« Les réparateurs n’osent pas encore réinvestir dans l’équipement »

« Les réparateurs n’osent pas encore réinvestir dans l’équipement »

Evoluant entre ses plateformes de Constantine et d’Alger, Abdelkrim Djerbellou, le patron de Djerbellou Soons Motors, distributeur historique de Bosch et arborant les couleurs de l’Autodistribution, hésite entre amertume, bonne conscience et humilité face à la crise du Coronavirus. Amertume, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que l’inauguration de leur nouveau bâtiment destiné à desservir le grand Alger était à peine terminée que la crise de la COVID-19 l’obligeait à le mettre en stand-by : « Nous n’avons pas eu le temps de faire connaître notre nouvelle adresse aux prospects algérois que nous devions arrêter en raison des fermetures préconisées par le gouvernement et le confinement. Ce n’est que depuis peu, avec les nouveaux horaires de confinement que nous avons repris une activité, et encore timidement. Nos clients sur la région d’Alger ont bien sûr suivi sur notre nouvelle adresse, mais les nouveaux sur lesquels nous comptions, restent à venir » nous confie Abdelkrim Djerbellou. Autre sujet d’inquiétude, la baisse drastique des commandes d’outils de diagnostic qu’il comprend et dont il nous fait part en ces termes : « Les ventes d’outils de diagnostic ne sont pas au rendez-vous et nous le comprenons, parce que les raisons invoquées nous sont familières : comment investir plusieurs milliers d’euros, quand on ne sait pas de quoi demain sera fait ? Aujourd’hui, la reprise est annoncée mais les garagistes font preuve de prudence et ne veulent pas s’endetter alors qu’ils ne savent pas s’ils vont pouvoir travailler normalement. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous vendons essentiellement des consommables pour l’entretien et la réparation des véhicules comme les courroies, les filtres, les plaquettes, etc. ».

DS Motors aux côtés de ses clients

Si les garagistes peuvent encore travailler, c’est aussi parce que l’entreprise a continué de fonctionner dans le respect des nouvelles règles et en ajoutant des services. En effet, ils ont effectué les livraisons de pièces à leurs clients eux-mêmes, puisque les clients ne pouvaient pas venir, que les transporteurs n’étaient pas aussi disponibles, et que les passages entre les willayas n’étaient pas autorisés (mis à part les véhicules de transport). « Nous prenions les commandes et les enregistrions puis nous livrions nous-mêmes nos clients. Un service que nous assurons régulièrement mais qui, dans cette situation, s’est révélé indispensable. D’ailleurs, nous avons noté des vides sur le marché que je ne comprends pas trop, si ce n’est par le manque de disponibilité de stocks et de moyens internes de transport ? C’est vrai que nos prestations ont un coût non négligeable, mais elles nous permettent de garder nos clients et de rester présents sur le marché », ajoute Abdelkrim Djerbellou. Et quand on lui parle du retour des importations de véhicules et donc d’un appel d’air sur les équipements de garage, il reste très prudent : « Nous ne disposons pas encore de tous les éléments concernant l’importation, et la crise sanitaire peut retarder encore les choses. On ne peut pas se projeter dans l’avenir et parier sur le renouveau d’un marché avec aussi peu de visibilité. » Néanmoins, il ne se plaint pas, et considère que par rapport à d’autres situations, celle de DS Motors s’avère plutôt rassurante. Hervé Daigueperce

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