CBS Energy : la marque de fabrique made in Algeria

CBS Energy : la marque de fabrique made in Algeria

Fabricant de batteries depuis 2006, en Algérie, CBS Energy (Groupe Benbott) réussit le tour de force de tout fabriquer sur son site de production, bacs compris, tout en recyclant la quasi-totalité des matériaux et en proposant au marché des produits très divers.

Souvent lorsqu’on parle d’intégration, on pense aux efforts des constructeurs automobiles pour acheter localement des produits alors que des contrats mondiaux sont signés bien en amont. Plus rarement, l’on s’intéresse à cette pratique lorsqu’on évoque les industries fabriquant en Algérie. Or, en Algérie, la différence entre fabriquer et monter s’avère très sensible, y compris dans le secteur de l’équipement. Avec CBS Energy, nous avons l’illustration parfaite d’une entreprise qui a su s’imposer sur le marché de la batterie, tout en lui adossant une usine de recyclage du plomb, une autre en électrolyte, et encore plus rare, un site de production d’injection plastique, lui-même effectuant du recyclage plastique. Si le mot intégration a du sens, c’est bien chez cet opérateur qui avait prévu, à l’origine, ces développements successifs, comme nous l’explique Rachid Aghrout, Directeur général de CBS Energy : « Lorsque le projet de fabrication de batteries a été conçu, dès 2005, nous avions envisagé toutes les étapes qui ont permis à CBS Energy, d’être pleinement autonome aujourd’hui. Une fois l’usine de batteries installée, produisant d’abord les batteries puis les plaques, nous avons attaqué le recyclage, puis l’électrolyte et enfin le plastique. J’avais prévu l’ensemble des étapes, y compris dans l’offre produits, Antimoine et Calcium, étapes que nous avons suivies pas à pas. Après la voiture et le camion, devait arriver la moto et c’est ce que nous travaillons, aujourd’hui, maintenant que le marché le demande. »

Un process industriel maîtrisé de l’amont à l’aval

Avant même d’envisager la fabrication, Benbott disposait déjà de son propre réseau de distribution expérimenté sur tout le territoire algérien, des grossistes et des distributeurs, auxquels se sont ajoutés pour la batterie, « les grands comptes », à savoir les grosses entreprises qui gèrent des parcs. CBS a ainsi livré GMI Hyundai, Kia Motors, Renault Distribution, etc. L’aval étant assuré, l’amont pouvait être organisé, et c’est ce rôle qui a été confié à Rachid Aghrout, ingénieur de formation et dont l’expérience se monte à 30 ans dans le secteur de la batterie. Une solide expérience qui n’exclut pas la prudence, au contraire, comme il le rappelle : « Nous agissons toujours avec prudence et en fonction des besoins du marché. C’est ainsi que nous avons défini les produits que nous devions produire, comme les batteries plomb calcium et plomb antimoine, très demandées, alors que nous ne fabriquons pas encore les batteries AGM, qui nécessitent un investissement lourd que le marché se montre insuffisant à rentabiliser. La demande en batteries Stop and Start n’est pas assez forte pour justifier de telles dépenses, en revanche, nous nous lançons dans les batteries pour motos, parce que le marché est demandeur. C’est ainsi que nous proposons toutes les références de 36 à 240 ampères, et tout voltage. Nous pouvons même aller jusqu’au 68 volts si nécessaire, car nous maîtrisons cette technologie. » Aujourd’hui, la production s’élève à 380 000 batteries par an et grâce aux équipements qu’ils ont récemment acquis, la capacité de production atteindra les 700 000 unités. Mais comme le dit Rachid Aghrout, nous ne fabriquerons que ce que nous pouvons commercialiser sur le marché. Si celui-ci demande 400 000 batteries, on les produira. Nous maintenons un stock disponible d’un mois, pas plus, parce qu’une batterie fabriquée commence à vivre ! »

Un outil industriel conçu avec méthode

Savoir qui fabrique le mieux en termes d’équipements et dispose des meilleures garanties… Fort de cette politique d’achat, CBS Energy a acquis ses équipements auprès de Sovima, l’un des leaders du domaine, et comme Rachid Aghrout avait effectué sa formation chez Varta, en Allemagne, les savoir-faire étaient rassemblés ! « Quand on a les connaissances et les moyens pour réaliser de bons produits, cela fonctionne. D’ailleurs, aujourd’hui, nous sommes en train de finaliser notre certification ISO 9001 version 2015 (audit en avril, ndlr). » Le même principe a présidé à la conception de l’usine de recyclage : les fours ont été commandés en Turquie et en France, quand le broyeur a été acquis en Italie, un fournisseur reconnu et capable de venir réparer les éléments si besoin, le plus rapidement possible. En revanche, connu pour sa précision en termes de raffinage, c’est un fournisseur français qui a été retenu. « Nous avons sélectionné nos fournisseurs en fonction de leur savoir-faire développé et reconnu et non en fonction d’une nationalité, précise Rachid Aghrout. Pour la récupération du plomb, CBS s’avère bien placé puisque leur site de production n’est qu’à 20 km du plus grand réseau de collecte de batteries de toute l’Algérie. Il suffit de passer la commande ! Cette activité leur permet de bénéficier de plusieurs types de plomb et ainsi de répondre à toutes les demandes en matière de fabrication. De là à passer à l’électrolyte, il n’y a qu’un pas à franchir, une autre étape à accomplir. Aujourd’hui, CBS fournit de l’eau déminéralisée, de l‘anti-gel et de l’acide sulfurique, l’acide auprès des garages, l’eau déminéralisée pour les véhicules et les laboratoires etc. Comme l’explique Rachid Aghrout, « Notre politique consiste à fabriquer pour nos besoins et comme on a de la disponibilité, nous commercialisons aussi ces produits. Cela n’est pas générateur de grosses marges, mais contribue à nous faire de la publicité. Ce sont des produits algériens, fabriqués en Algérie pour des algériens, une démarche très bien appréciée. »

CBS Energy prend encore de l’ampleur

La dernière étape en matière d’installation fut l’implantation d’une activité d’injection plastique qui vient clore l’autonomie complète de CBS Energy dans la fabrication de batteries (à part quelques produits chimiques). CBS fabrique toutes les pièces plastiques dont ils ont besoin, à commencer par les bacs, et produit également des pièces plastiques pour véhicules. Mieux encore, le recyclage du plastique est assuré jusqu’aux bacs, par un sous-traitant local ! A noter, CBS est également propriétaire de ses outillages, un atout dans le domaine de l’injection plastique. L’entreprise qui compte plus de 186 employés ne peut pas être plus autonome et finance son développement. C’est ainsi que des équipements nouveaux sont arrivés à l’usine pour autoriser une production de 700 000 batteries, un nombre important qui laisse penser que l’exportation n’est pas loin : « Nous sommes prêts pour l’exportation et avons une expérience avec la Libye », commente Rachid Aghrout, avant de nous livrer quelques commentaires sur le marché : « Si l’on considère que l’Algérie compte un parc de véhicules de l’ordre de 5 millions de véhicules, il faudrait fabriquer 2,5 millions de batteries par an. La production nationale tournant autour de 1,5 millions d’unités, il faut donc, pour l’instant, en importer 1 million. » Pour l’instant… 

HD   

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