Abdelkrim Djerbellou, directeur général de ds motors et autodistribution

Abdelkrim Djerbellou, directeur général de ds motors et autodistribution

« Nous devons être des spécialistes de la pièce de rechange et être reconnus comme tels »

21 ans, fin 1982, il ouvrait son premier magasin de pièces détachées et se souvient de l’enthousiasme qu’il avait à l’époque. Il se rappelle la course effrénée aux nouvelles références, que ses confrères et lui se faisaient. Seul mentionné sur le registre du commerce, – ses frères étaient encore à l’école, il avait envie de s’impliquer dans un univers qu’il admire encore maintenant. Non pas que ce soit un monde merveilleux, celui de la rechange, mais un monde où l’on rencontre des gens fantastiques, qui ont une expertise extraordinaire. Comme il le répète à l’envi : « Le monde la pièce de rechange est un milieu à part, un monde à part, où l’on finit par tous se connaître, un monde que l’on a plus envie de quitter. Pourtant, j’ai fait des études d’agronomie, un domaine que j’aimais beaucoup et qui occupe encore beaucoup de place dans mon cœur. Mais, la rechange a pris également une grosse place dans mon cœur. » Et s’il avait 21 ans aujourd’hui, le referait-il ce parcours ? La réponse est sans équivoque, « Je referais la même chose aujourd’hui, si j’avais 21 ans, c’était magnifique et je recommencerais ! » On comprend mieux pourquoi, il continue, après 37 ans de PR, à construire le développement de DS Motors avec ses enfants et de « croire en l’avenir de la rechange, c’est notre cœur de métier, ce n’est pas autre chose. Nous voulons poursuivre notre activité en lien avec les nouveaux véhicules, qui vont entrer sur le marché grâce aux agréments. Ce sont autant de références en plus que nous devrons gérer, ce sont autant de sources de développement du chif-fre d’affaires » explique Abdelkrim Djerbellou.

Assainir le marché, une voie qui se dessine

Ne nous trompons pas, Abdelkrim Djerbellou, malgré son attachement à la pièce et à son métier ou grâce à cela, sait aussi dénoncer ce qui ne va pas. C’est ainsi qu’il regrette qu’à Ain M’Lila se poursuivent des activités qui nuisent au marché et à sa qualité : « A Ain M’Lila, depuis 5 ans, il n’y a pas grand-chose qui a changé, il existe toujours des gens qui importent n’importe quoi, à n’importe quel prix, de n’importe où, et qui distribuent de la pièce alors que ce n’est pas leur métier, avec tout ce que cela induit comme problèmes, comme le déstockage à des prix cassés de stocks venus de Dubaï ou d’Europe, sans compter les pièces de mauvaise qualité. Pourtant, 2020 semble avoir eu un effet bénéfique – dans cette période dramatique – parce que l’instauration des attestations semble porter ses fruits. Il faut prouver qui on est, ce que l’on fait pour être agréé par les banques (dans le cadre des domiciliations à l’étranger, ndlr), ce qui a eu pour conséquence un ralentissement des importations de pièces, notamment par ceux qui n’avaient pas le bon registre de commerce… cependant, il faut encore se méfier, de nombreuses personnes créent aujourd’hui des sociétés comme s’ils débutaient dans le métier, pour éviter que l’on s’interroge sur les registres du commerce précédents qui n’ont rien à voir, registres qu’ils ont fermé au préalable. Il faudra que l’Etat se penche sur cette question pour que le marché s’assainisse véritablement. Nous devons être des spécialistes de la pièce de rechange et être reconnus comme tels, c’est notre métier et nous devons le protéger. Que l’on ajoute le commerce des pneumatiques à celui de la pièce de rechange, c’est une diversification, mais quand on commence à importer de la pièce avec tout autre chose et qu’on n’y connaît rien, on cause de vrais dégâts. »

Du stock et des marques

En 5 ans, DS Motors a aussi développé de nouvelles marques en renforçant ses positions à l’Autodistribution dont il est le représentant en Algérie. Malgré les crises et notamment celle de la Covid-19, DS Motors a fait rentrer de nouvelles marques et ainsi pu offrir un portefeuille plus large de produits à sa clientèle : « Ce n’est pas plus difficile de distribuer plusieurs marques, au contraire, cela permet de pouvoir répondre plus complètement à la demande de la clientèle. Un produit vend l’autre ! Quand quelqu’un entre dans nos magasins, il peut acheter pratiquement tout ce dont il a besoin. Aujourd’hui, il nous reste encore deux familles de produits à ajouter, les joints et les embrayages. J’attends les propositions pour faire le choix définitif ! » D’ailleurs c’est grâce à l’étendue de ses gammes et à ses stocks qu’il a pu obtenir un chiffre d’affaires en 2020 équivalent à plus de 70 % de celui réalisé en 2019. Une baisse, certes, mais qui permet à l’entreprise de continuer à progresser. Un autre facteur a joué également, celui de la notoriété : en période de crise, de doute, on préfère aller chez ceux où la qualité est reconnue, chez ceux à qui l’on peut faire confiance. Et cela a toujours été le cas chez les Djerbellou.

HD

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