Mohammed Siad, président du groupe SIAD

Mohammed Siad, président du groupe SIAD

« La rechange s’est professionnalisée »

«En 5 ans, la rechange s’est professionnalisée, observe Mohammed Siad, et s’il fallait noter un autre élément phare, je dirais que nous avons vu apparaître beaucoup de nouveaux acteurs, de nouveaux intervenants dans le métier. » Une bonne chose avons-nous demandé  ? La réponse est mitigée : « C’est une belle chose pour la profession et prouve qu’elle est vivante. Cependant, il faut prendre garde à ne pas saturer le marché et éviter la guerre des prix et l’appauvrissement des marges » commente-t-il. Un marché qui ne s’est pas agrandi du fait de l’arrêt de l’importation des véhicules neufs : « Nous ne profitons pas de cette situation parce que nous ne vendons pas plus de pièces de rechange, les automobilistes effectuant les entretiens normaux. De fait, le parc n’augmentant pas, nous ne prenons pas plus de parts de marché car qui dit véhicules neufs, dit opportunités de nouvelles ventes, donc nous attendons le retour des VN ».

Et dans 5 ans ?

« Nous avons peu de visibilité, on ne peut que souhaiter que la rechange évolue dans le même sens qu’en Europe où l’automobiliste ne se préoccupe pas d’acheter sa pièce ici ou là, à des revendeurs mais au garagiste. Si l’on arrive à cela, ce sera une bonne chose pour tout le monde, les importateurs deviendront des grossistes, les garagistes achèteront les pièces, et l’ensemble contribuera à assainir le marché et à lutter, par ricochets, contre la contrefaçon. La rupture de responsabilité qu’engendrait l’achat de la pièce par l’automobiliste serait annihilée. D’autant que les réseaux constructeurs vont revenir en masse, dès l’obtention des licences et vendre des pièces à tous les niveaux de la distribution, y compris sur le multimarque. » Du côté des fournisseurs, Mohammed Siad ne voit pas de changement majeur, si ce n’est la nouvelle réglementation qui ajoute 45 jours d’attente de règlement chez le fournisseur. Et lorsqu’on demande à Mohammed Siad s’il a des projets, il répond « aucun » et comme on ne le croit pas, on lui repose la question, et il reconnaît que son grand projet porte sur la création d’une association de professionnels, ou d’une fédération qui réunirait importateurs et professionnels des autres métiers de l’automobile, y compris les fabricants de pièces pour l’aftermarket. L’objectif étant de dépasser les rivalités intestines pour faire progresser toute la chaîne de valeur de la rechange automobile, de trouver des solutions pour la professionnaliser, et aussi pour aborder les nouvelles technologies comme les véhicules hybrides, électriques, etc. « D’ailleurs, commente-t-il, suite à l’article paru dans Algérie Rechange, plusieurs importateurs et même plusieurs équipementiers m’ont contacté pour dire tout le bien qu’ils pensaient du projet. » A suivre, donc.

HD

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