Alors que Ouassini Bouali, le directeur général de Soip Auto à Oran, voit la superficie de son centre principal doubler, grâce à l’acquisition de l’immeuble mitoyen, on comprend petit à petit pourquoi Soip Auto a besoin de place, tant son actualité est riche de bonnes et audacieuses nouvelles. Récit.
C’est en 1999 que Ouassini Bouali décide de voler de ses propres ailes, en créant Soip Auto ou Société Oranaise d’Importations de Pièces automobiles, après quelques années d’expérience professionnelle de 1991 à 1999. Il s’oriente vers les véhicules allemands, même si aujourd’hui, il tend à se diversifier de plus en plus. Quant au choix des marques, « il nous est dicté par le marché, par nos clients », affirme Ouassini Bouali, «et nous recherchons, à partir de là, les produits de qualité, comme ceux fournis par Das Lager (en exclusivité), Textar, Febi, Mintex, Mapa, Contitech, etc. » Et les clients, Soip Auto les connaît bien, avec 26 personnes pour s’occuper d’eux, répartis un peu partout sur le territoire national. Trois sites, en effet, appartiennent en propre à Ouassini Bouali, en complément de son réseau de distribution, pour mieux comprendre le marché et y répondre au plus vite, tandis que trois commerciaux sillonnent l’Est du pays. Comme il le précise, « notre clientèle nous suit, elle sait qu’elle achète de la qualité dans un marché qui n’est pas toujours très clair », explique le directeur général de Soip Auto, qui précise : « Nous pouvons importer de la pièce chinoise, si celle-ci est de qualité, et quand nous le faisons, nous engageons notre nom. Et nos clients participent, en quelque sorte, au choix, en validant les nouveaux produits que nous mettons sur le marché après les avoir sélectionnés sur les grands salons internationaux, comme à Francfort, Paris ou Istanbul ». Rappelons, que Soip Auto est présent aussi sur Equip Auto Alger, mais en tant qu’exposant depuis 2009.
Un réseau d’experts, « Master Service »
Non content de distribuer les pièces détachées de qualité, Ouassini Bouali a créé un nouvel étage à la fusée Soip Auto en lançant une franchise dédiée aux garagistes et spécialisée dans la suspension « Master Service ». Sous ce panneau fixé sur la vitrine des garagistes adhérents, l’on trouvera les kits de suspension fabriqués par Master Sport, le fabricant allemand de pièces de suspension première monte, qui n’hésite pas à garantir ses produits 80 000 km. « C’est une nouvelle marque que nous représentons sur le sol algérien et qui est celle d’un fabricant disposant de leurs propres usines mais s’appuyant sur des réseaux de distribution. Cela fait trois ans que nous nous sommes rencontrés pour la première fois, et nous avons mis tout ce temps à profit, pour bien mettre en place le cahier des charges, car ils ne voulaient pas « gaspiller » en donnant la disponibilité de la marque à n’importe qui. Aujourd’hui, nous avons quatre garagistes prêts à prendre le panneau et qui seront pilotes pour cette opération de lancement d’un réseau de spécialistes suspension. L’objectif que nous nous sommes fixé porte sur 30 garages dépositaires de la marque la première année. Cela ne peut se faire que parce que nous sommes des professionnels reconnus depuis longtemps pour distribuer de la pièce de qualité. Sans ce background, il n’est pas possible de lancer une nouvelle marque en Algérie, quand c’est nous qui le faisons, cela revient à doter les produits d’une garantie. Dès que je lance une marque, elle est adoptée par ma clientèle, même si la marque est chinoise, parce qu’on sait que je m’engage sur la qualité, la pièce d’origine et la lutte contre la contrefaçon, c’est un contrat de confiance entre les clients et moi. Le prix vient après dans la discussion, dans le cadre d’une relation de partenariat forte et constructive. »

Bientôt fabricant… avec Das Lager !
Après quelques commentaires sur le marché de la rechange et l’évolution des décisions gouvernementales sur le secteur de la pièce détachée, Ouassini Bouali nous livre, comme en passant, une grande nouvelle : « Nous avons un projet de fabrication de roulements en partenariat avec Das Lager ». Si l’on se réfère à tous les professionnels qui ont, aussi, exprimé le désir – souvent sincère – de devenir producteur, évoquer le mot projet semble toujours éloigner la réalisation. Pour Soip Auto, il n’en est rien : le terrain a été retenu et est déjà viabilisé, le partenaire a donné son feu vert et participera à la production, une production qui commencera dans un an, au plus tard deux, et qui répond aux souhaits du gouvernement. Un gouvernement dont Ouassini Bouali aimerait un peu plus de visibilité quant au fameux cahier des charges : « Le gouvernement essaie de mettre des choses en place mais il lui faudrait demander l’avis de spécialistes, de savants et seulement après, appliquer leurs directives. Cependant, il semble que cela avance, et que nous aurons des réponses prochainement. C’est aussi pour cela que nous nous sommes organisés en association professionnelle afin de pouvoir être entendus par les institutions.
Seul, ce n’est pas possible ni d’être entendu, ni d’obtenir des informations. Nous manquons de visibilité, ce qui perturbe le marché. Avec 20 ans d’expérience, je suis convaincu que je n’aurais pas de difficulté à entrer dans le panel des professionnels retenus, mais nous travaillons pour la filière. Nous savons que les concessionnaires ne peuvent pas se substituer à nous dans la distribution des pièces : nous sommes plusieurs milliers et nous éprouvons toujours des difficultés à satisfaire toutes les demandes, ce ne sont pas quelques dizaines de concessionnaires qui pourraient prendre le relais. » Et notre filière se professionnalise, lutte contre la contrefaçon, instaure de nouvelles règles, ou met en place des réseaux à la compétence reconnue comme celui de Soip Auto avec « Master Service ». D’ailleurs, poursuit Ouassini Bouali, « les professionnels œuvrent à tous les niveaux afin de structurer la filière ne serait-ce qu’en améliorant et en structurant davantage leur métier. Les revendeurs s’adaptent aux nouvelles technologies et s’équipent de scanners. De notre côté, nous assistons aux grands salons internationaux pour découvrir les nouvelles tendances et technologies, afin de répercuter auprès des revendeurs et distributeurs ces informations. Nous organisons des tournées techniques, des présentations avec les fournisseurs auprès des mécaniciens. La filière se dote de moyens, à nous de le faire savoir au gouvernement pour que notre profession soit bien reconnue et comprise. »
Hervé Daigueperce









