pari de l’électrique

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Le fabricant de batteries, principal fournisseur sur le marché algérien, a entamé la concrétisation d’un grand projet. Même si le commerce de véhicules électriques reste marginal dans le pays, Fabcom a investi 30 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle ligne de production dédiée, à horizon 2026, aux batteries lithium-ion. Avec un premier partenaire déjà signé, la marque de trottinettes Fennec ayant été séduite.

Il y a quelques mois, le groupe Fabcom célébrait ses dix ans d’existence. Un cap important dans l’histoire de l’entreprise. En une décennie, celle-ci s’est installée comme la référence du marché des batteries de démarrage sur le sol algérien avec 1,1 million d’unités écoulées en 2024, le soutien de prestigieux partenaires (Renault pour Motrio, Stellantis, Eurorepar, Fiat Algérie…) et un rayonnement qui s’étend bien au-delà de son territoire domestique (Afrique de l’Ouest, Maghreb, Espagne, Portugal…). Grâce à la qualité reconnue de son expertise et l’étendue de son offre, Fabcom est devenu le principal distributeur au pays des fennecs où il couvre à lui-seul 32 % des besoins locaux en batteries. Mais il était écrit que ce dixième anniversaire appellerait de nouveaux développements. Le fabricant entend ainsi pérenniser sa croissance en misant sur une nouvelle activité. A la fin du printemps, sa direction a finalisé un vaste projet qui doit mener le groupe sur le segment des batteries lithium-ion.

Un investissement pour l’avenir

Si les ventes de véhicules électriques peinent à décoller en Algérie, la faute principalement à une offre soit trop onéreuse, soit de piètre qualité, les perspectives de croissance sont réelles. Bien qu’il n’existe encore actuellement aucune donnée consolidée sur le poids de cette technologie, d’autres tendances permettent de se projeter. Ainsi, selon un sondage réalisé par Naftal en avril 2025, 45 % des automobilistes algériens se déclarent prêts à acquérir un véhicule électrique, et 66 % seraient disposés à l’utiliser à court terme, malgré quelques freins (accès à l’entretien, bornes, coûts…). Fin 2024, Sonelgaz a finalisé l’installation de 1 000 bornes de recharge sur le territoire ce qui a permis, rien qu’à Alger, de générer 10 000 cycles de recharges sur le premier trimestre 2025, reflet d’une croissance rapide. « Dans les cinq prochaines années, je pense que la croissance sera essentiellement portée par les scooters, vélos et trottinettes électriques, en attendant une transformation technologique plus profonde et la diffusion d’une culture de l’énergie propre » indique Khaled Attia, responsable production et OEM. Avec l’aval du gouvernement mais sans soutien financier, le groupe a débuté la construction d’une nouvelle ligne de production dans son usine de la Wilaya d’Oum Elbouaghi (nord-est du pays). Des travaux évalués par Khaled Attia à 30 millions d’euros. Opérationnel d’ici au premier semestre 2026, cet aménagement sera dans un premier temps en capacité de produire annuellement 60 000 packs de batteries – de type cylindrique (principalement pour les motos, scooters et trottinettes) et prismatique (pour les véhicules hybrides et électriques), selon différents ampérages, avec un mot d’ordre : être flexible, pour pouvoir s’adapter aux exigences des clients.

L’ambition d’un futur leader mondial

D’ailleurs, sans attendre la livraison du chantier, Fabcom a réussi à convaincre un premier partenaire de lui faire confiance. Ainsi, la marque de scooters et trottinettes électriques Fennec, détenue par le groupe multi-activités Fennec Holding, a signé un contrat pour pouvoir s’appuyer sur le savoir-faire du fabricant. Ce dernier va plus précisément équiper les scooters électriques de la marque. « Il y a un grand marché à saisir en Algérie, développe le responsable. Au-delà du scooter, il existe également plusieurs projets de vélos électriques avec lesquels nous espérons travailler. Et puis les obligations fixées par l’Etat d’avoir recours à un grand nombre de pièces fabriquées localement nous offrent forcément de belles perspectives. » De quoi permettre au groupe de grandir rapidement sur cette activité. Toutefois, l’investissement consenti ne pourra être amorti qu’avec le seul soutien de Fennec. Ni avec celui d’un marché algérien qui s’ouvre à peine à l’électrique. Dès lors, Fabcom anticipe d’exporter ses produits sur des marchés déjà réceptifs au lithium, comme ceux d’Afrique de l’Ouest ou Centrale. A terme, l’ambition est simple : faire du fabricant une nouvelle référence du genre et dominer le continent africain.

Julien Nicolas

Rédaction
Rédactionhttps://www.algerie-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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