Institut ES SENIA – Oran : vers l’emploi des jeunes

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Bien que dédié à toutes les formes de formation professionnelle, l’institut Saïd Hamdine de Senia à Oran constitue un véritable tremplin pour les jeunes et notamment pour ceux désireux d’entrer dans le monde de l’automobile. Visite.

Relevant du Ministère de la Formation Professionnelle, l’INSFP ou Institut National Spécialisé de la Formation Professionnelle agit comme un aimant, aujourd’hui, pour les jeunes comme pour ceux qui désirent obtenir une qualification professionnelle ou tout simplement maintenir leur niveau de compétences. De cet établissement, émane une dynamique formidable, qui sent bon l’envie de réussir et de se déployer dans le monde professionnel, qu’on pourrait attribuer à la motivation personnelle, mais qu’on ne saurait soustraire à l’engagement des formateurs, de l’Etat, et aussi des professionnels. En effet, lorsqu’on entre dans les salles de cours ou dans les ateliers, ce sui saute aux yeux, c’est le niveau d’équipement pédagogique et d’outils grandeur nature fournis par les constructeurs automobiles, les grandes compagnies, les distributeurs. Citons quelques parrains du secteur automobile et électrique, Renault, Scania, Global Group, SNVI, Renault Trucks, Global Motors ou encore Legrand.

On sent un consensus autour de cet institut de formation professionnelle qui le rend, aux dires de certains, plus attractif que l’Université. Celle-ci développe sans doute des formations de qualité, mais reste trop éloignée des besoins de la filière, et des aspirations des professionnels. Car s’il faut se féliciter de l’engouement des jeunes, il ne faut pas sous-estimer l’implication des professionnels du terrain, qui savent combien il est important de disposer aujourd’hui d’une main d’œuvre qualifiée. L’INSFP en constitue le fer de lance. Et le besoin est urgent comme le rappelle Mme Radia Kalaidji – Taleb Bendiab, enseignante à Institut ES SENIA – Oran, « Ces deux dernières années, beaucoup de gens sont partis en retraite, ceux qui avaient commencé dans les années 80, et l’on note une forte demande dans les nouveaux emplois et dans l’insertion des jeunes. La nouvelle loi stipulant qu’il faut partir en retraite à 60 ans accentue ce phénomène ».

Idéalement situé à Oran

La wilaya d’Oran s’est classée pilote en matière de formation professionnelle automobile et le bassin d’emplois du secteur qu’elle sous-tend, souligné par la présence du constructeur Renault et de ses satellites, la rend encore plus emblématique. Oran bénéficie ainsi de trois grands instituts, l’un consacré aux métiers du bâtiment et de la construction, un autre à la gestion administrative et le troisième aux métiers techniques, l’INSFP de Senia. Pas moins de 22 spécialisations sont dispensées à l’Institut, et surtout celles-ci s’avèrent très vivantes et évolutives, en fonction des besoins des filières concernées. Il n’est pas rare que les professionnels demandent des formations spécialisées et apportent leur concours aux formateurs pour les mettre en place, qu’elles soient payantes (pour les professionnels qui souhaitent une formation qualifiante particulière pour ses employés ou futurs employés) ou inscrites dans l’un des cursus de l’Institut. Souple, pragmatique, opérationnel, l’Institut est en constante mutation, parce que la volonté des professionnels consiste à recourir à un personnel déjà qualifié et « prêt à l’emploi » comme le souligne Mme Radia Kalaidji – Taleb Bendiab : « Les mentalités ont changé et c’est avec plaisir que nous notons que la formation professionnelle n’est plus taboue, au contraire, elle est désormais plébiscitée. Nous avons remarqué que des parents ingénieurs nous confiaient leurs enfants plutôt que de les inscrire à l’université parce que nous sommes très pragmatiques ». Pour entrer, rien n’est plus simple mais il faut le mériter !

Les prétendants aux formations qui peuvent être effectuées en résidentiel ou en apprentissage doivent avoir le niveau Bac et passer un concours d’entrée (culture générale et mathématiques). Après s’être inscrits via un formulaire en ligne (disponible sur www.mfep.gov.dz/fr), les futurs stagiaires reçoivent une demande de complément de dossier par l’INSFP si la candidature répond aux critères de sélection. L‘INSFP envoie alors une convocation et propose un rendez-vous afin d’identifier les points forts suite à un entretien avec une conseillère pédagogique. Dans le cas d’une évaluation favorable, une visite des différents locaux pédagogiques aura lieu accompagné d’un guide et d’un formateur dans chaque local pédagogique, ce dernier répondra à toutes les interrogations du futur stagiaire. Un concours d’entrée est prévu pour les stagiaires en mode résidentiel, le mode dual est validé par un contrat régi par l’employeur et l’établissement de formation. Deux sessions semestrielles sont prévues. En principe, 450 places sont prévues, or sur l’année 2017, ce sont 2042 stagiaires qui passeront par l’Institut (soit 400 % en mode résidentiel/apprentissage) ! A ce jour, 20 sections sont ouvertes, 14 en mode apprentissage, 6 en résidentiel et 1 en cours du soir. Le dépassement est assumé par l’équipe pédagogique qui s’adapte, emploie de nouveaux formateurs et professionnels pour tenter de répondre à toutes les demandes. Malgré cela, certains attendent encore… quand la réputation assure le succès ! Madame Radia Kalaidji – Taleb Bendiab souligne que « le fait que les bâtiments soient rééquipés en permanence amène un nouveau souffle et une plus grande attractivité à l’activité. Toujours plus d’informations, de partenaires, de nouveaux équipements, de nouvelles technologies jouent en la faveur de l’Institut et nous nous adaptons en permanence. Trois laboratoires ont ainsi vu le jour avec l’aide de Legrand, tant les métiers à l’électricité et l’électronique sont recherchés ». Et que dire du nouveau module Après-Vente automobile qui est né de la capacité du personnel de renouveler les cursus !

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Des formations au métier

Comme les autres formations qualifiantes, le nouveau module « après-vente automobile » aboutit à un BTS. Notons à ce sujet que les stagiaires ayant obtenu leur BTS dans la spécialité qu’ils ont choisie ont toutes les chances d’être employés avant même de sortir ! L’armée, grand employeur, assiste souvent aux soutenances, de même que des grandes entreprises mais surtout, la formation acquise débouche souvent sur une création d’entreprise (particulièrement dans les métiers de l’automobile) qui est soutenue par l’ANSEJ. Les dossiers des jeunes sortant de l’INSFP sont prioritaires pour la réinsertion des jeunes et la création d’entreprise, car « les jeunes ont le bagage nécessaire pour pouvoir travailler tout de suite ». D’ailleurs, les formations en alternance font le plein et s’il faut se retrousser les manches pour trouver de nouvelles entreprises d’accueil, cela fonctionne plutôt bien, l’Etat détaxant les entreprises qui accueillent des jeunes en apprentissage » précise Radia Radia Kalaidji – Taleb Bendiab. Qui ajoute du côté pragmatique, « l’INSFP parraine aussi des BT des centres de formation professionnelle, afin de leur permettre d’avoir le niveau BTS, qu’ils ne peuvent atteindre dans leurs centres. C’est une section détachée, les jeunes étant inscrits dans leurs centres mais suivent les cours à l’INSFP ».

L’après-vente, une création maison

Dans le secteur automobile, 4 grands domaines sont répertoriés, les services, la carrosserie peinture, la maintenance-réparation et le commerce, et tous donnent lieu à des spécialisations. Pour le SAV, l’institut a détaillé un large espace composé de zones atelier, labo et cours. Citons les phases service : la prise de rendez-vous, l’accueil réception, le pré-diagnostic, la planification des travaux, le suivi et la réalisation des travaux, le contrôle qualité, l’accueil restitution du véhicule, le suivi restitution du véhicule. 90 élèves suivent ce cursus, c’est-à-dire la spécialisation Technicien Supérieur en Maintenance des Véhicules (qui existe en VP et VI) à laquelle se greffe un module en SAV, comme « comment gérer un stock PR ou autre ». Bien évidemment, la maîtrise de l’outil de diagnostic est prévue dans la formation maintenance. Dans ce module explique Radia Kalaidji – Taleb Bendiab, « il convient aussi bien d’apprendre le savoir-être que le savoir-faire tout en s’appropriant les phases de la prise de rendez-vous jusqu’à la rédaction d’un OR ». En clair, des formations pratiques de haut niveau et qui rendent le futur technicien supérieur apte à entrer dans l’entreprise, celle qui l’accueille ou celle qu’il crée. Il peut aussi se parer d’un plus en bénéficiant d’une formation certifiante internationale Cisco, délivrée à l’INSFP (maintenance d’un réseau informatique). Il y aurait tellement d’autres choses à dire, aussi rendez-vous sur la page FaceBook de l’Institut, mais avant, apprenez que des dizaines de projets sont à l’étude pour étoffer les modules existants comme l’illustre le visuel ci-dessus.

Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.algerie-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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