Mohamed Lamine Kadri, directeur général Kadiri import-export

Mohamed Lamine Kadri, directeur général Kadiri import-export

« Nous apportons désormais une offre globale dans la moto en commercialisant, en plus des lubrifiants, les pièces et les accessoires

Cinq ans, cela paraît court, pourtant, il peut s’en dérouler des mutations en quelques années, comme chez Kadiri où l’entreprise a entièrement changé de cap, en prenant un joli risque qui s’est avéré de grande conséquence… pour sa croissance !  Il y a 5 ans, Mohamed Lamine Kadri officiait comme un généraliste des lubrifiants, à la tête d’une petite entreprise qui voyait la concurrence poindre et se diriger vers une guerre des prix à laquelle il ne voulait pas participer. C’est ainsi qu’il décida de changer de braquet, en privilégiant des marques de grands noms du lubrifiant international, des marques qu’il s’engageait à distribuer dans les règles de l’art. Mais des marques, a priori, plus chères sur un marché bien couvert par les pétroliers comme Total, Castrol ou Naftal. « Le choix était peut-être risqué, néanmoins, je ne partais pas seul, j’étais accompagné par les marques elles-mêmes, dont la réputation de qualité était avérée, mais surtout qui mettait à disposition un arsenal marketing et communication éprouvé. En représentant Liqui Moly, Bardahl, Wolf Oil ou encore Ipone (pour les motos), je mettais sur le marché des huiles de très grande qualité, bénéficiais de supports très bien conçus et nombreux, tout en étant compétitif. En mettant une huile de qualité, l’automobiliste passe de 3 à 4 vidanges par an à 1 ou 2, le calcul est vite fait (huiles de synthèse de qualité versus huiles minérales standard). Mais tout ceci nécessite de la pédagogie, des explications, ce que nous avons fait auprès de nos clients en allant les voir et en présentant les produits. Au final, en cinq ans, nous sommes passés de généraliste à spécialiste, de petite à moyenne entreprise. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir, en complément, des huiles en négoce comme Castrol ou Total. Simplement, maintenant, elles représentent 30 % de notre chiffre d’affaires quand elles montaient à 70 % il y a cinq ans, cela n’a plus rien à voir ! »

Des soutiens sportifs !

Travailler avec Liqui Moly, Bardahl, Wolf Oil ou Ipone, pour le patron de Kadiri c’est bénéficier d’un rayonnement international tourné vers le sponsoring et la compétition, mettant en évidence, également, les homologations constructeurs comme il nous l’explique : « Vendre de l’huile, tout le monde peut le faire, mais tout le monde n’est pas spécialiste ni ne peut se targuer de commercialiser des produits qui ont les homologations de base avec les constructeurs automobiles. Avec les marques que nous représentons, nous savons que les constructeurs les ont approuvées et les recommandent. C’est pour cela que nos marques sont aussi visibles dans les compétitions sportives où elles sont choisies. Liqui Moly est présent dans le championnat du monde de moto GP (il est fournisseur officiel), il est sponsor officiel de la F1 et participe également à de grands championnats sportifs en sports de glisse ou en handball comme sponsor. Du côté de Bardahl, ils ne sont pas en reste, en étant le partenaire de Sébastien Loeb, 10 fois champion du monde des rallyes, qui participe aux 24 h du Mans, au Paris Dakar, etc. Quant à Wolf, l’entreprise est devenue sponsor officiel du WRC et participe également à d’autres événements. Ce qui est important, c’est que les marques n’hésitent pas à investir pour leur notoriété en s’appuyant sur la qualité de leurs produits et leurs homologations, mais cet investissement est mis au service de leurs distributeurs qui peuvent en bénéficier en toute transparence ». La politique d’investissements des marques exige également des partenariats d’excellence qui se traduisent, en Algérie, par des contrats d’exclusivités avec Kadiri : « Ils nous font confiance et nous dépensons toute notre énergie à développer les marques sur tout le territoire, en tissant des liens aussi étroits avec nos clients. Cette année, nous n’avons pas pu être aussi présents sur le terrain à cause du Covid mais nous avons été à côté d’eux en digital et avec les opérations digitales des marques. » commente Lamine Kadri.

Comme une famille…

Le choix opéré par Lamine Kadri a été porteur et a été très bien suivi par ses clients parce qu’au final le calcul économique est gagnant. Il y a plus que cela. En représentant ces marques, l’équipe de Kadiri intègre une grande famille de distributeurs du monde entier, partageant ensemble les mêmes valeurs, se retrouvant lors d’événementiels sportifs ou de rencontres business ou formation, organisés par ces grandes marques. C’est pourquoi, Lamine Kadri entend ne pas prendre de nouvelles marques. D’ailleurs le marché ne le permet pas vraiment comme il l’explique : « Le marché des lubrifiants n’est pas extensible et plus on ajoute de marques, et plus on ajoute de distributeurs, plus on restreint la part de marché dévolue à chacun. Ce sont de mauvais calculs que font certains. Cela ne nous empêche pas de constater que le secteur se professionnalise. On a vu de nouveaux acteurs arriver en Algérie en faisant la promotion de marques nouvelles, ils sont plus ou moins actifs et les produits sont plus ou moins bons. Il y a une dizaine de marques nouvelles dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant. Trop de marques ne favorisent pas le marché et égarent le client. De notre côté, nous restons fidèles en accroissant services et partenariats et notre stratégie s’avère payante ».

Tout pour la moto

Conscient que l’avenir ne bénéficiera peut-être pas au secteur du lubrifiant si les véhicules électriques deviennent légion, Lamine Kadri joue la carte de la diversification en élargissant ses prestations sur le domaine de la moto. Déjà fournisseur des lubrifiants pour motos avec une belle croissance dans le domaine, Kadiri se lance désormais dans les pièces et accessoires pour ces engins ! Une première ! « Nous nous sommes lancés un nouveau challenge au niveau de la moto parce que si nous vendons beaucoup de lubrifiants pour moto, il reste bien des parts de marché à prendre en accessoires et en pièces. Nous apportons désormais une offre globale dans la moto en commercialisant, en plus des lubrifiants, les pièces et les accessoires. Nous allons nous aider pour constituer notre catalogue produits sur les partenaires de Nexus International que nous avons rejoint au printemps dernier. Nous espérons beaucoup de ce développement, parce que nous sommes convaincus que les modèles économiques sont en train de changer. Il ne s’agit plus d’investir gros pour gagner mieux comme dans le temps, et comme en atteste le développement exponentiel du groupement Nexus International. En revanche, il faut savoir se diversifier au bon moment, trouver le bon rail et bien le travailler. » Et quand on lui demande si les importations de véhicules sont une bonne chose, il répond avec sérénité : « J’espère que cela boostera le marché. Je suis d’ailleurs favorable à l’importation des véhicules de moins de trois ans qui ont besoin de filtres, de vidanges, etc. Le retour à l’importation devrait relancer le marché de la pièce de rechange et des lubrifiants. Car, faut-il le préciser, la crise sanitaire n’a fait qu’empirer la crise économique. On a vu les commandes se réduire dans tous les domaines, et les professionnels commander plutôt des cartons que des containers pour éviter de trop investir, de trop se démunir en trésorerie par manque de visibilité. Les gens ne veulent pas prendre de risques car on ne sait pas où l’on va. Il nous faut tenir compte de tout cela pour mener à bien notre activité ».

HD

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