Jérôme Habsieger, Directeur Commercial de Steco Power

Jérôme Habsieger,  Directeur Commercial de Steco Power

Chahutée pendant de longs mois, la marque Steco Power est pourtant « renée » de ses cendres en 2014. Son ambition d’alors : étendre sa distribution dans certains pays où la marque bénéficie déjà d’une jolie notoriété. C’est désormais chose faite sur le marché algérien où ce spécialiste impose ses batteries automobiles, mais pas seulement.   

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Comment, en tant qu’équipementier, travaillez-vous sur le marché algérien ?

Avant toute chose, il convient de rappeler que le marché de la batterie, en Algérie, est un marché très important en volume, puisque c’est plus de 3 millions d’unités par an. A titre de comparaison, le marché français se situe à un peu moins de 6 millions d’unités. En France, le taux de remplacement des batteries est de 15 %. L’Algérie est un pays qui subit des températures extrêmes. De fait, les batteries cèdent plus facilement et, par voie de conséquence, leur taux de remplacement est plus important.

Nous nous devions donc d’y être présent, mais nous n’avions pas les ressources nécessaires, en interne, pour traiter le marché en direct. De fait, nous passons par un intermédiaire pour commercialiser notre marque auprès des petits et des gros distributeurs. Nous nous appuyons intégralement sur ces présences locales qui gèrent tout, y compris la logistique, ce qui nous évite d’avoir des forces commerciales sur place.


Comment ce marché se répartit-il entre les acteurs Premium, comme vous, d’une part, et les fabricants locaux d’autre part ?

Il est vrai que le marché Algérien est encore marqué par la fabrication locale. Mais il me semble évident que cette production n’est pas en mesure de couvrir tout le marché. D’autre part, je pense que les automobilistes algériens s’attachent de plus en plus aux marques de batteries premium. C’est pourquoi nous avons choisi de communiquer surtout sur la marque Steco, d’autant que celle-ci a été relancée en 2014.

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Alors évidemment, il y a également des batteries d’entrée de gamme… Mais il faut prendre en compte le fait que les véhicules sur-équipés en électronique font aujourd’hui leur arrivée sur le marché algérien.De fait, il y a de plus en plus de demandes sur les batteries dont l’ampérage est beaucoup plus élevé. En l’occurrence, chez nous, il s’agit des batteries rouges sur lesquelles nous faisons beaucoup de push. En revanche, il y a encore peu de batteries spécifiques à la technologie Stop and Start…

… Et ce sont des technologies auxquelles les fabricants locaux ont du mal à répondre ?

Vaste question… Je ne veux, bien sûr, me fâcher avec personne. Mais je ne suis pas certain que tous ces acteurs locaux, fabricants artisanaux pour
la plupart, ne maitrisent ne
serait-ce que l’étanchéité des
batteries, sans évaporation d’eau, comme les batteries à bouchons. Il se trouve que, bien souvent, ce sont justement ces batteries à bouchon que l’on retrouve dans les gammes des producteurs locaux. Or, ces batteries sont, de manière assez évidente, d’une durée de vie bien inférieure. Alors évidemment, on peut opposer à cela le fait que ces batteries « locales » sont moins chères que les batteries premium ou de grandes marques. C’est possible. Mais la différence fondamentale pour l’automobiliste, c’est qu’en tant qu’équipementier reconnu, nous offrons également l’assurance du respect des critères des constructeurs et de la qualité d’origine… Et je ne suis pas sûr que cela soit le cas chez ces fabricants locaux. D’ailleurs nous constatons qu’il se vend beaucoup, et de plus en plus, de batteries premium sur le marché algérien.

Justement, quels sont vos objectifs sur ces fameuses « batteries rouges » que vous évoquiez tout à l’heure ?

Pour vous situer un peu, sur le marché français, là où la batterie devient réellement technologique, la batterie rouge rassemble à elle seule 30 % des ventes. En Algérie, ce chiffre se situe en-dessous des 10 %. Notre but est donc d’arriver, à terme, au niveau français. Ni plus, ni moins. C’est un objectif qui n’est pas dénué de sens puisque le parc automobile algérien se renouvelle de plus en plus. Nous pouvons donc espérer arriver aux standards européens d’ici
5 ans environ sur la batterie rouge.

Quelles sont vos nouveautés produits pour le marché algérien ?

En France, nous avons renouvelé l’ensemble de nos gammes fin 2014. En Algérie, nous avons relancé une gamme complète moto avec 90 références pour les batteries standards et
10 références pour les batteries lithium. Cette gamme s’appelle Steco Powersports. Nous avons stratégiquement décidé de nous positionner sur la moto car il y a beaucoup de deux roues sur le marché algérien. Pourtant, bizarrement peu de distributeurs s’intéressent à ce marché et préfèrent rester focalisés sur la distribution de pièces automobiles. En la matière, nous sommes donc des précurseurs ! Les batteries de deux roues ont généralement une durée de vie plus limitée qu’une batterie automobile, et se chargent aussi plus vite. Notre gamme Powersports au lithium correspond, pour l’heure, à un marché de niche en Algérie, mais nous constatons qu’il y a une demande grandissante pour ce genre de technologie, surtout auprès des amoureux du deux roues. Enfin, sur Equip Auto, nous avons annoncé le lancement d’une gamme de batterie marines que nous allons également commercialiser en Algérie, ainsi qu’une gamme Steco à décharge lente pour les batteries de service destinées aux camping cars, aux panneaux solaire, etc. Nous souhaitons commercialiser ces deux types de produits sur le marché Algérien dans le courant de cette année.

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