Hichem Bouzidi, l’homme en marche !

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Quelques années passées à l’étranger, à distance du théâtre du marché de l’automobile, et trois générations de spécialistes de la pièce détachée, ont permis à Hichem Bouzidi, directeur général de Tecauto (entre autres) de poser un regard lucide et acéré sur une filière qu’il défend et qu’il aime, culture familiale oblige… Verbatim.

Sur les propos du vice-président de l’AC2A et président de Sovac :

Nous avons dépassé, en Algérie le problème de la contrefaçon. Nous bénéficions de la surveillance de nombre de personnes aux douanes et à la répression des fraudes. La Direction de la concurrence et des prix de la wilaya d’Oran, par exemple ne cesse d’accroître les contrôles. Nous savons que nous pouvons compter sur les doigts de deux mains les importateurs qui, à Oran, importent des produits de bonne qualité et nous luttons, nous, contre la mauvaise qualité qui existe. Que l’on ne nous fasse pas de mauvais procès.

Sur l’établissement d’un cahier des charges relatif à l’importation des pièces détachées automobiles :

Ce que le gouvernement tente de faire est louable, c’est-à-dire que son objectif consiste à éradiquer les sous-facturations comme les sur-facturations en allant chercher l’information à la source et en s’attaquant aux importations douteuses. Cependant, ne considérer que les pièces des constructeurs et celles des équipementiers d’origine ne suffit pas. Il convient de prendre en considération les pièces que j’appellerais adaptables comme celles que fabrique Sasic par exemple. C’est un équipementier reconnu, qui fabrique des produits de qualité, des pièces que les fabricants d’origine ne produisent plus et dont nous avons besoin pour le parc circulant ici, en Algérie. Des automobilistes qui ne disposeraient plus de ces pièces devront renoncer à ces pièces, car ils ne pourront pas payer des pièces chères et difficiles à trouver. Il faut, certes, sensibiliser les gens à l’importance de mettre des produits de qualité, et à des prix attractifs. Et s’il le faut, les professionnels que nous sommes pouvons aider les pouvoirs publics à intégrer ces fabricants dans leur liste. Nous disposons sur le territoire des pièces d’origine (qui sont posées dans l’usine, sur les véhicules), des pièces aftermarket (même fabrication pour alimenter la rechange des réseaux constructeurs – OES – et des indépendants comme nous – IAM), des pièces adaptables, des rénovées, des usagées et des contrefaites. Ce qu’il faut considérer comme valables, ce sont trois premières catégories. Pour revenir aux propos du président de la Sovac, il faudrait que l’on soumette à Volkswagen des pièces pour un agrément qu’il ne peut pas donner, parce qu’il n’a pas la main et la connaissance du marché. Si nous importons de la pièce Valeo, il faudrait que Volkswagen la certifie ? Au nom de quel principe ?

Sur le marché des pièces en chiffres et le rôle de l’État :

Sur 1,2 milliard de dollars de pièces, les concessionnaires ne toucheraient qu’une part estimée à 200 millions de dollars. Etablir des quotas n’aurait aucun sens et même l’Etat y perdrait par la perte inévitable des taxes perçues que cela engendrerait. L’Etat n’est pas un gérant, c’est un garant. Nous sommes partants pour l’aider à lutter contre les sous et sur-facturations, la contrefaçon et les autres problèmes en participant à la traçabilité des pièces, des fournisseurs et des professionnels. Prétendre comme le fait le vice-président de l’AC2A que son objectif consiste à aider la protection routière, semble ignorer que ce sont les vrais professionnels de l’importation de qualité qui le font depuis des années. Il fallait qu’il le fasse il y a 20 ans…

Sur l’aftermarket :

Nous devons circonscrire le domaine de l’aftermarket, promouvoir des formations professionnelles et soutenir les acteurs qui distribuent la pièce de qualité. Cela doit se faire au niveau des importateurs mais aussi des industriels et des exportateurs.

Sur la professionnalisation de la filière :

Ce qui manque à la filière de l’aftermaket c’est une politique d’homologation par les professionnels eux-mêmes, par des organismes internationaux, des industriels qui seraient investis et reconnus. Nous ne pouvons plus supporter les humiliations qu’ont vécues des sous-traitants de l’automobile par le constructeur et cela est valable dans différents secteurs, dans l’automobile ou le textile. Nous avons les mêmes besoins de cadre.

Sur la loi et l’esprit de la loi :

Lorsque nous parlons de sur facturation ou de sous facturation, il faut admettre que certaines directives poussent par manque d’aménagement certains acteurs à le faire. Nous devons le combattre en expliquant par exemple, que, lorsqu’il est établi qu’une batterie -hypothèse de travail- coûte administrativement entre 45 et 50 euros, et que ce n’est pas le cas, certains tentent d’en profiter. Ce système ne fonctionne pas, cela suppose qu’il faille instaurer plus de transparence dans le marché : on parle de sécurité et de normes !

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Sur la qualité :

Nous savons qui importe et distribue des pièces de qualité, mais l’automobiliste le sait-il ? Nous devons lui fournir les moyens de cette identification par une signalétique étudiée.

Sur le marché réel :

Nous ne savons pas encore ce que les derniers événements internationaux et leur incidence sur les frontières de notre région ont entraîné en termes de baisse de chiffre d’affaires. Le vrai volume de la consommation du pays sera connu fin d’année, début d’année prochaine. Et nous ne parlons pas de la dévaluation du dinar…

Sur la fabrication locale :

c’est le secteur qui est le moins bien défendu. Les professionnels de la distribution doivent mettre en avant les produits qui sont fabriqués dans notre pays par différents moyens de communication à leur portée, et par une campagne sur les prix.

Sur la relation avec les fournisseurs :

Nous devons prendre garde ensemble à ce que les fournisseurs ne jouent pas sur les volumes, en inondant parfois le marché sans tenir compte d’effets désastreux que cette politique génère. Les objectifs des grands groupes doivent tenir compte des marchés sur lesquels ils travaillent.    

Propos recueillis par Hervé Daigueperce

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Rédaction
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Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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