Said Mansour, directeur général d’EMSG et membre du Club Economique Algérien

Said Mansour, directeur général d’EMSG  et membre du Club Economique Algérien

« Professionnels de la pièce de rechange, les portes du Club Économique Algérien vous sont ouvertes ! »

Que pensez-vous de l’annonce du gouvernement de revenir sur le 49/51 pour posséder une entreprise en Algérie ?

Il me semble que c’est un signe d’encouragement pour les investisseurs étrangers. Nous en avons besoin pour l’implantation, notamment, d’usines de fabrication de pièces, et cela est valable dans plusieurs secteurs. Après, il sera question des constructeurs, dont il ne faudrait pas avoir pléthore. Quatre constructeurs devraient suffire, à mon sens pour éviter la saturation. Quoiqu’il en soit, nous avons besoin de la stabilité de la loi pour attirer les investisseurs étrangers, parce qu’ils ont besoin d’effectuer des business plans à long terme, ils doivent connaître les droits de douane, la fiscalité, les charges sur les salaires, tout ce qui concourt à l’exploitation d’une entreprise au sens général. Les investisseurs regardent de près les marchés et voient comment évoluent les entreprises qui se sont installées. D’où l’importance de la stabilité que nous recherchons. Je suis confiant au regard des réunions menées par le Conseil National de la Concurrence qui semblent aller dans le bon sens. Les acteurs cherchent à s’informer pour mieux connaître les secteurs d’activités et se prononcer. J’aime profondément mon pays et je souhaite qu’il se déploie et prenne la place qu’il mérite dans la région.

Vous avez plusieurs fois mentionné votre intérêt pour la fabrication, cela relance-t-il vos projets ?

Il est clair que tout ce qui va dans plus de facilité pour attirer des partenaires technologiques nous incite à remettre notre projet d’implantation d’usine sur la table. Il n’en demeure pas moins que nous devons attendre encore un peu, que le gouvernement tranche sur la question de l’importation des véhicules. On en a besoin pour avoir le temps de se rapprocher de nouveau des équipementiers, de voir la question de l’intégration locale, et éviter la montée des prix des véhicules montés ici, etc. Je crois qu’il faut fondamentalement rechercher l’installation de sites de fabrication de pièces.

Vous êtes très impliqué dans la promotion, et la défense de la filière de l’après-vente automobile, comment cela se traduit-il concrètement ?

Comme vous le savez, je participe activement au Club Economique Algérie – nous travaillons actuellement à l’édition d’une nouvelle publication, la précédente à laquelle j’ai participé était consacré à cette question : « Quel modèle économique pour l’Algérie ? Au sein du Club, je concours à la création d’une commission pièces de rechange, qui me tient particulièrement à cœur, une commission qui porterait à la fois sur la distribution et la fabrication de la pièce de rechange de qualité. Ses missions porteraient sur une réflexion globale sur la filière, les différents contrôles à mettre en place, ainsi que des mesures destinées à donner la main aux professionnels pour qu’ils gèrent la filière. C’est pourquoi, j’appelle tous les professionnels travaillant dans la pièce et mettant en avant la qualité, d’adhérer au Club. En effet, c’est nous qui avons établi les fondations du secteur, et il serait profitable à tous que nous puissions parler d’une seule voix auprès des pouvoirs publics sur nos métiers. Nous sommes conscients que des institutionnels, malgré toute la bonne volonté du monde, peuvent prendre des décisions préjudiciables à un secteur d’activité, lorsqu’ils ne bénéficient pas des informations utiles pour se faire un jugement. Or, une profession réunie est crédible et quand elle s’exprime, elle ne défend pas l’un ou l’autre des intervenants mais bien la profession. Si je prends un exemple, je dirais qu’il faut répéter aux autorités, qu’un distributeur ce n’est pas seulement quelqu’un qui a un stock, c’est aussi et surtout quelqu’un qui anime un réseau de distribution et fait en sorte que les pièces circulent dans le pays pour que les mécaniciens puissent intervenir sur les véhicules, pour répondre aux besoins du marché. Nous avons donc aussi besoin de réglementations sur cet aspect de la distribution et que le Grand Public, que les automobilistes bénéficient de conseils et de sécurité de la part des autorités concernées.

Je le répète, à nouveau, nous avons besoin que les professionnels nous rejoignent au sein du Club parce qu’il y a des représentations dans chaque willaya, des bureaux agréés par le ministère de l’intérieur, comme il y a des professionnels partout. Le Club est un lieu d’échanges, de réflexions d’études des problèmes, c’est aussi un lieu qui favorise les relations entre les professionnels indépendants. Il est possible d’y créer des groupes de travail, d’effectuer des formations, ou des séminaires, de créer des franchises de réparation, de mettre en présence des investisseurs et des professionnels de l’après-vente automobile. C’est un terrain neutre et propice à la conception de nouvelles idées. C’est d’ailleurs pour cela, que des contacts avec les universités, avec les jeunes diplômés sont aussi développés, afin de mettre en relation le monde de l’université et celui de l’entreprise. Les portes du Club Economique Algérien vous sont ouvertes !

Propos recueillis
par Hervé Daigueperce

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