Mourad Abdi, directeur général de Topnet

Mourad Abdi, directeur général de Topnet

« Les clients sont plus demandeurs de qualité, de protection des carrosseries de leurs véhicules, de l’aspect des peintures après lavage… »

Acteur majeur en Algérie du secteur de l’entretien et surtout du lavage – il est distributeur exclusif de Washtec sur le territoire national, Mourad Abdi nous commente l’évolution du secteur avec beaucoup de finesse et de vérité. Au commencement, il prévient : « Il est impossible de tirer des conclusions sur le marché du lavage en se référant aux deux années qui viennent de se passer compte tenu d’une conjoncture aussi inédite. Les données sont forcément faussées. » Et Mourad Abdi d’illustrer son propos en évoquant les conséquences chiffrées du seul Coronavirus : « Lorsque nous avons lancé un tunnel de lavage ultra moderne en 2019, le succès a immédiatement été au rendez-vous comme en attestent les 26 000 lavages en moins de 7 mois (de juillet à janvier 2020) et, ce, en phase de démarrage ! Les mois qui ont suivi devaient donc voir ces chiffres au moins doubler, or en 11 mois, on a réalisé seulement 25 000 lavages ! Les périodes de confinements, les couvre-feu – alors que nous ouvrons normalement jusqu’à minuit, ou encore les restrictions de déplacement ont conduit à cet effondrement des lavages que je peux mesurer au jour le jour, puisque les stations ont des compteurs officiels ». Des effets catastrophiques alors que les comportements des algériens se portent sur la qualité et le type de portiques et de tunnels que commercialise et installe TopNet. A noter une reprise en janvier : « Pour janvier 2021, nous avons relevé 2500 lavages, ce qui montrerait un redémarrage de l’activité ».

La qualité du lavage recherchée

Des portiques de qualité, des tunnels de lavage sophistiqués attirent-ils les consommateurs algériens ? Oui, répond sans hésitation Mourad Abdi qui précise : « Nous avons noté que les clients sont plus demandeurs de qualité, de protection des carrosseries de leurs véhicules, de l’aspect des peintures après lavage. Nous avons été très surpris qu’ils choisissent en majorité les programmes les plus complets et donc les plus chers. Nous avons, en effet, établi une grille de tarifs évolutifs pour attirer tous les types de clientèle, or, paradoxalement, à 90 % les clients préfèrent le programme le plus complet, le plus cher. Lorsque nous avons effectué le business plan, nous avions programmé du 40/60, soit 40 % des consommateurs sur le tarif le plus abordable et 60 % sur le plus complet et nous atteignons l’inverse avec 90 % sur le tarif le plus élevé contre 10 % sur l’entrée de gamme. » Et lorsqu’on demande s’il a communiqué sur la qualité et la protection des carrosseries pour attirer du monde, Mourad Abdi nous révèle qu’il n’y a pas eu de démarche spécifique préalable pour vanter les équipements et la valorisation des véhicules en fonction des programmes, mais que le choix des programmes émane des consommateurs eux-mêmes, lorsqu’ils arrivent dans leurs installations, des clients qui veulent le meilleur pour leur automobile. « Quand les clients viennent dans la station, ils savent ce qu’ils veulent et choisissent l’ensemble, le polish, le nettoyage des jantes des bas de caisse, le lavage sous le châssis… Les Algériens aiment leur voiture et choisissent la qualité pour les maintenir belles ! A telle enseigne, que nous avons relevé pour une voiture et par an jusqu’à 70 lavages de la part d’un client ! »

Un retour sur investissement rapide

Lorsqu’on évoque le désir des clients d’adopter un comportement plus environnemental, qui expliquerait l’attractivité des stations de lavage sophistiquées d’aujourd’hui, Mourad Abdi se montre plus réservé : « Que les clients apprécient que nous utilisions des produits biodégradables à 99,90 %, que la station bénéficie de systèmes de recyclage d’eau, etc. j’en suis convaincu. Maintenant, je ne saurais dire s’ils viennent vraiment pour cela parce que nous ne mesurons pas les informations qu’ils détiennent à ce sujet ».

Le succès des stations de lavage de qualité a dû faire des émules, avons-nous posé comme question à Mourad Abdi, voici sa réponse : « Après l’inauguration du dernier tunnel de lavage, nous avons été littéralement submergés de demandes d’installations de stations de lavage mais la période du Covid a mis un coup d’arrêt à ce développement. Il faut ajouter que nombre de demandes émanaient de personnes qui s’imaginaient que l’implantation d’une station ne coûtait presque rien ! Ils ont forcément été déçus même si le retour sur investissement s’avère extrêmement rapide. En deux ans, ou à 3 ans maximum, en fonction de sa position géographique, l’affaire est rentabilisée, cependant, les investisseurs sont timides parce qu’ils ne voient pas bien l’avenir. Ce que je peux comprendre. Pourtant sur une de mes machines, j’affiche les 50 000 lavages … en très peu de temps ! L’avenir nous dira comment cela se passe mais il est encore trop tôt pour faire des prévisionnels fiables ! »

HD

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