
Le salon international de l’Après-vente et de la pièce et de l’équipement en général a fermé ses portes sur un succès impressionnant et incontestable, honorant ainsi la promesse engagée de faire de son cinquième anniversaire un événement fondateur d’une nouvelle manifestation internationale.
Depuis l’arrivée d’Aurélie Jouve, sa directrice générale et de Philippe Baudin aux manettes d’EQUIP AUTO, sous la houlette de Claude Cham, le salon a tourné la page des années noires que des événements exogènes avaient provoquées. La souplesse et la réactivité dont ont fait preuve les organisateurs pendant les années COVID – avec un soupçon d’audace et de témérité – ont eu raison du mauvais sort et tracé le sillon du retour au flamboyant. Les salons régionaux ont révélé la capacité d’innovation, le salon EQUIP AUTO LYON, la résistance face aux vents contraires, la grand-messe à la Cité de la Musique, l’ambition. Incontestablement, c’est lors de ce dernier événement que le changement de braquet a été opéré : Nous sommes forts, ingénieux, souples, innovants et, face aux tempêtes, encore plus audacieux, lisait-on au creux des interventions. Le message est passé et le 50 e anniversaire est apparu pour les équipementiers, les fabricants, les groupements de distribution, les fédérations et les internationaux comme une aubaine, la perspective d’un retour à l’ADN de la profession : exposer pour mieux convaincre, recevoir pour mieux échanger, présenter pour mieux faire comprendre et découvrir à nouveau ce que les clients veulent sans écrans intermédiaires ou visios compulsives. Les visiteurs l’ont bien compris qui ont approché les 100 000 même s’ils semblaient encore plus nombreux dans les allées. Pari réussi et challenge accru pour 2027 !
Des exposants opérationnels et volontaires
Je crois qu’il y avait 1 400 exposants, cependant ce n’était pas le plus important. Ce qui est apparu comme primordial, c’est l’envie, l’envie de participer, comme celle de montrer une autre image de l’entreprise, du groupe, l’envie de plaire aussi, comme celle d’être là, de se retrouver. Les allées « s’encombraient » des retrouvailles et des sourires de connivence, les éclats de rire et d’enthousiasme surgissant des stands montraient à quel point le rassemblement de la famille se passait dans la joie. Et dans le business ! Car s’il est quelque chose de bien ancré dans nos mémoires, c’est qu’il n’y a pas de ventes dans des ambiances compassées ou maussades. Il faut sans doute comme un air de fête foraine pour s’adonner au plaisir de participer sinon aux démonstrations de force, à tout le moins aux jeux de la négociation ou de la découverte. Sur les stands des équipementiers de garage, la fête était à son comble, notamment chez Facom qui présentait un concept d’Alpine monté à l’aide de ses propres outils, mais tous ont revendiqué leur nécessaire implication. Et oui, les goodies ont plu tandis que flyers, démos et formations ludiques ou plus professionnelles résonnaient à droite ou à gauche. On a vu aussi les « big boss » venus au départ montrer leur soutien aux troupes, puis voyant les hordes de visiteurs relever les manches et vanter les produits comme les bateleurs qu’ils ne devraient jamais avoir cessé d’être. Ce fut aussi l’occasion pour les exposants de mesurer les attentes – hautes – de tous les professionnels, quels qu’ils soient, dans une période d’incertitudes et de mutations extrêmes.
A -t-on vu pareille révolution depuis la Ford T ? Bon, là, peut-être je m’emballe, mais lorsqu’on est garagiste et que l’on s’aperçoit les grands fournisseurs de pièces et d’équipements se faire secouer au gré de décisions gouvernementales ou de marché, il y a de quoi s’inquiéter. Et EQUIP AUTO PARIS 2025 a, sans nul doute, atténué des angoisses et fournit des solutions. Face à la déferlante électrique, asiatique, hydrogène, digitale… les fournisseurs ont répondu présents et assuré de leur accompagnement et soutien indéfectibles. Pour les journalistes qui ont assisté aux -très-nombreuses conférences de presse, la volonté affichée des intervenants de fournir des solutions « 360° » jusqu’aux réparateurs en passant par les distributeurs s’est révélée comme un vecteur de croissance dans un monde qui bouge, mondial et aux interactions que l’on ne peut assurément pas gérer de son atelier, alors qu’on est déjà submergé par le travail et l’administratif ! Les Data, les solutions à 360 °, les aides connectées… tout a été présenté sur le salon !
Des visiteurs internationaux bluffés et bluffants
Dans les mois qui ont précédé EQUIP AUTO Paris, Nous avons bien souvent entendu des professionnels dans la Maghreb hésiter à annoncer leur venue sur EQUIP AUTO Paris, prétextant la prédominance de Automechanika Francfort – certes, mais peut-on voir plus d’exposants dans le même nombre de jours, sans compter les problèmes de langue ? – de facilité d’Automechanika Istanbul ou Dubaï (rendus plus accessibles par l’absence de visas, mais, qui a été gêné pour Paris ? et qui oublie que la pièce de rechange a transité par la France depuis des générations ?), etc. On parlera aussi de Shanghai, mais qui s’y repère vraiment ? Peu importe d’ailleurs, et que tous les salons profitent des visiteurs du monde entier ! Ce qu’il faut noter et qui nous procure un grand plaisir, c’est l’affluence des professionnels de l’importation venus du Maroc (dont les fabricants avaient pris un pavillon, de Tunisie (avec une représentation de la TAA) et surtout d’Algérie dont nous comptions les absents tant les professionnels algériens étaient présents et actifs : les rendez-vous s’enchaînaient chez leurs fournisseurs et l’on sentait, là aussi, cette bouffée d’oxygène qu’offrait EQUIP AUTO Paris aux opérateurs d’Afrique du nord et plus globalement de l’Afrique. L’internationalité tant au nouveau des exposants que des visiteurs a marqué les esprits et envahi les allées (et l’on ne parle que de l’Afrique alors que visiteurs comme exposants venaient du monde entier). Merci aux organisateurs qui ont sillonné le monde des mois entiers précédant le salon pour informer, guider et donner envie.
L’ambiguïté de l’acquisition des savoirs sur un salon commercial
Transmettre, partager, offrir, ces trois mots hantent les organisateurs de salons professionnels dont l’une des missions consiste à faciliter l’acquisition des connaissances des métiers par les visiteurs qui ne sont pas là que pour entendre leurs fournisseurs leur vanter leurs produits. Ils viennent aussi pour apprendre, anticiper, mieux appréhender les nouvelles technologies et connaître les nouvelles tendances. Des experts rassemblés pendant quelques jours dans un seul lieu autorisent cette aspiration de savoirs nouveaux. EQUIP AUTO Paris n’a pas démérité, mettant au point un programme de tables rondes ciblées et très bien préparées auxquelles participaient des experts chevronnés (autrement dit des professionnels qui savent de quoi ils parlent). Malgré le talent et le professionnalisme d’Emmanuel Taillardat, journaliste émérite s’il en est et acteur incontournable des grands événements de la profession, les auditeurs n’ont pas, réellement, été au rendez-vous. Les affiches se voulaient alléchantes, les thématiques attractives, cependant le choix obligé entre les conférences – tables rondes et la visite aux stands a ruiné les espoirs d’Emmanuel et souvent frustré les visiteurs eux-mêmes obligés par le temps qui court à devoir opérer des sélections. La solution existe-t-elle ? Rien n’est moins sûr. Déjà, il faudra revoir à l’économie le nombre de tables rondes – d’autant que des éditeurs de presse en réalisaient par ailleurs – ou convenir d’enregistrements pour que chacun puisse, au retour du salon – profiter des paroles d’experts que le salon a mis sur le devant de la scène.
En tous les cas et comme vous le lirez dans nos éditions d’Algérie Rechange et de Maroc Rechange, EQUIP AUTO Paris a fêté ses 50 ans sans une ride et avec autant de bonheur qu’à son origine.
Hervé Daigueperce




