MMS révolutionne le monde du poids lourd

MMS révolutionne le monde du poids lourd

Avec un centre technique multimarque en pleine ébullition, à Rouïba (Alger), un autre en préparation à Béjaïa, Max Maintenance Service de Jeem Holding poursuit, parallèlement, son développement dans le poids lourd par la création de points de vente de distribution de pièces poids lourd dans tout le pays. Retour sur une aventure hors norme. 

Les biomatériaux, matière première de l’avenir…

Nous avions été les premiers à leur consacrer un reportage, alors que le centre MMS de Rouïba n’était pas encore ouvert à ce public très exigeant des détenteurs de véhicules industriels. Le pari semblait osé, et nous nous étions promis de retourner voir le résultat de tant d’efforts, un peu plus d’un an après. On nous disait les pros du poids lourd réticents au multimarquisme, si bien qu’en découvrant le nombre impressionnant de véhicules chez MMS, nous avons vraiment été surpris et sommes revenus sur nos idées reçues…  et avons pressé de questions, le manager, directeur des opérations, Mohamed Babaci. Un homme dont la carrière s’est forgée dans le monde automobile (16 ans d’expérience dont 14 chez Peugeot Algérie), un homme qui a pris ses fonctions en avril 2018, à la fois tenté par un challenge hors norme et abasourdi par la tâche à accomplir, comme il nous l’explique : « Lorsque je suis arrivé, j’ai été séduit par ce nouveau concept, une formule qui n’existait nulle part ailleurs, et qui se définissait ainsi : prendre en charge sept marques, et assurer l’entretien de ces sept marques. C’était particulièrement difficile parce que tous, ici, nous étions marqués par un historique mono-marque, par des habitudes, des réactions, des comportements, acquis chez un constructeur monomarque qu’il soit VL ou PL. En clair, nous devions être multi cerveaux ! Il fallait trouver des techniciens à même de changer, plusieurs fois par jour, de véhicules de marques et de culture différentes, parce que si la mécanique reste la même, tout le reste est différent. Les camions ne s’usent pas de la même façon, la gestion de l’approvisionnement des pièces de rechange devient extraordinaire, tout s’avère démesuré, alors que nous devions lutter, intellectuellement, contre nos schémas monomarques. Au début, nous avons essayé de calquer ces modèles, mais avons vite abandonné pour créer quelque chose de forcément atypique, de nouveau et de spécifique à MMS. »

Réparation garantie 6 mois, et tiers payant en première nationale !

Aujourd’hui, tout tourne à 200 %, et les camions se succèdent à un rythme de 160 à 200 entrées par mois, toutes marques confondues ! Et comme le précise Mohamed Babaci, « A la différence des centres de service, nous réalisons tous types d’interventions, des petits travaux à 20 000 dinars, jusqu’aux grosses opérations comme la rénovation de boîtes ou de moteurs. Au début, nous voyions arriver essentiellement des Renault, des Volvo ou des Mann, maintenant, nous recevons également des Mercedes (et ils ne s’interdisent pas d’intervenir sur des camions coréens ou japonais, mais pas les chinois, ndlr). Nous ne nous reposons pas sur nos lauriers, parce que nous nous doutons bien que la concurrence nous observe de très près. C’est pourquoi, nous nous donnons les moyens de prendre toujours un pas d’avance. Cela passe par l’implantation de nouveaux MMS, comme celui de Béjaïa, et bientôt d’autres, dans les grandes régions d’Algérie, mais aussi par de nouveaux services. C’est ainsi que nous avons initié le tiers payant pour le Poids lourd, une première en Algérie. Nous avons, en effet, contracté une convention avec la SAA, et nous comptons élargir ces accords. Parallèlement, nous allons signer un accord avec les dépanneurs. Notre objectif consiste à effectuer les plus grosses interventions et au prix le plus attractif, en rénovation, réparation comme en carrosserie. » Le sérieux de la proposition s’illustre au travers de la garantie de six mois accordée à chaque intervention. Pour l’heure la plupart des accords trouvent leur accomplissement dans le centre du pays, mais dès que les autres MMS seront opérationnels, le groupe se tournera vers les grandes flottes internationales. Et pour cela, il faut une logistique pièces et ressources humaines importante.

Un projet, une équipe !

Lorsqu’on demande à Mohamed Babaci, comment il explique la réussite de ce nouveau concept, il parle de réactivité, de souplesse, de compétences, s’arrête puis reprend : « Tout le monde est impliqué, ici, et le succès s’explique par la motivation de chacun. C’est cela qui a fait la réussite de l’entreprise, et du développement à la fois du centre, et de la vente des pièces. Nous partageons nos informations, nous écoutons à plusieurs les propos de nos clients, leurs demandes et réalisons nos offres également à plusieurs, nos commerciaux sont briefés et viennent dans les centres. Du côté de la direction, nous sommes avec les commerciaux sur les routes ou dans la fosse avec les techniciens. Cette implication va même au-delà puisque nous « éduquons » les chauffeurs, les chefs de parcs, pour leur proposer des solutions de réparations au cœur même de leur flotte. C’est une grosse demande de la part des chefs de parcs. » Et parallèlement, la distribution des pièces détachées bat son plein avec un réseau de revendeurs et des commerciaux sur site. Et lorsqu’on est agréé Mahle ou Knorr Bremse comme centre de formation, la crédibilité n’en est que plus forte. MMS se positionne, en termes de prix entre les concessionnaires, et les petits garagistes, cela vaut pour le tarif MO comme pour le prix des pièces. Une partie des pièces détachées est directement importée, l’autre achetée auprès des importateurs spécialistes du pays, les pneumatiques sont acquis en Algérie. « On trouve des choses étonnantes, ici, et bien sûr des importateurs qualifiés, c’est d’autant plus important quand on sait que sur un camion, on peut compter 10 000 références de pièces. Si vous multipliez cela par le nombre de modèles et de marques, vous comprenez que la gestion des approvisionnements et la logistique sont capitales pour qu’aucun camion ne reste à quai ! »

L’humain au centre de tout

Autant le CRM ou Customer Relation Management est devenu une tarte à la crème en Europe, autant, en Algérie, c’est un concept qui se pratique parfois sans le savoir mais il est rarement intégré dans le « cahier des charges » de l’entreprise. Chez MMS, le client est non seulement au centre des préoccupations des équipes, il est aussi au cœur du fonctionnement de la société, à la fois prescripteur de services, fournisseur de données et conseiller en développement. Parce que c’est en analysant ses besoins que la société, déjà, a été conçue, comme nous l’explique Mohamed Babaci : « Les clients vont chez le constructeur pour acquérir un véhicule neuf et y font effectuer leur maintenance, achètent leurs pièces pendant la période de garantie. Dès que le kilométrage dépasse la période de garantie, ils vont voir ailleurs et décident souvent d’effectuer leur maintenance et leurs travaux en atelier intégré. Mais la plupart du temps, ils souffrent de ne pas avoir les bonnes compétences en interne ni les bons équipements et outils de diagnostic. Quant aux concessionnaires, les prix qu’ils pratiquent sont trop dissuasifs. Le concept de MMS est né de ce constat, de cette demande de clients de bénéficier d’un service de qualité – donc d’ateliers équipés et de mécaniciens formés, mais à un prix correct. Un autre critère a prévalu dans l’attrait de MMS, c’est l’offre multimarque.

Pour un propriétaire de plusieurs camions de marque différente, il est plus facile de se rendre chez nous plutôt que de faire le tour des ateliers monomarques ! D’autant que pour ces propriétaires, le choix d’être multimarque n’est pas forcément volontaire. Il faut, en effet, tenir compte du fait qu’en Algérie, le camion désiré n’est pas forcément disponible et lorsque le besoin est là, le transporteur acquiert le produit qui est disponible de suite. La formule a donc séduit et a dépassé nos espérances, tout en nous posant de sérieux challenges : tout le monde s’est présenté chez nous, avec des camions de tous âges et il a fallu composer un catalogue de pièces pour répondre très vite, alors qu’on n’avait aucune statistique. Du coup, nous constituons nos propres statistiques de façon mensuelle et en apprenant beaucoup de nos clients. Nous achetons beaucoup de pièces ici, car nous ne pouvons pas tout importer. Il faut savoir que les gens viennent pour la qualité de services que nous offrons, mais aussi pour la disponibilité des pièces et pour le rapport qualité prix. Aujourd’hui, nous sommes plus de trente personnes à travailler ici et nous recrutons en permanence, service oblige. Et nous mesurons la qualité du service en permanent par des outils CRM. Cela, aussi, est une grande première dans nos métiers. »

Max Parts bouleverse l’univers de la pièce PL

Au détour de notre entretien sur l’approvisionnement des pièces, voici que l’on apprend de Mohamed Babaci et de Fella Barça, la directrice du marketing et des relations clients de Jeem Holding, que le projet Max Parts a dépassé le stade de projet pour devenir une réalité ! C’est au cœur même de MMS de Rouïba, que s’implante le premier centre de vente de pièces dédié au poids lourd, appelé Max Parts, un nouveau concept de point de vente multimarque qui sera présenté en « direct live » sur Equip Auto Alger (avec les marques qu’ils distribuent comme Mahle, Wabco, Knorr Bremse, Valeo ou Saf Holland). L’objectif que l’on découvre est à la hauteur de celui de MMS, à savoir créer un réseau qui couvre toute l’Algérie, soit en nom propre soit sous forme de franchise, pour aller plus vite et plus loin. L’idée, on l’aura compris, consiste à promouvoir une offre nationale aux grands comptes en proposant, au comptoir, des pièces PL disponibles pour les transporteurs, les petites flottes, les entreprises, les ateliers de maintenance etc. Pour Jeem Holding, ouvrir ces centres, c’est aussi garantir un stock de pièces dont le catalogue a été, bien sûr, conçu grâce à l’expérience multimarque de MMS. Quelles pièces pour quelle marque, un sujet qui a été tellement travaillé et qui a engendré tellement d’efforts qu’il fallait bien en tirer parti. D’ailleurs, en priorité, ce sont les marques qu’ils distribuent qui seront en première ligne, (mais pas que !), des marques premium, comme il se doit.

   Hervé Daigueperce

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