Grâce à des industriels comme IKAM, fabricant de plaquettes de frein en Algérie, et faut-il le mentionner, grâce aussi au nouveau cahier des charges, la fabrication locale redevient tendance ! Un bon signal pour la réindustrialisation du pays !
Récemment, on y a vu des ministres et des institutionnels de haut rang, en plus des grands donneurs d’ordre. Où ? Chez Kaïs Ait Ahmed, le fabricant de plaquettes de frein made in Algeria, plaquettes de qualité, bien entendu, qui voit sa persévérance enfin récompensée. Lancer une première usine de production en Algérie avec les investissements que cela suppose en équipements et ressources humaines – les terrains sont familiaux – et vivre à la suite, le Hirak, l’instabilité politique, la baisse du pouvoir d’achat liée à la chute des cours du pétrole et du dinar, puis la Covid-19, il y a de quoi baisser les bras. On avait rencontré sur Equip Auto Alger, après avoir eu le privilège de visiter son usine, Kaïs Ait Ahmed, alors qu’il commençait à se poser des questions, mais cela n’a pas duré et, aujourd’hui, le patron d’IKAM est sollicité de toutes parts, vient de recevoir une nouvelle ligne de production et a en déjà réservé encore une pour anticiper sur la croissance exponentielle de la demande. Car la demande explose, parce que le produit est de qualité, qu’il est fabriqué en Algérie et qu’il affiche des prix plus intéressants. Des prix qui vont encore être plus attractifs très bientôt grâce au nouveau cahier des charges…
L’Algérie reconnaît les siens !
Avec le nouveau cahier des charges (publication du 15 novembre) portant sur l’industrie, les fabricants algériens retrouvent le sourire : le gouvernement les a écoutés et la réponse constitue une réponse salvatrice à leurs préoccupations. En effet, pour les industries de l’électronique, de l’électroménager et de la mécanique, l’exonération de taxes est appliquée sous réserve que l’industrie en question assure au moins 40 % d’intégration locale. « Nous avons commencé dans un climat assez compliqué où il était assez difficile de se projeter. Même les distributeurs algériens étaient dans l’attente du cahier de charges pour nous suivre. Cependant, même pendant cette période, les ventes ont progressé de manière très satisfaisante, jusqu’à la publication du cahier de charges qui va nous donner une grande bouffée d’oxygène. Pour les industries comme IKAM, obtenir 40 % d’intégration locale est non seulement atteignable mais souhaité. Notre matière première de base est l’acier, matière que nous nous procurons ici. En outre, le gouvernement a assorti de cette exonération de charges des mesures allant dans le sens de la production locale. C’est ainsi que si nous devons importer des matériaux ou des produits dont nous avons besoin pour la production, mais qui n’existent pas en Algérie encore, qui ne sont pas produits dans le pays, nous pouvons également bénéficier d’exonération de charges. Bien sûr, nous devons le prouver et présenter un dossier, mais la mesure est là pour nous soutenir. Avec ces dispositifs, nous pourrons proposer des tarifs très attractifs pour des plaquettes de frein, bien moins chers que les produits d’importation qui seront surtaxés. Nous étions déjà moins chers que les pièces d’importation, là nous serons vraiment à des prix défiants toute concurrence pour des produits de qualité. Et pourrons répondre à notre échelle à la baisse du pouvoir d’achat que l’on subit actuellement ».
Les grands institutionnels passent commande
Les grands comptes, les entreprises de l’Etat ont bien pris la mesure du soutien explicite du gouvernement à l’industrie locale et adhèrent à cette stratégie en passant commande. « Nous avons été contactés rapidement par les grandes entreprises d’Etat qui ont entendu le message du gouvernement et privilégient l’achat des produits fabriqués localement. C’est devenu une priorité. Bien évidemment, ils ont l’assurance de la qualité et du fait que nous sommes éligibles aux exonérations, puisque nous devons soumettre un dossier en bonne et due forme à l’administration pour en bénéficier. Cette exonération est valable un an et est reconductible si on atteint les 50 % d’intégration après la première année. Autant l’aide est précieuse, autant elle requiert des engagements de notre part, auxquels nous souscrivons naturellement, parce que l’afflux des commandes nous permet de produire davantage, d’investir localement et d’engager de plus en plus de monde pour satisfaire à la demande. Tout le monde est gagnant dans l’affaire. Nous avons beaucoup bataillé pour qu’on en arrive là et maintenant la récompense vient couronner nos efforts. Il faut ajouter que la disponibilité des produits dans le pays même s’avère un atout fondamental surtout en période de crise. C’est aussi le constat que font nombre d’importateurs aujourd’hui. » Et quand on demande à Kaïs Ait Ahmed si IKAM va réussir à gérer une croissance forte, il montre qu’il sait anticiper : « Nous avons déjà fait livrer une nouvelle ligne de production et avons pris une réservation pour une autre encore afin de parer toute augmentation de production. Ikam va exploser le marché » s’enthousiasme-t-il !
Hervé Daigueperce









