Said Mansour, président d’EMSG Mansour et du club économique algérien

Said Mansour, président d’EMSG Mansour et du club économique algérien

« Tout mettre en œuvre pour diminuer les coûts de part et d’autre afin de répondre à la baisse du pouvoir d’achat »

Fervent partenaire du Journal Algérie Rechange, Saïd Mansour a répondu à nos questions sur l’évolution de la rechange en Algérie, ces derniers années, en effectuant un parallèle avec le développement du magazine, sorte de révélateur de la professionnalisation du secteur. C’est ainsi que celui qui préside également aux destinées du Club Economique Algérien voit Algérie Rechange : « Nous avons accompagné le journal parce que nous sommes convaincus qu’il apporte beaucoup à notre profession en nous donnant des informations sur le secteur et aussi de la formation technique via les cahiers techniques en franco arabe que nous soutenons, parce que les mécaniciens en ont besoin. Nous avons même distribué le journal dans les ministères où ils  ont été très bien perçus, parce qu’il dresse une vision claire de notre profession et de ses attentes. Le journal a également mis en lumière notre profession en donnant la parole aux principaux importateurs que tout le monde négligeait jusqu’alors. Et cette parole nous est précieuse, parce qu’elle constitue un partage d’expériences très diversifié et évocateur. Il nous a appris à nous connaître entre nous, les importateurs, en dressant le portrait des uns et des autres ou en se faisant le relais de leurs actions. Cela nous permet de mieux comprendre l’ensemble du secteur et de ne pas regarder que sa propre entreprise. Cela nous aide à prendre des décisions et à envisager des projets communs à la profession. »

Révélateur d’expériences

La revue a vraiment fait connaître la profession tout en la faisant réfléchir en même temps. Elle accompagne le mouvement de fond de nos métiers vers plus de formation et de savoir-faire. On peut aussi dire qu’Algérie Rechange nous a permis de passer des messages à nos fournisseurs, aux équipementiers, des messages constructifs destinés à mieux dessiner l’avenir de la profession en Algérie. Parallèlement, en allant au-delà des importateurs qualifiés qui connaissent bien le métier, la revue a informé un grand nombre de professionnels, distributeurs ou revendeurs et jusqu’aux consommateurs finaux, des différences entre produits d’origine, de qualité d’origine, adaptables, et aussi des produits de contrefaçon. Il n’est pas si simple de comprendre la première monte, les pièces vendues par les réseaux constructeurs, les pièces d’équipementiers vendues par nous, etc. C’est un travail de pédagogie que le journal nous aide à faire sur le terrain. Je donnerais même un autre exemple : comment faire comprendre qu’une pièce d’un grand équipementier allemand puisse être mentionnée comme étant fabriquée en Chine ? Bien sûr, nombre d’entre nous savent que les équipementiers ont des usines partout dans le monde qui fabriquent les pièces sur le même cahier des charges des constructeurs et la même qualité sur tous les sites. Cela est difficile à appréhender mais vu écrit dans le journal, c’est plus facile à expliquer  ! »

La formation est primordiale

« De manière générale, chaque activité, chaque spécialité se développe si elle est accompagnée d’informations et de formations. Chaque activité a besoin de supports pour avancer. Nous avons vu le secteur se professionnaliser, nous avons vu arriver de nouveaux services, nous avons vu la qualité des magasins s’améliorer vraiment et nous voyons, maintenant, les mécaniciens, les revendeurs, revendiquer plus de formations et c’est une bonne nouvelle, une nouvelle capitale. Le parc algérien a grossi de 40 % avec des véhicules récents, bientôt les hybrides, les véhicules électriques arriveront dans les ateliers, les véhicules diesel ont été dotés de systèmes antipollution encore plus sophistiqués… La formation des mécaniciens est indispensable. Je profite de mon statut dans l’entreprise, détaché de l’opérationnel, pour réfléchir à l’avenir, pour travailler sur les scénarios possibles de développement en fonction de toutes les informations que je glane ici ou là. Chez nous, on dit « cherche, et tu trouveras », c’est ce qu’il faut se dire en permanence aujourd’hui pour chercher les meilleures façons d’améliorer le service au client. » Et Saïd Mansour de se confier un peu plus qu’il ne l’aurait souhaité : « Nous réfléchissons à une plate-forme informatique pour faciliter les commandes de nos clients, les ventes à distance, mais aussi la communication digitale, les outils numériques à mettre en place. C’est vraiment le moment. L’idée est simple, il s’agit de tout mettre en œuvre pour diminuer les coûts de part et d’autre afin de répondre à la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs. Et cela passera forcément par la digitalisation de nos activités. Nous ne devons pas nous réfugier dans le passé mais bien réfléchir à l’avenir, à donner une vision claire de notre métier, une stratégie d’entreprise qui s’appuie sur tous les nouveaux outils, tout en respectant nos valeurs. Cela signifie former les ouvriers aux évolutions des véhicules de demain et aussi aux moyens de communication et d’information pour qu’ils perdent moins de temps dans leurs commandes, dans tout ce qui n’est pas l’intervention sur véhicule. C’est à nous de tracer la voie, y compris dans la gestion des approvisionnements. Restons positifs et optimistes, nous devrons faire avec les conséquences du Covid, mais tous ensemble nous trouverons des solutions ».

HD

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