RM Benadjaoud : la restauration de moteurs en héritage

RM Benadjaoud : la restauration de moteurs en héritage

Situé à quelques encablures de la zone industrielle de Taharachet à Akbou, dans la willaya de Bejaia, RM Benadjaoud est l’un des plus anciens et plus importants professionnels de la rénovation des blocs moteurs. Au point que ses ambitions dépassent celles des frontières régionales. Prochain objectif de RM Benadjaoud : assurer une couverture nationale et internationale.

L’épopée de la famille Benadjaoud commence en 1975 lors de l’ouverture du premier atelier de rénovation, de rectification et de tournage à Akbou, par Athmane Benadjaoud. C’est en 1990 que la seconde génération de Benadjaoud, Khaled et Touha, rejoint la société familiale avant d’en reprendre les rênes en 2003. Leur enjeu : moderniser et industrialiser les différents procédés de réparation et de rénovation des blocs moteurs et organes.

Alors en plein essor, l’entreprise déménage vers de nouvelles installations à proximité de la zone industrielle. Un local de plus de 1 000 m2, entièrement dédié au moteur, partagé entre l’atelier et le magasin de pièces de rechange au nombre infini de références. Après l’installation de ces nouveaux locaux, place, fin 2003, à une nouvelle organisation. Lorsque les fils, Khaled et Touha décident d’unir leurs forces et leurs compétences – l’une technique et l’autre, managériale – c’est avant tout pour faire de l’atelier RM une véritable PME industrielle où sont rénovées et usinées certaines pièces pour organe moteur. Leur union se scelle donc autour de trois défis : améliorer la qualité de service, réduire le temps de réparation, et répondre à une demande toujours croissante. Pour ce faire, les solutions sont simples : mettre au musée la première génération de machines sur laquelle leur père avait commencé l’activité, pour la remplacer par du matériel neuf, puis recruter… Chose dite, chose faite !

L’orfèvre du moteur

C’est ainsi que Khaled Benadjaoud, aujourd’hui directeur général de CRM, société de distribution de pièces de rechange Federal-Mogul, entre autres, a bien voulu nous ouvrir les portes de ses ateliers. Aujourd’hui, 32 techniciens passionnés, hautement qualifiés pour ce métier, rois des procédés de rectification, de réfection ou d’usinage de pièces œuvrent dans cet atelier qui abrite plus de 20 machines de dernière génération. Un parc d’équipement riche permettant de répondre aux normes et tolérance des constructeurs, et où se côtoient un savoir faire et un vocabulaire varié qui rime avec alésage glaçage, fraisage, rectification de bielle de vilebrequin, rabotage de culasse, ou encore ajustage d’axe…

Concrètement, après la réception, le démontage et le nettoyage, les blocs moteur sont passés dans des aléseuses et fraiseuses pour polissages et glaçage. Une opération importante qui nécessite d’être réalisée sans précipitation et dans le respect des recommandations des constructeurs. Les culasses, les vilebrequins, les bielles et autres pièces sont rectifiés pour améliorer la qualité de surfaçage. Chacun des organes et des pièces mécaniques sont réparés à l’aide de machines ad hoc qui sont toutes munies de supports technologiques afin d’atteindre des résultats similaires à ceux de l’original, destiné à la première monte. « Rien n’est laissé au hasard. Des machines de contrôle de mesure, des scanners spécifiques aux culasses, des équipes de personnel qualifié, au cadre de réception, d’accueil et d’écoute, en passant par des machines-outils spécifiques de différentes tailles selon les dimensions des moteurs », explique Khaled Benadjaoud, avec une parfaite maîtrise du sujet.

Bientôt de l’échange standard au nom de Benadjaoud ?

Lui aussi habité par son métier, Khaled Benadjaoud, qui a gravi tous les échelons avant de prendre les commandes des deux entreprises familiales, ambitionne à court terme de se lancer dans un processus plus à la pointe en industrialisant davantage. Son but : proposer des produits en échange standard en rénovant, revendant et en exportant des moteurs avec garantie…

Pour mener à bien de telles ambitions, les fils Benadjaoud ont d’ores et déjà acquis un terrain de 8 000 m2. Le projet présenté par Khaled Benadjaoud est prêt, les possibilités financières sont là, les banques qui l’ont accompagné pour ses premiers développements sont prêtes à lui renouveler leur confiance. Bref : « la rénovation moteur à grande échelle est une alternative à l’export qui est désormais possible », assure-t-il.

« Aujourd’hui, nous avons le savoir, la maitrise technique, des délais et des coûts ». Une ambition qui n’est pas dénuée d’intérêt puisque l’exportation de moteurs rénovés en Algérie permettrait une plus value non négligeable en devises pour le pays, comme l’aime à le préciser notre interlocuteur. « Nous sommes compétitif au niveau international. Reste juste à mettre le cadre légal, c’est à dire à obtenir la permission de l’importation à la tonne et de la revente à la pièce », conclut-il à ce sujet.

En attendant, RM poursuit son développement et son expansion à d’autres segments de marché, comme celui des deux roues par exemple.

« De nouveaux investissements sont aussi consentis pour la réparation de pièces moteur sur les petites cylindrées, même si cela demeure encore un marché de niche », précise Khaled Benadjaoud. Qu’importe, de nouvelles machines, dédiées à ces opérations spécifiques, sont entrées en production dans l’entreprise dès 2017 pour satisfaire la demande, aussi petite soit-elle. Et le directeur général de cette société familiale de conclure : « Nous essayons de réponde toujours au mieux et nous nous devons de ne refuser aucune demande de réparation quels que soient les types de moteur ».

   Karima Alilatene

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