« Silencieux et tubes prédominent, puisqu’ils représentent à eux deux 95 % du marché »
Un échappement sur 3 vendu dans le monde provient des usines Walker. L’américain qui s’est également fait un nom sur l’amortisseur avec la marque Tenneco se taille également la part du lion en Algérie. Son pari sur ce marché si particulier : faire oublier la réparation au profit du changement global de la ligne d’échappement. Osé. Mais impossible n’est pas Walker !
Pouvez-vous faire un point sur le marché de l’échappement en IAM en Algérie et au Maroc ?
Globalement, le marché de l’échappement représente environs 2 millions de dollars en Algérie, soit 140 000 à 150 000 unités vendues, le tout repartit entre les silencieux arrière (60 %), les silencieux intérieur (25 %), le tube d’échappement avant (10 %) et le catalyseur (5 %) qui se change environ tous les 5 ans. En revanche, je n’ai pas de données marché à vous communiquer pour le Maroc car c’est un marché sur lequel nous ne sommes pas présents.
Face à quelles sortes de pannes ou de défaillances sommes-nous le plus souvent confrontés dans ce pays ? Quel est le taux de renouvelle des produits d’échappement par rapport à l’Europe ?
Les principales causes de pannes ou de défaillances ont de multiples origines et notamment l’usure et la corrosion. Cette dernière étant dû à la condensation. Généralement, c’est le silencieux arrière qui s’use en premier. Et ce sont les véhicules essence qui sont le plus concernés par rapport aux véhicules diesel. Les autres pannes constatées sont les ruptures des attaches et des fixations, les chocs qui génèrent un arrachement, etc.
De manière générale, un automobiliste procède aux changements d’une des pièces en moyenne tous les 3 ans. Et il ne faut pas oublier non plus que la majorité procède à la soudure des silencieux arrière avant le changement.
En termes de technologies, sur quel type d’échappement l’Algérie se positionne-t-elle le plus par rapport aux pays européen ? Pourquoi ?
En réalité, ce qui conditionne l’utilisation de telle technologie ou de telle autre, c’est l’âge du parc roulant. En Algérie, compte tenu du fait que le parc a un âge moyen de 15 ans, c’est l’utilisation des échappements traditionnels (Silencieux et tubes) qui prédominent, puisqu’ils représentent à eux deux 95 % du marché. En revanche, les nouvelles technologies type catalyseurs ou filtres à particules sont encore peu présentes sur le parc et sont souvent retirées des véhicules.
Qui sont les acteurs du marché de l’échappement ? (Acteurs locaux, marques concurrentes, etc.)
En Algérie il y a trois unités de production, ce sont là des fabricants locaux. Mais il y a également trois importateurs distributeurs très actifs et spécialisées dans la distribution de marques premium, telle que la société AUTOPRAL, qui est l’un des distributeurs Walker les plus importants.
La notion de marques Premium ou OE a-t-elle de l’importance en matière d’échappement en Algérie ?
Oui, bien sûr, comme pour la plupart des pièces automobiles, la notion de marque premium a de l’importance également pour la famille de l’échappement. Et notamment pour des clients et marchés spécifiques ainsi que pour les véhicules récents équipés de catalyseurs et de filtres à particules.
Nous travaillons par exemple en Algérie avec un organisme très important, qui exige de n’utiliser que du Walker, et cela ne peut être qu’honorifique pour nous.
A quelles contraintes le marché IAM de l’échappement est-il soumis en Algérie ?
Mis à part le contrôle technique qui soumet le véhicule à un test afin de vérifier s’il y a usure du pot d’échappement ou pas, il n’y a pas de contrôles sur les émissions de polluants. D’autre part, le marché algérien de l’échappement n’est pas vraiment un marché de remplacement. En réalité, on y procède plus volontiers à de la réparation plutôt qu’à du remplacement, voire, comme je vous le disais tout à l’heure, à une suppression pure et simple des pièces techniques tels que le catalyseur et le filtre à particules.
Quels sont vos leviers d’actions en termes de marketing et de communication pour soutenir l’activité «échappement» auprès des garages ?
Là encore, comme nombre de nos « collègues » équipementiers, nos principaux leviers d’actions sont basés sur l’information et la formation. Deux notions fondamentales.
Quel pari faites-vous sur le marché de l’échappement à moyen terme, dans les 10 ans environ ?
Nous faisons le pari d’un renforcement du remplacement complet de la ligne d’échappement plutôt que de la réparation des silencieux. Nous pensons également qu’au fil des années, le marché connaitra un léger démarrage sur les pièces plus techniques liées à la nécessité de limiter la pollution dans les grandes villes et à une législation plus stricte. Car le parc roulant vieillit et la notion de dépollution va devenir de plus en plus présente. Nous parions d’ailleurs également sur le fait que le parc sera rajeuni… c’est d’ailleurs presque une obligation.
Quelles sont les actualités de Walker ?
Justement, par rapport à ce que je viens de vous expliquer concernant le besoin impératif de se soucier de la limitation de la pollution, Walker dispose de toutes les références nécessaires au parc de véhicules essences et diesel circulant en Algérie pour l’entretien et la réparation des systèmes d’échappement et de dépollution, à savoir les silencieux, les tubes, les accessoires, les catalyseurs, les filtres à particules, ainsi que les additifs pour les véhicules de normes Euro 5 et Euro 6. De plus nous mettons à la disposition de nos clients distributeurs, et de leurs clients garagistes, des modules de E-learning pour développer leurs connaissances et leurs compétences afin de savoir entretenir ces systèmes de dépollution.
Propos recueillis par Ambre Delage









