Avec une programmation à 5 ans et des projets pleins les cartons, AMC Filter s’appuie sur son réseau de distribution et attaque les flottes pour s’assurer une croissance à vive allure. Etat des lieux avec Khaled Mansouri qui préside à son développement.
Entreprise familiale créée en 2017 par Nadjib Mansouri, déjà à l’œuvre sur d’autres activités, AMC Filter s’est très vite développée, confiants dans l’accueil qu’ils avaient reçu lors de la précédente édition d’Equip Auto Alger, alors que c’était leur première apparition comme fabricant. Et rassurés par des commandes de poids qui sont intervenues très rapidement comme nous le commente Khaled Mansouri : « Depuis la dernière édition du salon, nous avons été contactés par Numilog, une grande entreprise de transport et de logistique nationale avec laquelle nous avons signé un contrat l’an dernier. Numilog exploite une flotte considérable de poids lourds et nous élargissons avec eux notre réseau de clients. Nous livrons des filtres pour leurs camions Renault Trucks, Iveco, Man etc. filtres que nous avons conçus pour eux. Comme nous sommes une entreprise jeune, nous choisissions de produire les pièces qui sont demandées par le marché d’une part et d’autre part pour les flottes avec lesquelles nous sommes en contrat. »
De l’adaptation, en toutes choses
D’aucuns vous diront qu’ils ont une usine en Chine et qu’ils font fabriquer là-bas sous la marque Augen Filter et c’est vrai. C’est même une illustration de la stratégie payante d’AMC Filter. En effet, l’entreprise fabrique ses filtres à AIN M’LILA (nous avions déjà fait la visite de ce site de production il y a deux ans) mais s’appuie également sur l’usine chinoise pour de nombreuses références qui rejoignent petit à petit la production algérienne. Cette usine fabrique selon le cahier des charges d’AMC Filter, des filtres qui seront, pour la plupart, progressivement fabriqués à AIN M’LILA. Cela permet d’aller plus vite et de s’appuyer sur des savoir-faire communs : « Plus nous fabriquons de références ici, moins nous en faisons fabriquer dans notre usine chinoise » précise Khaled Mansouri avant d’ajouter : « En filtres à air, nous comptons déjà 94 références dont 69 pour véhicules légers ».
Le choix des flottes
Comme l’un des premiers points que Khaled Mansouri a abordés portait sur le contrat avec une grande flotte, nous l’avons interrogé sur la typologie de clientèle qu’il visait : « Nous avons commencé par privilégier la couverture du marché algérien tout en visant parallèlement le marché des flottes. Notre politique consiste à introduire de nouvelles références en tenant compte des demandes des flottes qui sont les plus gros consommateurs et sont constitutives du marché algérien. Cette politique s’intègre dans une stratégie de pérennité, de partenariats validés par le choix de la qualité (sélection des matières premières), un prix attractif et un service après-vente efficace. Si un client exprime un besoin particulier, nous n’hésitons pas à aller le voir pour trouver la meilleure solution, et la meilleure solution, c’est celle qui est la plus adaptée à son besoin spécifique ».
Une croissance organisée et structurée
AMC Filter n’est pas né ex nihilo, sa création par la famille Mansouri se veut une poursuite logique de leur activité d’import-export de différentes pièces automobiles dont les filtres. Ce qui explique la présence d’un réseau de distributeurs fidèles qu’AMC Filter continue d’approvisionner à titre de service. C’est d’ailleurs, cet état d’esprit qu’il est bon de mettre en avant dans la gestion entrepreneuriale d’entreprise familiale. Le passage à la production, bien que fruit d’une décision stratégique de changement de braquet, n’a pas empêché le management de maintenir ses prestations auprès de ceux qui les ont accompagnés, plusieurs années, dans la distribution des produits, ainsi que le rappelle Khaled Mansouri : « Nous disposons toujours d’un petit portefeuille de 50 clients pour lesquels nous maintenons l’activité de distribution comme service ».
Parallèlement, le planning de production s’affiche ! Après les filtres à air, AMC Filter se mettra aux filtres d’habitacle, aux filtres à gasoil et à essence, et à huile. Lorsque toutes ces productions seront lancées, l’entreprise fabriquera des filtres industriels, dans cinq ans environ, en ciblant les industries qui en consomment beaucoup comme le chemin de fer par exemple.
Vers plus d’intégration locale
Khaled Mansouri est un battant, et se nourrit des obstacles qu’il rencontre comme en témoignent les deux exemples que nous allons vous présenter. Lorsqu’on lui a demandé si la venue massive des constructeurs chinois l’inquiétait, notamment par la concurrence terrain au niveau du marché de la pièce, cela le fait sourire : « Je n’ai pas peur des chinois, au contraire, j’aime grandir dans la concurrence, au milieu de la concurrence. Si l’on construit au milieu de la concurrence, on bénéficie alors d’une base solide ». Le deuxième exemple porte sur la fabrication à proprement dit et une nouvelle forme de concurrence tout aussi nouvelle : « La plupart des concurrents qui arrivent sur le marché ne disposent pas forcément des connaissances que l’on a, ni des matières premières que nous avons sélectionnées. Nous avons testé certaines matières premières, au tout début et je me suis aperçu qu’elles n’étaient pas assez qualitatives. J’ai donc tout détruit et je peux dire que nos produits bénéficient d’une qualité premium. Nous voulons être référencés comme fournisseurs premium et nous faisons les investissements nécessaires, ce qui n’est pas le cas de tous les acteurs qui apparaissent sur le marché. Nous respectons les cahiers des charges et sommes aidés par le gouvernement pour l’importation des matières premières en vue de produire des produits finis. Dans ce même mouvement, nous comptons produire nos propres matières premières pour accroître notre taux d’intégration locale et notre autonomie, notamment dans le domaine de l’injection plastique ».
Hervé Daigueperce









