« Nous avons reçu la visite de plusieurs délégations des investisseurs de l’industrie de montage automobile et camion, notamment, Iveco, Toyota, Isuzu, Volkswagen et Hyundai. »
Le marché du câble automobile en Algérie compte de nombreux acteurs entre importateurs d’Europe, d’Asie et fabricants locaux. Le marché est soumis à une concurrence loyale et déloyale, nous soutient Billel Hadj-Hamou, directeur général d’Afric-Cables, un sous-traitant local important de première monte et de l’Aftermarket.
Dans cet entretien, nous avons évoqué l’état du marché de l’Aftermarket du câble en Algérie, qu’il a qualifié de « dépotoir où tout s’y déverse » ; du rapport entretenu par le client algérien au produit local, de ses ambitions et des ses perspectives du tissu de sous-traitants, notamment des fournisseurs du groupe SNVI et ENMTP, qui au fil des années, s’est érodé et réduit à une cinquantaine de fabricants, alors qu’ils étaient près de trois cent homologués par la société nationale de fabrication de véhicules industriels (SNVI). Échanges.
Algérie Rechange : Qu’en est-il actuellement de votre marché ?
Billel Hadj-Hamou, d-g Afric-Cables : Le marché fourmille d’acteurs de divers horizons, beaucoup de produits sont déversés sur le marché, de la bonne qualité comme de la mauvaise qualité. Nous concernant, nous sommes pour le toilettage du marché du tout import. Bien sûr, pas n’importe comment. Nous sommes pour une concurrence loyale et non déloyale des produits qui proviennent d’Asie. En Chine vous avez plusieurs niveaux de prix, selon la qualité des matières premières, et comme une majorité d’importateurs opte pour le prix aux dépens de la qualité, qui rime avec sécurité, ils mettent non seulement notre outil industriel en péril, mais surtout les vies humaines, au regard du nombre d’accidents enregistrés. Un câble de freinage ou d’embrayage, s’il vient à lâcher, l’accident est assuré. C’est ce sur quoi nous communiquons souvent, pour sensibiliser le client final, afin de ne pas acheter un prix mais un produit sensible. Aussi, dans la plupart de nos campagnes, nous essayons de décomplexer le client algérien vis à vis des idées préconçues au sujet du made in « Algeria », qui est, de loin, meilleur en qualité, même si nous ne faisons pas de bel emballage bien marketé. Nous ne le dirons jamais suffisamment au client que le produit « bien emballé » n’est pas forcément le meilleur, surtout ceux en provenance d’Asie.
Revenons à vos dernières actualités, vous êtes désormais sur le marché de la première monte ?
Comme vous le savez déjà, Afric-Cables est fabricant depuis 25 ans des câbles d’embrayage, de frein et tirettes, nous fabriquons plus de 300 références en première monte, en après-vente, en carrosserie et dont 20 références sont homologuées en première monte pour le compte de la SNVI. Nos proportions de production s’établissent actuellement à 60 % pour le marché de l’aftermarket, destiné à toutes les marques européennes automobiles en circulation en Algérie. 40 % de notre production va à la première monte. Concernant le marché de la sous-traitance, pour l’industrie locale, l’exercice de l’année en cours sera meilleur que 2016. Un fait engendré par les aides octroyées à SNVI et un bouleversement opéré au niveau du top management, qui semble modifier la donne. Depuis juin, nous notons, en effet, ainsi un vent de reprise de l’activité et un dégel après deux années de blocus. Nous avons, ainsi, enregistré d’importantes commandes entre juin et juillet.
Justement, hormis SNVI, qui sont vos autres clients ?
Le marché de la sous-traitance reprendra des couleurs après avoir été « laminé ». Avec toutes les usines d’assemblages mises en place et autres à venir, qui s’inscrivent dans la stratégie de ré-industrialisation de la filière automobile, de bonnes perspectives se dessinent pour nous. Nous concernant, dans l’état actuel des choses et passé, nous ne fournissons pas que la SNVI, la SOMAB, filiale de ENMPT, est aussi notre client pour les montages de leurs bétonnières et nous espérons également élargir notre portefeuille clients, toujours en première monte à d’autres filiales de son grand groupe situé à l’Est.
Avez-vous les capacités pour absorber de nouvelles commandes notamment en première monte ?
Nous avons les capacités de produire 2000 câbles jour, tout en assurant la maîtrise de la qualité qui commence, déjà, par le choix à la base de la matière première acquise d’Europe. Nous gardons, également, la maîtrise de tout le procédé de fabrication des composants aussi bien de la partie pvc, caoutchouc, que l’injection, la gaine, l’acier etc. Revenons à votre question au sujet de notre capacité à répondre à la demande locale, nous sommes encore en dessous de notre capacité nominale. Le marché algérien est très important !
Qu’en est- il alors de Renault Production, pourquoi cela n’a-t-il pas encore abouti ou carrément, qu’est ce qui fait bouger les négociations ?
Renault a placé la barre très haut, en termes d’exigences dans son cahier des charges.
Nous y travaillons, mais ce qui a fait bouger les négociations, comme vous le dites, réside dans son exigence, entre autres, de trouver un partenaire technologique. Nous avons été, depuis, audités par Renault France et appréciés par nos capacités et normes produits. Une reprise de contact a été effectuée, il y a de cela, trois mois, avec la nouvelle direction des achats de Renault Production. Un autre rendez-vous est pris pour octobre prochain, et là on vous tiendra au courant.
Quelle est votre garantie minimale et maximale des produits disponibles actuellement sur le marché ?
Tous nos produits sont testés sur des bancs d’essai automatiques, ce qui nous permet d’offrir une garantie de 6 à 12 mois sur toute la famille de nos produits.
Equip Auto Paris se tiendra en octobre prochain, allez-vous participer, et si c’est le cas dans quelle perspective ?
Nous irons sur Equip Auto non pas en tant exposant, mais en tant que visiteur. Exporter est important mais, nous concernant, nous ne pouvons pas ouvrir plusieurs fronts. Mener une bataille à l’international, à savoir s’attaquer au marché de l’export en Europe demande beaucoup de moyens et tient à plusieurs considérations. Nous ne sommes pas encore prêts, d’autant plus que nous sommes en constante bataille sur le marché local (algérien dominé par l’import), dont la demande est très importante. De plus, de nouvelles perspectives s’ouvrent avec la nouvelle politique de développement de la filière automobile sur lesquelles nous travaillons beaucoup.
Quelles sont les perspectives de développement que vous envisagez ?
Nous avons reçu la visite de plusieurs délégations des investisseurs de l’industrie de montage automobile et camion, notamment, Iveco, Toyota, Isuzu, Volkswagen et Hyundai. Nous sommes en train de travailler notre positionnement et regarder de ce côté-ci…
Propos recueillis par Karima Alylatene.








