Ouaffik Hadj Abderrahmane, président directeur général d’automotors-pro

Ouaffik Hadj Abderrahmane, président directeur général d’automotors-pro

« Certains équipementiers ont ouvert leur distribution intelligemment et ils y ont eu recours parce que la nécessité s’était fait sentir. D’autres ont adopté une mauvaise stratégie en augmentant trop leur nombre de distributeurs. »

Ouaffik Hadj Abderrahmane n’est pas homme à se laisser désarçonner, ce qui aurait dû lui permettre d’affronter la crise sanitaire en position de force, pourtant, il le reconnaît lui-même, la période lui pèse, certes, pas au point de lui faire perdre l’enthousiasme quant aux projets futurs, mais comme d’autres comme lui, amené à bouger beaucoup, il en attend l’issue avec beaucoup d’impatience. Quant à nos questions, il les a, comme d’habitude, accueillies avec une grande sagacité. « Ainsi, reconnaît-il, la rechange automobile, en Algérie, a beaucoup évolué ces dernières années, notamment si l’on se réfère aux années qui ont précédé, une évolution qui s’est traduite par une meilleure organisation des importateurs. Cependant, parallèlement, il s’est créé une certaine cacophonie dans la répartition du marché. Les importateurs ont toujours été spécialisés par type de véhicules, les uns s’occupant des pièces pour les voitures françaises, les autres pour les voitures allemandes ou pour les voitures asiatiques. Ces dernières années, il est apparu un glissement au cours duquel trop de spécialistes sont devenus des « généralistes » en ajoutant des gammes. Cela n’a pas été profitable au marché, au final, parce que cela a déstabilisé les clients qui avait leurs repères, qui savait où aller chercher leurs pièces pour les voitures françaises, et où aller chercher celles pour les véhicules allemands ou asiatiques. Aujourd’hui comme tout le monde fait un peu de tout, cela perturbe le client. Mais, c’est le seul point négatif que je peux noter dans l’évolution de la rechange ces dernières années, et même ce point n’a pas empêcher les vrais professionnels de bien s’ancrer dans le marché ».

Les marques en étendard

Reprenant sa perception des professionnels de la rechange, Ouaffik Abderrahmane nous conforte sur la « qualité » des acteurs de la rechange : « Les vrais professionnels, les piliers de notre métier ne font pas n’importe quoi, ils connaissent leurs responsabilités et font appel à des fournisseurs de la première monte ou fabriquant de la qualité équivalente à la première monte. Ils font attention à ne pas faire entrer de la contrefaçon, et à maintenir des prix stables. En ce moment, si on assiste à une augmentation des prix, elle est purement mécanique par rapport à une baisse du cours du dinar. » Quant aux fournisseurs dont on a vu les rapprochements, les fusions acquisitions qui auraient pu affecter d’une manière ou d’une autre le marché, Ouaffik Hadj Abderrahmane en conclut ceci : « Toutes ces fusions, ou rachats de groupe ne nous ont pas gênés. Ce que l’on a pu observer en revanche, c’est l’ouverture de leur distribution par les équipementiers. Certains l’ont fait intelligemment et ils y ont eu recours parce que la nécessité s’était fait sentir. Mais d’autres ont ouvert sans trop réfléchir et, ce, à trop de distributeurs à la fois, alors qu’une telle politique ne peut mener qu’à la casse du produit, des prix, et, au final, du marché ». Et quand on demande au patron d’Automotors-Pro si les équipementiers en question l’ont fait sous l’effet de la panique, craignant de ne pas atteindre leurs objectifs, le commentaire de Ouaffik Abderrahmane est sans appel : « il n’y a pas eu de panique, mais des erreurs de stratégie de la part de certains, des fournisseurs qui ont trop multiplié le nombre de distributeurs au détriment de leur propre marque. D’autres ont su ouvrir le marché intelligemment, et de telle façon qu’on ne pouvait pas le leur reprocher. Il s’agit purement de stratégie, me semble-t-il ».

40 ans de pièces de rechange…

Si l’on cherche à en savoir plus sur la stratégie d’Automotors-Pro, Ouaffik Abderrahmane s’en amuse et répond : « Nous avons fait évoluer notre stratégie, modifier certaines choses et augmenté régulièrement notre chiffre d’affaires. Mais, je n’en dirais pas plus, cela fait 40 ans maintenant que je suis dans la pièce de rechange et j’ai encore beaucoup d’idées derrière la tête que j’ai utilisées ou que je vais mettre en forme. Cela ne se communique pas ! D’autant que je me suis mis à 100 % dans la pièce de rechange, cela permet de bien réfléchir au sujet. » Donc plus d’importation de voitures ? « L’importation de voitures, c’est une autre société et j’espère bien pouvoir bientôt importer de nouveau des Mercedes-Benz. Je suis toujours distributeur de la marque et j’ai déposé le dossier que demande le ministère pour l’obtention des agréments. Pour l’instant, j’ai rempli les critères du cahier de charge à 100 %. Il faut dire que je n’ai jamais abandonné l’activité, ouvert des points relais, entretenu les véhicules, les ateliers, formé les personnels. En dehors de l’importation de véhicules neufs qui a été arrêtée pendant 5 ans, il y a beaucoup de tâches à accomplir dans le service après-vente et dans le maintien des compétences. Nous avons tout le temps travaillé pour Mercedes Benz au niveau des ateliers ». Et quand on lui demande si les nouveaux véhicules, les nouvelles technologies peuvent poser des problèmes en termes de maîtrise des pièces de rechange, Ouaffik Hadj Abderrahmane se montre serein : « Nous nous adapterons comme nous l’avons toujours fait. Nous disposons d’équipes très performantes auxquelles nous faisons et ferons délivrer des formations y compris par les fournisseurs des pièces de rechange. Nous travaillons aussi sur des plateformes informatiques pour la pièce de rechange. Nous évoluons avec le temps ! »

HD

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