Tout le monde, consommateurs finaux, presse généraliste, ou influenceurs sur les réseaux sociaux s’accordent à dire que la mise en place d’une industrie automobile en Algérie, telle qu’elle est organisée, est mal venue, en ces temps de capacité de financement réduite. Beaucoup d’encre est versée pour contester la facture des importations des kits destinés à l’assemblage, qui ne cesse d’augmenter, des prix de vente de ces véhicules made in Algérie inaccessibles. De plus la perte du trésor, générée par les exonérations accordées aux constructeurs, semble accentuer le mécontentement général. Tant en 2018 qu’en 2017, cette industrie automobile qui peine à se mettre en place est dépeinte comme un souffre-douleur, sans qu’aucune communication claire ne parvienne aux consommateurs (pouvoirs publics ou constructeurs) pour gérer cette situation confuse.
L’industrie automobile a un coût et naîtra dans la douleur, surtout qu’elle est mise en place assez tardivement, si nous devions nous comparer aux pays où elle s’est délocalisée avec des objectifs bien clairs. Les constructeurs installés en Algérie continuent à se confiner dans un mutisme et se réservent à tout commentaire, malgré notre insistance. En attendant, les délais de livraison s’allongent, la facture s’alourdit, selon les statistiques officielles avancées faisant référence au Cnis, elle serait estimée à 1,8 milliard de dollars en 2017 contre 897,35 millions de dollars en 2016, soit en hausse de plus de 904 millions de dollars (+101%). Yousef Yousfi, le ministre de l’industrie mène compagne depuis des mois pour une politique de prix de vente des véhicules “made in Algeria” plus transparente, à cela s’est ajoutée une campagne de boycott lancée sur les réseaux sociaux pour contrecarrer cette inflation, pendant que d’autres plaident pour le retour des importations des véhicules d’occasion pour faire reculer les constructeurs. A suivre.
Karima Alilatene








