Des dizaines de marques pour un seul ensemble

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Principalement dominé par les importations et le phénomène de réparation, le marché de l’alternateur-démarreur, en Algérie n’est pas un marché de la machine tournante dans son ensemble, mais plutôt de la pièce. Courroies, régulateurs, roulements, batteries… le nombre de produits liés à l’alternateur-démarreur y sont, de fait, aussi nombreux que les acteurs.

Alors qu’en Europe, l’échange standard domine très largement le marché des alternateurs démarreurs, en Algérie, c’est tout le contraire. On préfère réparer et remplacer une pièce défectueuse plutôt que de rénover. De fait, les ventes de ce produit que l’on appelle machine tournante, éminemment complexe, se font principalement dans le secteur agricole. Pourquoi ? Simplement parce que le matériel est beaucoup plus sollicité et que les conditions de travail, elles, sont particulièrement spécifiques. Or, dès qu’un marché touche à l’industrie, les algériens ont davantage tendance à préférer travailler avec des acteurs reconnus. De fait, si la présence des marques chinoises est très importante sur le secteur des alternateurs-démarreurs spécifiques aux véhicules légers, le secteur du poids lourd est, quant à lui, un peu moins concerné par cette présence.

Un marché de la réparation essentiellement

« Il y a très peu d’échange standard, contrairement à ce qui se fait en Europe, car il n’existe pas d’usines de rénovation pour les alternateurs, démarreurs en Algérie », explique Georges Mourad, responsable des marchés de l’Europe de l’ouest, du Moyen-Orient et de l’Afrique pour MAHLE Aftermarket GmbH. Le marché algérien de la machine tournante est donc bel et bien un marché de la réparation. D’autant que si l’on se plait à distinguer d’un côté le démarreur et de l’autre côté, l’alternateur, l’on s’aperçoit qu’il existe de vraies disparités entre ces deux produits, n’allant pourtant pas l’un sans l’autre.

Concrètement, en moyenne, les alternateurs sont plus souvent réparés que les démarreurs. Et pour cause, comme leur nom l’indique, les démarreurs ne servent qu’à… démarrer ! Si l’on part du principe qu’un démarreur « tient » environ 10 000 cycles de démarrage, cela suppose qu’il a une durée de vie allant de 7 à 8 ans. Pas vraiment un produit d’usure, en somme. En revanche, les alternateurs, eux, sont beaucoup plus sollicités et peuvent présenter des défauts liés à un nombre très varié de pièces : les courroies, les roulements et autres régulateurs. « De plus, précise Paul Bouabdellah, responsable du Maghreb pour Prestolite Electric, ce sont des systèmes à ventilation interne qui peuvent être sujets à la poussière ou aux fuites d’huile, ce qui génère des pannes ». Quand les concessionnaires et les agents font bien leur travail de prévention, l’idéal c’est de changer la batterie, l’alternateur, le démarreur et aussi la courroie pour bien faire ! « Dans les faits, au Maghreb, mais aussi en Europe d’ailleurs, il faut en faire le moins possible car il y a un phénomène de prix. Aujourd’hui, 80 % des interventions c’est de la réparation. Les 20 % qui restent, c’est Valeo, qui vend le plus d’alternateurs démarreurs sur les VL et qui a un tarif export très attractif », insiste Paul Bouabdellah.

Des acteurs nombreux et disparates

Car si le marché Algérien de l’alternateur-démarreur dépend intégralement des importations et que les intervenants préfèrent changer une pièce défectueuse par-ci par-là plutôt que de changer, économie oblige, l’ensemble du système, il n’en est pas moins regardant sur le type de pièce utilisée et surtout, sur sa provenance. Le paradoxe c’est que le marché se plaît à faire le grand écart entre les marque premium d’un côté et les marques chinoises de l’autre. Ainsi le marché connaît-il une concurrence très disparate entre les différents acteurs. D’autant plus qu’encore une fois, le marché est principalement détenu par des produits neufs, et non par des produits rénovés.

Pour Georges Mourad les acteurs se répartissent comme suit : « 70 % en marques chinoises à la fois sur du neuf et de la copie, 20 % en marques européennes pour ce qui est de la Rechange et 10 % en marques d’origine ». Et même si les marques non exotiques sont moins nombreuses, certaines tirent néanmoins très correctement leur épingle du jeu, à l’instar de Real, Prestolite, Flag, Valeo ou encore Bosch. Ces deux dernières étant historiquement présentes sur le marché algérien mais vendant essentiellement leurs produits dans le domaine du poids lourd. « A noter que la marque Iskra, devenue Mahle/Letrika jouit également d’une très bonne notoriété sur le marché ! », précise Georges Mourad.

Encore une fois, l’alternateur étant un produit complexe, presque un puzzle de pièces, certains de ses composants peuvent, eux, être détenus par de véritables spécialistes. Ainsi, si c’est globalement Valeo qui domine le marché, des spécialistes comme Huco ou Transpo Electronics sont davantage tournés, par exemple, vers les régulateurs.

Enfin, le marché maghrébin dans son ensemble présente une particularité qu’il convient de ne pas négliger : le déstockage. Profitant des fermetures d’entreprises, parfois françaises également, les acteurs locaux aiment à dénicher les bonnes affaires vendues en lots sous forme d’enchères. Un phénomène assez présent au Maghreb qui, là encore, montre bien la disparité des marques présentes sur le marché : les chinoises, les acteurs historiques et Premium et celles qui se retrouvent là, par simple concours de circonstance !

Et les locaux alors ?

Force est donc de constater que le marché de l’alternateur-démarreur, en Afrique du Nord, dépend intégralement des importations. En effet, aucun équipementier n’usine de pièces à l’échelle locale. Hormis Delco Rémy qui dispose d’une usine, à Monastir, en Tunisie. Usine qui réalise principalement de la rénovation sur des produits destinés à être importés vers…la Hongrie ! Certains équipementiers, pourtant, réfléchissent à l’éventualité de développer un marché local de fabrication de machines tournantes. C’est le cas, notamment, de Prestolite Electric. Jouissant d’un excellent positionnement sur le marché, notamment sur le poids lourd, le fabricant américain se verrait bien poser quelques jalons en Algérie. « Pour ma part, je suis sur un projet avec quelqu’un de la région de Sétif, en Algérie, pour fabriquer en local, d’autant que le pays cherche beaucoup à fabriquer sur place un maximum de produits. Evidemment, il s’agirait de faire de la rénovation », confie Paul Bouabdellah. Bientôt une production locale de machines tournantes rénovées… qui sait !

Rédaction
Rédactionhttps://www.algerie-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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