ALSAFA FILTRES : une ambition intacte et des projets pleins la tête !

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Plutôt discrète, l’entreprise dédiée à la fabrication de filtres automobiles, Alsafa Filters poursuit son développement sereinement et envisage de nouveaux sites de production… pour des activités très différentes ! Retour sur une belle histoire qui témoigne de la persistance d’une fibre industrielle qui remonte à 1981…

Il a 17 ans, il en veut et le travail ne lui fait pas peur, ni l’esprit d’entreprendre. Début des années 70, la jeunesse se traduit par l’aventure et les expériences. Deux ans en France à effectuer des petits métiers ne lui suffisent pas pour assouvir sa soif de découvertes. Il revient en Algérie et effectue plusieurs jobs dans le secteur du commerce, un secteur qui, définitivement lui plaît mais pour quel produit, quel service ?  Abdallah Bouali nous raconte : « A l’âge de 17 ans, j’ai travaillé un peu partout dont deux ans en France et lorsque je suis arrivé en Algérie, j’ai bien réfléchi et me suis demandé quel était le commerce qui me plaisait le plus. J’avais essayé beaucoup de choses dont la vente de légumes, mais c’est la pièce automobile qui m’a véritablement séduit et j’ai plongé dedans jusqu’à aujourd’hui. En 1981, j’ai commencé dans la distribution de la pièce au détail, puis progressivement j’ai basculé comme grossiste. En 1988, dès que cela a été possible, je me suis mis à l’importation, et ai créé ma première société la Sarl ITIFAK pour l’importation des pièces automobiles. J’étais tout seul à investir et l’un des premiers à me lancer dans l’importation. Je m’approvisionnais auprès des exportateurs de l’époque en France, en Egypte, à Taïwan, en Thaïlande, en Irak … j’avais eu de bons conseils par Amar à l’époque ! Et certains clients de ce temps-là sont des grands noms de l’importation d’Ain M’Lila que vous connaissez tous, et à qui, pour certains d’entre eux, j’ai appris le métier ! Lorsque j’ai commencé à importer d’Asie, j’ai pris grand soin à choisir des fournisseuses de qualité, c’est ce qui a toujours présidé à mes choix et qui constitue aujourd’hui l’ADN d’Alsafa Filters et bientôt des autres activités. »

De la pièce au tournage et du tournage à la fabrication

Peu de temps après qu’il a décidé de se lancer dans l’importation, ses frères, devenus grands, l’ont rejoint – ils sont encore, pour la plupart, dans ce domaine – et l’activité se porte bien. Cependant, toujours aussi curieux et inventif, Abdallah Bouali veut comprendre comment fonctionne la fabrication. Créer une usine n’est pas possible avec les moyens dont il dispose, mais un atelier de tournage, c’était possible ! « Il fallait que j’aie une idée des process de fabrication et l’atelier de tournage m’a appris petit à petit à aborder l’industrie. C’est pourquoi, dès que j’ai pu le faire financièrement – car j’ai tout financé seul sans faire appel à qui que ce soit, et sans faire de crédit – j’ai amorcé le projet de monter une usine de filtres. J’y suis allé progressivement, d’abord le terrain puis le bâtiment, puis les machines importées de Chine, parce que c’étaient celles qui offraient le meilleur rapport qualité prix. Et nous nous sommes lancés avec un gros atout, celui que représentait un réseau de revendeurs qui nous faisaient confiance, parce que nous ne les avions jamais trompés sur la qualité des produits que nous importions. Nous n’allions pas changer de comportement avec nos propres produits ! » Et quand on lui demande pourquoi il a choisi les filtres, Abdallah Bouali nous répond tout simplement : « Deux raisons essentielles ont motivé ce choix. Tout d’abord, on trouve des filtres dans de très nombreuses activités et pas seulement dans l’automobile, des filtres qu’il faut tout le temps changer ; Et même dans l’automobile, on comptait beaucoup de types de produits, des consommables à renouveler. Et la deuxième raison est tout aussi évidente. Fabriquer des filtres était déjà difficile mais, à côté d’autres produits, c’était la production la plus abordable. Ce qui n‘empêche pas que je n’avais pas d’autres projets industriels, mais il n’y avait pas suffisamment de suivi, de ressources humaines ou même d’importateurs désireux de se lancer. Je n’ai donc pas pu développer tous les projets que j’avais en tête. »

Des filtres aux radiateurs

Depuis les années 80, des milliers de filtres sont sortis de l’usine d’Ain m’Lila, obligeant les équipes à se perfectionner et à adopter de nouvelles technologies. Cependant, la fibre industrielle et entrepreneuriale continuait de tenailler Abdallah Bouali qui reconnaît vouloir ajouter tout d’abord le filtre d’habitacle aux autres : « Nous fabriquons le filtre à huile, le filtre à gasoil, le filtre à air et jusqu’à présent nous n’étions pas sur le filtre d’habitacle. C’est un segment qui verra le jour cette année et j’en suis très heureux. Nous avons pris des décisions qui nous ont permis d’aller plus loin en fabriquant nos propres moules par exemple. Cette liberté est capitale. C’est comme cela que nous disposons aujourd’hui de 961 références de filtres entre les trois types, des références pour l’auto et l’industrie. Auparavant, nous livrions les concessionnaires automobiles, cela va peut-être reprendre ! Nos atouts n’ont pas changé depuis que j’importais des pièces de Taïwan, produire de la qualité et surtout offrir le meilleur qualité prix. Cela nous a réussi et nous poursuivons sur la même ligne. Si nous garantissons nos pièces, c’est que nous savons quelle qualité nous produisons. Nous sommes parmi les plus anciens de la fabrication et nous développons toujours de nouvelles références : notre pérennité c’est la qualité des produits qui nous l’octroie »

Et le gouvernement pousse à la roue : « Depuis quelques années, le gouvernement incite les professionnels de l’automobile – et les autres – à fabriquer localement. Cette prise de position me parle, alors que j’étais l’un des premiers à faire de la fabrication « Made in Algeria » même si cela ne s’appelait pas comme cela à l’époque. Cela me parle et m’invite à poursuivre parce que nous avons un beau réseau de distribution « classique » et que nous sommes là depuis longtemps. C’est pourquoi, j’ai décidé d’ouvrir une usine de production de radiateurs. Tout seul, c’était difficile et j’ai donc demandé à mes frères d’appuyer le projet et de me rejoindre sur ce projet. Cela n’a pas été facile mais je les ai convaincus. Le bâtiment est prêt et les machines arrivant, nous commençons en 2024. (Reportage effectué fin 2023). La politique du gouvernement qui encourage la fabrication locale, c’est plutôt positif et comme nous sommes industriels, nous avons tout intérêt à multiplier les activités. »

Les radiateurs, une décision raisonnée

Pourquoi donc les radiateurs ? Abdallah Bouali nous rappelle quelques évidences : « Nous avons fait quelques études de marché et nous avons compris que les usines de constructeurs et/ou de montage automobiles repartaient, nécessitant des sous-traitants. Or le marché national a besoin de fabricants locaux, de même que le marché international a manifesté de nouveaux intérêts pour notre région afin de ne plus être aussi dépendant de l’Asie. Le radiateur a, comme le filtre, de nombreux modèles et ce pour chaque type de véhicule. Nous avions une carte à jouer et mes frères l’ont compris, c’est ainsi que nous nous sommes associés et d’autant plus facilement que nous connaissons le secteur industriel. Ce qu’il nous fallait, c’étaient des machines performantes et des techniciens qui les mettent au point. Notre fournisseur s’est assuré de pouvoir nous livrer dans les 6 ou 7 mois et de nous mettre à disposition des techniciens pour effectuer des formations auprès de nos personnels pour des durées allant jusqu’à trois mois ! Nous avons le savoir-faire industriel, il nous fallait la formation complémentaire sur ce type de produits, ce que nous avons obtenu. A nous, désormais, de produire les radiateurs en Algérie ! »

Hervé Daigueperce

Hervé Daigueperce
Hervé Daiguepercehttps://www.algerie-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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