Ahmed Belsoltane, directeur général d’Elsecom

Ahmed Belsoltane, directeur général d’Elsecom

« Il faut bien penser que les flottes ne sont pas très nombreuses dans le privé et que ce sont surtout les grands comptes étatiques qui comprennent la plupart des flottes importantes du pays »

À l’heure où les professionnels de l’automobile s’apprêtent à reprendre les importations de véhicules neufs, retrouver Ahmed Bensoltane, directeur général d’Elsecom, constituait pour Algérie Rechange une bonne introduction sur ce sujet. Pourtant, il a d’abord été question de pièces. Rappelons, en effet, que lors de l’arrêt des importations de véhicules, les concessionnaires se sont retrouvés dans la situation délicate d’entretenir des locaux sans rentrée d’achat en vente de véhicules et de maintenir une activité d’après-vente automobile pour honorer leurs engagements avec les marques qu’ils représentaient. Pour des groupes comme Elsecom, l’une des solutions a consisté à renforcer leur présence dans la rechange en travaillant sur le déploiement des Bosch Car Service, par exemple, et de développer davantage le commerce de la pièce en s’invitant sur le marché multimarque. Un passage pas si aisé que cela, comme en atteste Ahmed Bensoltane : « Nous nous sommes trouvés confrontés à un marché qui était très nouveau pour nous et qui nous est apparu extrêmement déstructuré, en ceci que l’informel y était très présent. Nous avons été très surpris et sans doute n’étions-nous pas préparés à découvrir cela. Nous prônons la transparence et comme nous venons du véhicule, tout était carré, normé chez nous. C’est pourquoi, nous avons préféré nous impliquer de manière très prudente et mesuré sur le marché multimarque. Ou plus exactement, nous comptons un nombre assez restreint de clients, uniquement ceux qui ont accepté nos conditions et ont voulu travailler en toute transparence. Néanmoins, en quelques années, nous avons remarqué que le marché s’est professionnalisé autour des mêmes grandes familles qui ont adopté des process, et qui se sont distinguées ainsi, en investissant sur la digitalisation et une gestion des approvisionnements beaucoup mieux organisée. Mais, ce n’est pas encore la majorité. Ainsi, les commandes en ligne restent encore très timides ».

Les grands projets en suspens ou en devenir…

Avant de rêver à l’importation des véhicules, Ahmed Bensoltane a rappelé l’étroite relation entre crise économique et répercussions sur le marché des véhicules par le recul des dépenses d’Etat : « Il faut bien penser que les flottes ne sont pas très nombreuses dans le privé et que ce sont surtout les grands comptes étatiques qui comprennent la plupart des flottes importantes du pays. Dès lors que le gouvernement et les institutions ont commencé à faire des économies drastiques dans toutes leurs dépenses, le secteur de l’automobile a été particulièrement impacté, de l’achat de véhicules à l’entretien, en passant bien sûr par la pièce de rechange. C’est purement mathématique ! Le business, c’est l’argent, et quand il y a crise, il y en a moins dans le circuit. Et si l’Etat met un frein sur les flottes, tous les professionnels sont impactés.

Actuellement, nous attendons le retour de notre dossier par le ministère afin de savoir si nous sommes agréés pour importer des véhicules. Nous avons effectué des démarches pour deux marques et nous sommes impatients de voir l’avis des commissions Adhoc. Cela a représenté beaucoup de travail et d’attente pour bien établir les dossiers, et, alors que nous sommes au niveau de la réponse, nous pensons qu’il sera difficile de commencer avant juin ou septembre. » En attendant, Ahmed Bensoltane voit le retour de l’importation comme une bonne chose au niveau de la professionnalisation du secteur. « Ce sont les constructeurs qui amènent les formations, les normes, les cahiers des charges que les concessionnaires doivent suivre dans les ateliers et les showrooms jusque dans les procédures d’accueil etc. C’est capital pour la structuration des marchés et la sécurisation des process et donc des automobilistes » Alors, quand on lui demande, si Elsecom va poursuivre son commerce de pièces de rechange multimarques – s’il dispose des agréments, il répond avec beaucoup de franchise : « Nous avons pris goût au multimarque et nous poursuivrons parce que le parc à pourvoir est toujours très intéressant. Même si l’importation des véhicules neufs va apporter de nouvelles pièces, avant que le marché de la pièce de rechange ne commence à les intégrer, il y aura beaucoup à faire ». Quand on goûte à la rechange, et au multimarque, difficile de s’en détacher !

HD

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