Billal Hadj Hamou, actionnaire et directeur général, nous a ouvert les portes de ses ateliers de fabrication de câbles automobiles de première et seconde montes. Nous avons été reçus dès les premières heures en matinée, avant que nous rejoigne une délégation d’enquêteurs du cabinet Engineering Conseil travaillant pour le compte de la Banque Mondiale (BM), en quête d’informations sur les fabricants locaux de la filière automobile. Une délégation accompagnée de Ramdane Toukal, secrétaire général de la bourse de sous-traitance du centre (BASTP). De père en fils, Billal Hadj Hamou, est foncièrement industriel dans l’âme, malgré les facilitations octroyées sur le marché de l’import, il n’a pas « versé » dans le circuit de la distribution, nous dit –il avant de nous conduire dans son unité complète, intégrant tous les processus de fabrication de tout type de câble, et employant 40 personnes qualifiés entre ingénieurs et techniciens supérieurs. Il faut dire avant qu’il ne succède au poste de directeur général, d’Afric-Cables, depuis 2009, il a connu plusieurs évolutions, de l’atelier à la direction d’usine, en passant par le commercial, dans cette unité de fabrication câbles, qui jouxte avec son autre usine de fabrication de fromages, qui toutes les deux s’étalent sur le domaine familial d’une superficie dépassant 2 000 m² dont 600 m² couverts. Ces derniers abritant les différentes lignes du processus de fabrication des câbles de frein, d’embrayage et autres tirettes de capot et ensemble de carrosserie automobile. À 30 kilomètres d’Alger, l’usine Afric-Cables est spécialisée depuis 25 ans dans la fabrication pour le compte de la Société Nationale de Fabrication des Véhicules Industriels (SNVI), l’Entreprise Nationale de Montage des Engins de Travaux Publics (ENMTP), les institutions et entreprises publiques et German Motors. À l’intérieur de l’usine, on découvre plusieurs ateliers ou lignes de production de tous les composants des câbles, à commencer par l’atelier mécanique, recelant plusieurs tours automatiques.

Un taux d’intégration de 80 %
D’emblée, ce capitaine, représentant, un fort potentiel au développement, en sous-traitant pour toutes les nouvelles unités de montage automobile installées, comme Renault Production ou les plus récentes comme Volkswagen, Hyundai, Iveco, nous annonce que son taux d’intégration est porté à 80 % depuis 2012, après s’être équipé des machines automatiques d’injection plastique et pvc, et autres extrudeuses. À Afric-Cable, on fabrique tous les accessoires et composants du câble. Tout le processus de fabrication est maîtrisé que ce soit la fabrication de la gaine, l’injection des accessoires plastiques et composants en acier. Emboutissage, extrusion, sertissage, coupe, assemblage, moulage, le vocabulaire semble infini et riche et adapté à chaque processus et partie de câble fabriqué. Il y a plus de 300 références de câble selon les modèles, des plus anciens aux nouveaux véhicules disponibles sur le marché. Environ
1 000 câbles sont fabriqués par jour, très en deçà des capacités de cette unité, nous soutient notre guide, qui a connu des moments difficiles avec le gel des commandes en première monte. Mais, 2017 semble apporter son vent de reprise, de nouvelles commandes pour le compte de la Société Nationale de Fabrication de Véhicules Industriels et de transport de voyageurs, ont été enregistrées. Si le marché de la première monte notamment celui des câbles lourds et engins a connu un recul durant les trois dernières années, ce n’est pas beaucoup mieux pour l’Aftermarket, qui, malgré son bond, ne génère pas autant de chiffre d’affaires qu’Afric-Cables le souhaiterait, car il se voit concurrencer déloyalement par le câble asiatique moins onéreux en raison de la mauvaise qualité des matières premières, soutient notre interlocuteur. Celui-ci interpelle, d’ailleurs, les pouvoirs publics à plus de contrôle sur la qualité, car un câble de frein ou de débrayage reste un produit sensible pour la sécurité de l’automobiliste. Il tient en partie pour responsables des accidents de la circulation, les pièces contrefaites introduites sur le marché algérien. Il n’y a pas que la perméabilité au niveau des ports et douanes qui en soit le seul frein au développement du tissu industriel en Algérie. En effet, il y a également les taxes sur les imports qui sont équivalente à celles du produit fini de la revente en l’état, tenait –il à souligner, ce qui en soit le met en porte à faux avec un produit importé plus compétitif que le produit fabriqué en local.
En route pour l’Afrique
Les câbles made in Afric-Cables, s’ils ne sont pas encore montés par les Renault et Dacia produites en Algérie, ne constituent nullement un frein pour l’export. Depuis 2015 Afric-Cables a tenté son développement à l’international, année de ses premières opérations d’exportations. Une famille de ses câbles a été homologuée en Italie en 2016, une prochaine opération d’exportation aura lieu avant la fin de l’année 2017. D’autre suivront en 2018, et cette fois cap vers le sud, à savoir l’Afrique. Des contacts ont été entrepris en Mauritanie. Là aussi, les processus pour l’exportation ne sont pas encore huilés, notamment les transactions financières sont lentes, ce qui pourrait affecter la trésorerie. « Le rapatriement et l’alimentation de notre compte commercial avait pris des mois, ce qui n’est pas du tout encourageant, si on veut, aller vers l’export » conclut-il.
Karima Alilatene








