Mourad Ouar anoblit le statut de distributeur

Mourad Ouar anoblit le statut de distributeur

Sans aller à contre-courant de la pensée dominante, et surtout des injonctions gouvernementales en faveur de l’implantation de sites industriels, Mourad Ouar rappelle, non sans un certain bon sens, le rôle et la nécessité du distributeur de pièces et de l’importateur.

« Nous attendons des nouvelles » exprime Mourad Ouar, le patron des Etablissements du même nom, résumant, en une courte phrase, les souhaits d’une profession, que les différentes annonces gouvernementales accompagnées des aussi nombreuses rumeurs, animent au quotidien. Pour Mourad Ouar, il est clair que « les nouvelles lois ont impacté nos affaires de façon importante puisqu’il a fallu, dans un très court délai, changer les méthodes d’importation, sur le plan administratif. » Cela n’altère cependant ni son enthousiasme pour la suite des opérations, ni ses résultats, puisque la maison Ouar a pris de nouvelles parts de marché en 2017 et continue de prendre de nouvelles cartes comme Wahler (groupe Borg-Wagner) en pièces électroniques, thermostats, vannes EGR, et d’autres dont le nom est encore confidentiel. « Nous avons progressé dans notre business de manière générale » nous confie-t-il avant d’ajouter que s’il n’est pas présent sur Equip Auto Alger, c’est parce qu’il préfère procéder par alternance : « Quand on fait partie de la famille des pièçards depuis 25 ans, inévitablement on se connaît tous et on travaille tout aussi bien. Et on expose l’année suivante. »

Et si on parlait fabrication ???

« La transition de la distribution à la fabrication ne se veut pas aussi évidente qu’on voudrait le croire », précise Mourad Ouar, avant d’expliquer : « Ce sont deux métiers différents et on peut faire de l’industrie à condition de ne pas faire les deux en même temps, cela me semble difficile. Par ailleurs, pour se lancer dans la fabrication, il faut un environnement juridique, économique, et porteur d’un potentiel favorable pour qu’on puisse y aller, qu’on envisage un retour sur investissement rationnel. Pour cela il faut que le marché soit demandeur, avec un volume suffisant pour l’industrialisation que complèterait l’export. En outre, il faut le soutien d’un équipementier ou d’un fabricant de pièces de rechange international. » Rien d’impossible mais qui ne doit pas occulter le fait que l’on aura quand même besoin de la distribution, : « Que nous ayons plus d’industries dans notre pays est une bonne chose, mais il ne faudrait pas croire que cela supprimerait la distribution, ou l’importation. Il existe des millions de références pour assurer la maintenance des véhicules et leur réparation, nous ne serons jamais capables de les produire pas plus que les grands pays historiquement forts dans la fabrication de pièces. L’Allemagne, la France les Etats-Unis continuent d’importer des centaines de milliers de pièces détachées parce qu’ils ne peuvent pas alimenter le marché ni traiter tout le parc avec leurs seules productions ! Enfin, sur ce point, n’oublions pas que là comme ailleurs, c’est le règne de l’économie de marché ! »

Pour autant, Mourad Ouar ne rejette en aucune façon le désir d’industrialisation : « Pour être au service de l’économie, il faut pouvoir prendre les bonnes décisions et nous sommes prêts à aider l’Etat à le faire en apportant notre soutien. Ce que nous recherchons avant tout, c’est l’intérêt de notre pays et nous voulons mettre à disposition de l’Etat toute notre expérience. Il faut, en effet, que les décideurs au niveau de l’Etat prennent bien en compte les différences entre la distribution et la complémentarité de la fabrication dans tous les pays ». De la même façon, « le fabricant ne pourra s’assurer d’une distribution efficace que si celle-ci commercialise des gammes entières, soit de provenances fortement diverses et de familles différentes, » commente Mourad Ouar.

Amerigo, une alternative ?

« L’union fait la force, assène Mourad Ouar, avant de poursuivre qu’il souhaite devenir un maillon de cette force et en profiter logiquement. Ses ambitions s’énoncent simplement :
« J’attends d’avoir un soutien et des avantages vis-à-vis de mes fournisseurs, représenter une force. Nous avons fait, chez nous, un parcours sans faute nous avons travaillé de longue haleine pour améliorer la disponibilité, la ponctualité, le sérieux, pour développer les marques et les gammes. Nous souhaitons en récolter les fruits. Qui ne tente rien n’a rien, et cela ne peut être qu’un plus ».

   Hervé Daigueperce

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